Vue des Halles sur la Place du 11 novembre – Image Laval la Ville
En conseil municipal de Laval l’opposition de droite est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle appelle une « externalisation de la dette » , et une « distorsion de concurrence » autour des nouvelles Halles. Pour elle, l’inauguration sur onze jours de la Place à partir du 21 juin coïnciderait avec le lancement de la campagne électorale. Le maire en remplacement de Florian Bercault ne s’est pas laissé démonter.
Par Thomas H.

« Je ne rentrerai pas dans la polémique ! » a d’abord lancé Bruno Bertier à Vincent d’Agostino (Opp. Indépendant).
Ce dernier avait avancé que les onze jours de festivités autour de l’inauguration de la Place rendu aux Lavallois après des travaux qui ont pu paraitre interminables devaient être comptabilisés dans la campagne électorale en vue de la réélection de Florian Bercault. « La ficelle est grosse » avait commenté le conseiller municipal d’opposition qui avait rappelons-le créé un groupe de droite indépendant, souhaitant ainsi se désolidarisant de l’équipe emmenée par Samia Soultani.
« Par rapport aux autres villes, nous sommes sur un modèle innovant… a retorqué Bruno Bertier. La Place n’est pas privatisée, hormis pour ce qui est des commerces dans les Halles« , elle restera donc municipale et « les 2,5 M€ d’emprunt contracté par Laval Mayenne Aménagement (LMA) ne seront pas payés par les Lavallois a-t-il expliqué, mais par les loyers qui seront perçus » a insisté le Premier adjoint Bruno Bertier qui remplaçait à la présidence du conseil municipal le maire ayant dû s’absenter pour cause de congés parental. « Le reste à charge avancé de 7,5 M€ sera payé, lui, par les contribuables lavallois. 7,5 M€ au lieu des 12 M votés initialement en Septembre 2021« …
« Une part de la dette externalisée »
Ce n’est pas la vérité a lancé en substance celle qui rêve de prendre la place de Florian Bercault aux prochaines élections municipales : « Une part de la dette est externalisée, à savoir les 2,5 M€ portés par Laval Mayenne Aménagement. » a avancé Samia Soultani qui a piloté la SACOLA, l’ancêtre de la LMA du temps de François Zocchetto. La conseillère municipale et par ailleurs régionale de droite est allé en séance publique dans le sens de D’Agostino en rajoutant toutefois un grief, celui de la « distorsion de concurrence qui est une réalité, a-t-elle affirmé. Les critères selon elle de sélection [des candidats aux commerces dans les Halles] ont évolué sans qu’on en ai eu connaissance. Les règles [d’attribution] ne sont pas transparentes, ce qui a terni ce beau projet… » James Charbonnier (Opp. Indépendant) a parlé pour sa part de « marchandage et d’avantages » octroyés sur la fin des négociations aux commerçants pour qu’ils acceptent d’entrer dans les Halles, des « Halles gourmandes » qui auront généré « la création de 60 emplois » dont « 48 » rien que le bar restaurant géré par Revellata, s’est enorgueillit le Maire par intérim.

La Place du 11 Novembre une fois totalement relookée- Image Laval La ville
Démontant l’argument de Sama Soultani, l »Adjoint aux finances, Antoine Caplan à remis les pendules à l’heure : « Là, c’est un modèle vertueux et sain, Madame Soultani. Ce qui n’a pas souvent été le cas de votre temps. La structure [LMA] touche des recettes, des loyers ce qui lui permet de rembourser la dette qu’elle a contractée, une dette qui ne représente pas 100 % de l’investissement mais un peu moins de 50%… Et Je m’étonne, a-t-il ajouté, qu’on en parle encore ensemble ici depuis une heure, depuis le début de ce conseil municipal, pour tenter de réveiller de vieux débats ! » En 2047, le bail de LMA prendra fin.
Une place d’intérêt public
Un projet au coût total de 20 M€ dont six pour les Halles et 1,5 M€ pour les fouilles archéologiques, quand Le Quarante initié sous François Zocchetto pour rénover le conservatoire de musique de Laval, même si il a été élargi sur le papier avec une appellation « conservatoire à rayonnement départemental » , aura couté 28 M€. Ou encore l’Espace Mayenne d’Olivier Richefou et ses 50 M€ de dépenses totales.
L’ardoise de la Place du RenouvO! se monte donc à 20 M€ avec un reste à charge net pour la ville de 7,5 M€ selon le premier adjoint qui a piloté ce « projet qui va maintenant effectuer son atterrissage [filant la métaphore de la fusée, le dernier étage de la fusée consiste à l’inauguration officielle le 20 juin à 17 Heures] Un objet moderne qui va transformer profondément la ville de Laval pour l’avenir et l’intérêt général. 1600 mètres carrés avec 25 % de sa surface qui sera végétalisée et des commerces qui seront accessibles à tout type de bourse. » . Signalons au passage le paysagiste Leroy Paysage qui aura obtenu un juteux marché de plus de 1, 276 M€ sans parler de ceux obtenus de Laval Agglo.

Une vue des Halles coté traiteurs, décoration aménagée par LMA – Image Laval la Ville
« Des loyers très concurrentiels pour la ville de Laval. » a analysé Bruno Bertier. Seul Le Revellata, l’enseigne lavalloise des deux associés Rodolphe Laferrerie et Franck Artuit qui fera vivre le restaurant italo-corse sur deux niveaux dans les Halles et le bar au centre avec au total 450 couverts (intérieur et extérieur) sur 670 m2 s’acquitteront d’un loyer qu’on pourrait qualifier de « Premium », digne des Champs Élysées lavallois : 12 500 € par mois en raison de la surface occupée. Les promoteurs du Revellata sont déjà installés au Mans avec leur resto baptisé Le Liberta.
Les autres loyers sont si on peut dire à « taille humaine » , dans une fourchette allant de 740 € à 1860 € pour le boulanger. D’ailleurs les commerces des Halles y compris le resto devraient bénéficier d’une « franchise » sur plusieurs mois déduite des loyers pour faciliter l’installation au milieu de l’année et en raison de la période d’été où la population lavalloise chute quelque peu pendant les vacances a expliqué en substance Bruno Bertier. Pour ce qui est des autres espaces de vente en dehors du restaurant, des Places assises (80 en intérieur et 36 en extérieur) seront mises à la disposition des clients des traiteurs.
Tout ça fait dire au Premier adjoint qui parle en citant le « Maire Florian Bercault qui a mouillé sa chemise dans ce dossier en imposant sa vision. Sur les Halles, comme c’est pourtant le cas ailleurs, à Laval on ne fait pas dans le bizness ! » ⬛
