Sécurité globale et violences policières : vers « une crise de confiance amplifiée »🔓

Dans le cortège des jeunes...

Plus de 130 000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur, ont défilé ce samedi 28 novembre 2020 dans 70 villes de France contre le texte de loi « sécurité globale » et les violences policières. A Paris, 46 000 personnes se sont massées place de la République où des affrontements parfois violents ont émaillés la manifestation. A Laval la mobilisation a été forte. Retour sur la manifestation en images.

Mille à mille cinq cents manifestants à Laval

Par Thomas H.


la belle lettre S sur leglob-journal

Serait-ce une phrase prémonitoire? « Il est fascisme moins le quart » a écrit un des manifestants sur sa pancarte fichée au bout d’une tringle en bois. Ils étaient 1000 selon la police et 1500 manifestants selon les organisateurs, rassemblés dans le centre-ville de Laval, qui ont ensuite défilé jusqu’à la préfecture.

Pour les Libertés et contre la loi « Sécurité et liberté » et son insidieux « article 24 » qui bafoue la liberté d’informer de tout un chacun en ne permettant plus de filmer les actions des forces de police et de gendarmerie. Une entrave aux libertés qui concerne tout le monde et pas seulement les journalistes.

Des photos, pas de film, pour immortaliser cet élan né de l’indignation et de l’effroi à la vision des vidéos de tabassage qui circulent sur les réseaux sociaux. Des actes d’acharnement, parfois, de la part de ceux qui sont chargés en principe de protéger les populations. « Rendez-nous la police! » expliquait cette femme ou bien « Darmanain, Lallemant : les rafles c’est pour bientôt? » s’interroge ce retraité.


Un retraité qui interroge les responsables des violences policières

Manifester, c’est dire son désaccord. C’est faire entendre un message clair et c’est afficher son rejet de pratiques qui « vont à l’encontre des valeurs que notre nation à développer au fil des siècles au pays des Droits de l’Homme » avançait cette professeure d’histoire géographie venue de Château-Gontier.

Leglob-journal publie, ci-dessous ce reportage photos [en accès libre] pour prendre date. Parce que ce qui s’est passé en France n’est plus « inacceptable », mais aussi en hommage à celles et ceux qui ont osé se déplacer pour marcher silencieusement dans la rue pour dire tout simplement comme l’a confié, à sa façon au Glob, ce jeune déambulant parmi les anonymes, hommes, femmes, élu(e)s identifiables avec leurs écharpes tricolores : « Ça craint!« 

Un slogan vu dans le défilé des manifestants à Laval

« Il est fascisme moins quart », scande cet homme sur son panneau, alors qu’il traverse, avec le reste du cortège de protestation, le pont qui enjambe la rivière Mayenne – © Photos leglob-journal

L’air est grave, de circonstance, face aux prises de paroles notamment de la Ligue des Droits de l’Homme à l’origine du rassemblement des nombreuses organisations qui ont répondu présentes. Des élus de Laval venus en nombre, avec leurs écharpes tricolores, des visages masqués, des envies de libertés fondamentales. L’article 24 est contesté pour deux raisons avance la LDH : « Premièrement : le Code pénal et la loi 1881 protègent déjà les forces de l’ordre, en punissant bien plus sévèrement – les peines pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement- le cyberharcèlement, les menaces de mort et la provocation à la commission d’un crime ou d’un délit.

Deuxièmement : L’intégrité psychique écrite dans l’article 24 est une notion large et floue, qui laisse une grande marge d’appréciation. De cette manière, l’article 24 pose une base juridique permettant aux forces de l’ordre de pouvoir reprocher à tout citoyen, journaliste ou vidéaste amateur qui diffuserait en direct, de vouloir porter atteinte à leur intégrité et d’interrompre ou d’empêcher, avant même toute condamnation, la captation d’images. » et la LDH note aussi que l’article 15 de la déclaration des droits de l’Homme précise également que « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. »

Une partie du long cortège (à gauche) qui s’est étiré sur le quai de la rivière Mayenne, rappelant certains défilés contre la loi instaurant la retraite par points, bigarré, et bon enfant, avec des jeunes et des moins jeunes.

Dans le rassemblement à l’appel de la LDH, chacun plante son drapeau pour être visible. Organisations syndicales, ONG, partis politiques. En voici la liste : Amnesty International, la Ligue de l’Enseignement, la Libre Pensée, la CGT, FO, Solidaires, la FSU, les Gilets jaunes 53, le Parti Socialiste, le Parti Communiste, Europe Ecologie Les Verts, La France Insoumise, le Comité National de la Nouvelle Résistance, le Parti Ouvrier Internationaliste.

la foule des manifestants à Laval

Un aperçu de la foule sur la place du 11 juin 1940 à Laval, où la Ligue des Droits de l’Homme avait donné rendez-vous à toutes les organisations et aux forces de gauche démocratiques.

