ADP et Référendum d’initiative partagée : un plus démocratique – Par Henri Marteau

« Nous avons neuf mois pour recueillir le soutien de 10% du corps électoral soit 4,7 millions de citoyennes et citoyens afin d’organiser le premier référendum d’initiative partagée de notre histoire (…) » a déclaré Guillaume Garot dans un récent communiqué que leglob-journal a reçu dans sa boite mèl. Appelant ainsi à « soutenir le référendum d’initiative partagée sur la privatisation d’Aéroports de Paris ». Le député PS de la Mayenne va même jusqu’à « ouvrir sa permanence pour une aide à cliquer » comme il l’écrit. Quant à Henri Marteau notre contributeur, conscient que la démarche numérique n’est pas simple, il rappelle les enjeux de ce scrutin inédit et donne, lui aussi, des conseils pour bien réussir à faire enregistrer sa signature.

Enjeux et marche à suivre

Par Henri Marteau


Imaginons qu’un propriétaire d’immeuble destiné à la location décide de le vendre pour ensuite utiliser le produit de la vente dans des placements qui lui rapporteraient presque quatre fois moins ! Hé bien, c’est pourtant ce qu’a décidé le gouvernement en voulant se séparer d’ADP (Aéroports De Paris), d’Engie et de la Française Des Jeux qui lui rapportent pourtant 800 millions d’Euros annuellement, pour utiliser le produit de la vente dans des placements qui rapporteront au mieux 250 millions d’Euros par an ! Cela s’appelle « dilapider » le patrimoine national. Parmi ces privatisations, le cas d’Aéroports de Paris est de loin le plus préoccupant.

Il s’agit d’une infrastructure stratégique, présentant des enjeux de souveraineté, de sécurité, d’aménagement du territoire et environnementaux. Faut-il le rappeler ? Les aéroports du Bourget, de Roissy et d’Orly forment une frontière stratégique pour notre pays. Avec 101,5 millions de voyageurs en 2017, ils représentent même la principale frontière du pays ! Le caractère sensible de ce type d’infrastructure explique d’ailleurs que 86 % des aéroports dans le monde sont publics.

Autre enjeu : le groupe ADP possède 6700 hectares de patrimoine foncier situés aux portes de Paris. Pourquoi laisser à un actionnaire privé le soin de décider ce qu’il convient d’y bâtir ? Pourquoi ne pas engager une réflexion avec les collectivités locales pour valoriser ce patrimoine foncier dans le sens du bien commun ? Enfin, alors que l’on s’interroge sur la croissance des émissions de CO2 liées au transport aérien et sur la nécessité de taxer le kérosène, il est indispensable que l’État garde les leviers qui lui permettent d’agir. Pourquoi les questions environnementales de cette privatisation ont-elles été écartées des débats?

L’État va payer pour privatiser

La privatisation envisagée d’ADP a tous les ingrédients d’un scandale. La loi prévoit une concession de 70 ans à l’échéance de laquelle l’aéroport ne pourra revenir dans le giron public qu’après une indemnisation des propriétaires. De plus, elle prévoit d’indemniser les actionnaires minoritaires actuels. Autrement dit, l’État va payer pour privatiser, perdre des revenus et payer à la fin de la concession de 70 ans pour récupérer son dû. Un « détroussage » en règle et inédit en faveur du privé !

Après avoir signé ensemble [248 parlementaires ont enclenché la procédure de référendum d’initiative partagée validée par le Conseil constitutionnel, NDLR] des parlementaires de gauche et de droite, allant de Les Républicains à La France Insoumise, en passant par le PS, sauf LREM et le RN, ont lancé, le 19 juin 2019, à la bourse du travail de Saint-Denis, la campagne de signatures.

Alors par delà nos opinions, nous ne pouvons qu’encourager tous ceux qui sont attachés au bien commun à signer en faveur de la proposition de loi visant à organiser un référendum pour maintenir ADP dans le giron public.

Mes conseils pour bien remplir le formulaire

Il faut se munir de sa carte nationale d’identité ou de son passeport ou de sa carte d’électeur. Bien évidemment il faut aller sur le site dédié : ici

1. Prendre connaissance de la proposition de loi ( le lien se trouve vers document PDF)

2. Ensuite, cocher la case « je soutiens » puis cliquer sur suivant

3. Remplir le formulaire, en se laissant guider.

4. Finir en téléchargeant le récépissé qui contient un identifiant indispensable pour consulter la validation ou non de votre vote au terme d’un délai de cinq jours.

En règle générale, bien remplir tous les champs, y compris ceux qui ne sont pas marquées d’un astérisque. Il peut arriver en effet que des renseignements pré-enregistrés dans votre ordinateur se substituent à votre saisie directe. Supprimez-les et remplissez à la main tous les champs demandés.

Le code de commune est le code INSEE et non le code postal, mais il est automatiquement renseigné avec le nom de commune. En tapant le début du nom de commune, une liste déroulante apparaît (si l’on a bien renseigné le département dans le champ précédent) et il faut alors juste sélectionner la ligne « nom complet (code INSEE) » correspondant à votre commune. Ne pas toucher au champ ainsi renseigné par le système !

Pour la saisie de la commune de vote, il faut absolument indiquer tous ses prénoms, faute de quoi le système ne valide pas votre inscription. Pour le nom de naissance et notamment pour femmes mariées : attention, à ne pas mettre de virgule entre les prénoms, juste un espace.

Il faut des tirets à votre ville : il s’agit de la ville où vous êtes inscrit sur la liste électorale. En cas de doute, prenez votre carte électorale, recopiez les informations à l’identique. En cas d’erreur 404, il faut réactualisez.

Pour ce qui concerne le captcha ( c’est-à-dire le code de vérification en fin de procédure), veillez bien à respecter les majuscules et les minuscules !

Attention, le site demande parfois d’insister… Mais il faut persévérer. Obtenir les 4.717.396 signatures pour « gagner » le référendum, ça mérite bien quelques minutes…


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