Au Samu-Centre 15 à l’hôpital de Laval, la grève continue

Ils sont en grève et cela commence à porter ses fruits. Les personnels du Samu-Centre 15 sont grévistes depuis le 21 septembre 2019 et sont « assignés » tous les jours par la direction de l’hôpital qui les réquisitionne pour que le service soit opérationnel. Les vieilles revendications portent essentiellement sur les conditions de travail.

Une grève qui ne se voit pas

Par Thomas H.


« Cela fait des années que la direction de l’hôpital est au courant de nos revendications. » explique cette aide soignante gréviste depuis le premier jour mais bien présente sur son lieu de travail, comme les quinze autres salariés employés à répondre aux sollicitations des mayennais qui compose le 15. « La direction a le pouvoir de nous réquisitionner » , ce qu’elle fait pour que le service du Samu-Centre 15 puisse tout de même fonctionner.

Des revendications qui commencent à être entendues. La où ça coince en revanche, c’est sur « le doublement des personnels de nuit du lundi au vendredi… Là, c’est au point mort. Problème de budget! Voilà ce qu’on nous rétorque… »

C’est la revendication première des grévistes du Samu-Centre 15. Le doublement la nuit et puis la rémunération de ce travail de régulation des appels d’urgence effectuée de nuit. « La direction est dans l’illégalité en raison d’un arrêté… aussi à partir de Novembre, les heures de nuit seront payées 1,43 euros de plus au lieu de 1,06 euros jusqu’à présent. C’est un réajustement…». Mais « les responsables de l’hôpital ne veulent rien entendre de la rétroactivité [qui] devrait permettre de payer les personnels du Samu-Centre 15 depuis Mai 2017 avec ce supplément. », explique Maxime Lebigot de Force Ouvrière. Ce qui représente environ « 250 euro par personne. Nos avocats ont envoyé une lettre à la direction de l’hôpital pour leur rappeler leurs obligations et si elle persiste nous irons au Tribunal administratif… » C’est dit.

« Ce dû ! C’est la loi », ajoute le représentant syndical Force Ouvrière, un syndicat bien implanté à l’hôpital. Une régulatrice explique. « Et si cela ne suffit pas tout ça, nous serons moins conciliants que nous l’avons été jusqu’à présent. Les assignations sont actuellement mise dans les boites des personnels comme ça, s’il le faut nous exigerons, comme c’est la loi, une remise en mains propres par un cadre de direction… A 6 H 45 par exemple… » lance-t-elle avec un sourire.

« La vie des gens, dans nos mains »

Il y a eu, passé un temps, « Beaucoup de turn-over dans le service. Beaucoup de départs… » Il faut dire que parfois, la nuit, il y a jusqu’à cinq appels à gérer en même temps avec des questionnements très précis à effectuer… « La journée, cela va jusqu’à quatre cents appels… C’est une source de stress intense ». Dans un bruit de parole quasi constant, a constaté leglob-journal. Celles et ceux qui sont chargés de réguler les appels au téléphone ont enfin obtenu des casques sans fils. Cela peut paraît anodin mais « il nous arrive fréquemment de consulter la carte géographique de la Mayenne sur le mur, là, pour voir d’où nous appelle l’interlocuteur au bout du fil et pour organiser les interventions…Une absence de fil au casque, c’est tout de même plus facile pour se déplacer rapidement. »

C’est comme les fauteuils : « ils ont été changé. Enfin! Nous avions jusque-là de simples fauteuils de secrétariat pour rester assis pendant douze heures… » Cela fait des années que les personnels les réclamaient. Et « Il a fallut un accident du travail, pour que la direction prenne en compte la demande…» raconte un peu amer cette assistante de régulation.

Prêtes à prendre la route © leglob-journal

Maxime Lebigot, le secrétaire général adjoint de FO à l’hôpital de Laval avance aussi la revendication portant sur la « titularisation de trois contractuels » sur les seize salariés que compte le service. «Nous demandons qu’ils deviennent titulaires en catégorie B et non C. Nous avons déjà rencontré à cet effet deux fois la DRH et une fois la direction de l’hôpital… » Ce qui semble acquis, c’est que tous les personnels du service doivent avoir le nouveau diplôme d’ARME, – comprenez : Assistant de Régulation Medicale – « Cela se fera par la VAE avant le 31 décembre 2026… » ajoute le syndicaliste. «  Mais cela reste encore flou ! » nuance cette régulatrice.

« Pour l’heure nous avons eu des avancées qui nous ont été formulées uniquement par oral. Il n’y a rien d’écrit. Nous allons avoir un CHSCT le 3 décembre 2019 et nous verrons bien si la direction tient ses promesses.» explique Maxime Lebigot.

Tous sont unanimes pour dire que « c’est un beau métier, malgré les insultes de plus en plus fréquentes… Mais il faut le faire avec passion… » lance cette femme. Cette autre explique « s’être formée sur le tas », et « justement cette formation diplômante, c’est une manière de reconnaître le métier en lui-même » disent-ils, tous, unanimement… Quand au bras de fer avec la direction de l’hôpital, il continue. Avec la grève et les « assignations de notre direction ». Et avec cette petite menace lancée à son endroit, l’air de ne pas y toucher : « si elle est très à cheval sur la légalité, nous aussi, soyez persuadé qu’on peut l’être… »


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