Une petite fille et sa maman dans le cortege

« Laissez-moi libre de vivre » a écrit sur son carton en vert, une couleur d’espérance, cette petite fille qui le porte à bout de bras à coté de sa maman qui elle, parle de « peur et répression« .

Pour la Ligue des Droits de l’Homme et son président Alain Vignier : « La procédure parlementaire est au milieu d’un gué qu’il lui sera bien difficile de passer à pieds secs, sans prendre l’eau. (…) On peut souhaiter que les sénateurs refusent cette farce législative…et plus précisément que les deux sénateurs de la Mayenne fassent ici preuve de la même sagesse que nos députés de la Mayenne, deux ont voté contre, le troisième, c’est à dire la troisième s’est abstenue. Heureuse sagesse… (…) Nous n’en resterons pas là, et nous saurons nous mobiliser, vous mobiliser à nouveau comme aujourd’hui, s’il le faut. »

Sur les grilles de la Préfecture, la LDH avait accroché le slogan principal de ce grand rendez-vous démocratique français : « Retrait de la loi Sécurité Globale« .


© Photos leglob-journal


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Ils ont commenté cet article :

  1. Le virus de l’Austérité est sans doute plus dangereux que celui du Covid-19

    Depuis des dizaines d’années le virus de l’austérité affaiblit notre système de santé. On ne le dit pas à l’opinion mais dans notre pays la crise sanitaire sévit durement et risque de déboucher sur de nouveaux drames en série.

    En effet pour se soigner, il faut des médecins, des soignants et des personnels de divers métiers. Entre 2010 et 2020 le nombre de médecins a diminué de 8 507 (moins 9%) en passant de 94 261 à 85 754. La situation est grave car les médecins de plus de 60 ans représentent 45,1% de l’ensemble des médecins inscrits à l’ordre des médecins et ceux qui ont moins de 40 ans représentent 17,6%.

    Le numerus clausus a été supprimé dernièrement et c’est une mesure apparemment positive mais on oublie de nous dire que les moyens ne sont pas donnés aux facultés de médecine d’accueillir davantage d’étudiants. Seulement 9 300 places sont offertes pour 2021 alors qu’en cette année future le nombre de médecins cessant leur activité sera de plus de 10 000 et les besoins sont estimés à plus de 12 000 par an en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation de celle-ci. On ferme des lits dans les hôpitaux par manque de médecins. Les déserts médicaux s’étendent en campagne et aussi dans certaines grandes agglomérations. Heureusement des départements (Orne, Saône et Loire) et la commune de l’huisserie en Mayenne installent des médecins salariés pour palier à ce manque. En Mayenne le conseil départemental ne prend pas ce problème. Par contre dans l’orne le conseil départemental assure le salaire de médecins et vient de créer une centre santé au Mêle-sur-Sarthe (à 15 km d’Alençon) qui rayonne sur un grand secteur rural, un centre de santé à Bagnoles de l’Orne avec déjà 5 médecins et le conseil départemental envisage de créer un autre centre à Rémalard et à chaque fois le centre rayonne sur de nombreuses communes. C’est un exemple à suivre.

    Il ne suffit pas d’appliquer les gestes barrières, de porter un masque, de trouver un vaccin contre le covid-19, il faut aussi trouver des soignants dans les hôpitaux, des infirmières en milieu rural, des infirmières scolaires dans les établissements et groupes scolaires. Il est urgent de proclamer un grand plan de formation en lui donnant les moyens car les dépenses de santé doivent être à la hauteur des besoins surtout en personnels de différentes catégories avec des salaires revalorisés. Au lieu de consacrer de l’argent à construire des mirages et de développer l’armement nucléaire il serait plus utile de consacrer de l’argent à tous les services santé pour le bien de la population.

    Il est urgent que la population lutte pour bâtir une société dont le principe fondamental est le plein et libre développement de chaque individu et qui pourra vivre en utilisant des services santé correspondant à ses besoins.

  2. Bonsoir,
    conformément à l’appel de notre bureau national, l’antenne mayennaise de la Fédération des Motards en Colère (F F M C) était présente samedi dernier à Laval. En tant qu’ adhérente à la L D H, la F F M C forte de ses 87 antennes s’est jointe aux cortèges dans de nombreux départements témoignant ainsi notre totale opposition à cette loi liberticide. Cordiales salutations
    Guy

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