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La tentative de « concertation » a tourné court mardi soir 17 Mai 2016 dans le grand gymnase de Fernand Puech. La réunion qu’avait convoquée le président du conseil départemental de la Mayenne n’a pas pu être menée à sa fin ; les parents d’élèves faute de réponse claire de la part d’Olivier Richefou à leur unique question - « Pouvez-vous revenir sur cette décision ? - ont préféré quitter la salle.

- par Thomas H.

En arrivant je fais remarqué au président du Département qu’il fait salle comble ; il me sourit et me rétorque que des chaises sont vides. En fait, ce n’est pas tout à fait vrai, il y a beaucoup de monde dans le gymnase où l’on s’attend à une réunion un peu musclée. Dehors les forces de l’ordre sont nombreuses.

En fait Olivier Richefou est tout miel quand il s’adresse à son assemblée de parents d’élèves. Car l’ordre du jour appelle les excuses et l’élu ne s’en prive pas. « Il faut qu’on soit très clair entre nous, dit-il, nous avons complètement raté les mesures de dialogue qui étaient nécessaires, et je vous présente mes excuses à nouveau, celles du conseil départemental et de moi même  ». On verra par la suite que même réitérées de vive voix, elles ne suffiront pas.

Il faut dire que quelque chose s’est créée, autour de ce collège emblématique à Laval. Le collège du rassemblement, le fief d’une gauche et d’un syndicalisme entreprenant, le collège Fernand Puech, du nom du résistant mayennais, résiste et croit en son avenir. Cristallisation autour d’un établissement scolaire, ou bien contre une politique plus globale ?

Cette affaire de « désaffectation » du collège Fernand Puech annoncé par Olivier Richefou a révélé comme une faille. Une séparation. A présent, il existe presqu’un mur entre les décideurs politiques de qui arrêtent de façon unilatérale et les administrés qui ont le sentiment de n’avoir plus guère de mots à dire, et ne veulent plus de ces pratiques.

Le porte-parole des parents d’élèves Marc-Henri Pamiseux se lève au milieu de la salle et lit un texte, en début de réunion. Il parle notamment de « déni de démocratie  » renvoyant cette image de l’élu coupé du reste de ses concitoyens et constate que le vote ce n’est pas le fort dans le dossier ; il égrène : pas de vote du conseil d’administration du collège, ni non plus de l’assemblée départementale.

« Nous aurions préféré un dialogue autour d’une table ronde – ronde ou pas d’ailleurs – plutôt qu’une intervention de votre part du haut d’une tribune  ». La phrase fait mouche tout comme le « déni de démocratie » qui va avec. Puis le porte-voix des parents d’élèves pose la question, celle qui restera toujours sans réponse. « Pouvez-vous revenir monsieur Richefou sur cette décision de fermer le collège ? ». Il n’y a pas de standing-ovation de la part des parents d’élèves et des élèves présents dans le gymnase mais les applaudissements sont nourris.

L’élu reprend la parole sans répondre bien évidemment. Souriant, puis il la distribue à présent. Les questions des parents sont inexistantes, car le porte-parole, c’est logique, a parlé en leurs noms et puis ce qu’ils veulent c’est la réponse à leur unique question. Celle du retrait. Mais Olivier Richefou souhaite lui qu’on s’intéresse à la sécurité du collège.

Le rétroprojecteur envoie une diapo du service technique du Département sur laquelle on peut lire que la « Socotec, organisme indépendant de contrôle », a trouvé des failles dans les coupe-feu et les planchers, en cas d’incendie. Mais nous n’en sauront pas plus. L’impatience des parents qui souhaitent une réponse à leur question posée, précipite la fin de « cette réunion faite pour sceller, dit Marc-Henri Pamiseux, de façon certaine la fermeture de Puech  ».

Esseulés à présent, les décideurs ne peuvent plus décider de rien. Les micros sont éteints, et descendus de leur promontoire, ils discutent par grappes dans un gymnase vidé.

Denis Walecks, le Dasen (Directeur des Services de l’Éducation Nationale) en Mayenne qui a participé à l’ouverture de 5 collèges dans le 93 où il était en poste auparavant me rappelle l’ouverture à Puech d’un classe de 6e et d’une section sportive supplémentaires en septembre prochain et qu’il n’a « rien fait pour les freiner  ». S’il s’attend à une fuite d’élèves vers le privé tout proche ? « Non, il ne s’y attend pas mais il la craint , et il me dit faire le vœu qu’il y ait en 2016 une scolarité la plus normale possible  ».

Le Directeur des Services de l’Éducation Nationale en Mayenne parle d’équité, qu’il entend tout le monde et me dit qu’il « prendra toutes ses responsabilités ; qu’il faut objectiver la réalité ; que le collège n’est pas accessible à l’inclusion d’élèves handicapés rappelle-t-il ; qu’il ne répond pas à la loi de 2005.  ». Il ajoute que les concepts «  d’économie d’échelles et de services publics  » doivent pouvoir aller ensemble.

Olivier Richefou m’explique lui qu’il faut prendre ses responsabilités d’élu. « Bien-sûr j’aimerais mieux ouvrir que de devoir fermer  ». Il semble moins à l’aise que d’habitude même s’il sait sourire et envoyé une image d’apparence zen. Dans son entourage immédiat, on évoque le courage d’une prise de décision qui est « nécessaire pour mutualiser les collèges et rééquilibrer le nombre d’élèves sur les établissements restants sur Laval où un millier de places sont disponibles ».

A terme, pour les autres collèges mayennais il serait question de combler ceux qui sont sous employés en collégiens par la présence d’écoliers ou d’activités périscolaires réunis dans le même établissement. Bref de recréer les groupes scolaires d’antan me confie le conseiller départemental proche d’Olivier Richefou, un ancien principal en charge de l’enseignement au Département.

Témoins passifs jusqu’à maintenant de la fronde de la vox populi, les conseillers départementaux se prononceront le 27 mai en séance plénière pour voter sur la fermeture de l’unique collège public du centre ville de Laval. En attendant, dans la cours de récréation, les parents d’élèves qui ont sifflé la fin de la partie - mais pas la fin des hostilités - ont entamé ce qu’ils appellent « un vrai dialogue de concertation ».


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Fermeture Puech : fin de partie sifflée, mais pas fin des hostilités

Publié le: 18 mai 2016
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