Par William Irigoyen : Benoît Hamon et Alexis de Tocqueville

Cet article du journaliste William Irigoyen a été écrit au lendemain de premier tour de la Primaire à Gauche, et il a été publié dans le journal mensuelle suisse francophone La Cité .

Par William Irigoyen


Benoît Hamon et Alexis de Tocqueville

Arrivé en tête du premier tour des primaires de la «Belle Alliance Populaire» (Parti socialiste et alliés), devant l’ancien Premier ministre français Manuel Valls, Benoît Hamon a cité Alexis de Tocqueville: «Chaque génération nouvelle est un nouveau peuple.» (De la démocratie en Amérique). Et d’inscrire son résultat dans un mouvement de reconquête mondiale d’une gauche plus clairement marquée, associant les Espagnols de Podemos, les disciples de Bernie Sanders aux États-Unis ou encore ceux de Jeremy Corbyn au Royaume-Uni. Et l’on pourrait ajouter ceux de Yanis Varoufakis, l’ancien ministre grec des finances qui, sur Twitter, n’a pas manqué de saluer «Benoît».

Ce n’est pas tous les jours qu’on entend un responsable du PS français inscrire sa victoire dans un mouvement plus global du camp dit «progressiste». À la rue de Solferino, on laisse cela, d’habitude, à Jean-Luc Mélenchon, qui aime souvent évoquer la Bolivie de Morales, le Venezuela de feu Chavez puis de Nicólas Maduro ou encore le Cuba des frères Castro.

«Un pari sur l’avenir»

Quoiqu’on pense de son programme, Benoît Hamon a raison de faire cela. Car en Europe comme aux États-Unis une génération nouvelle, née à partir des années 1980 (les fameux millennials), réclame des changements profonds : économiques, sociaux et donc politiques. Le député de la onzième circonscription des Yvelines, en région parisienne, fait donc assurément un pari sur l’avenir.

On entend déjà les «spécialistes», qui se sont trompés sur tout, affirmer que si, dimanche, les électeurs accordent une majorité de suffrages à Benoît Hamon, cela signifiera que le Parti socialiste admet déjà sa défaite lors de la présidentielle de mai. Sous-entendu : seul Manuel Valls aurait ses chances face à Marine Le Pen et François Fillon. Ont-ils seulement compris que, depuis quelque temps, plus rien n’est prévisible?

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