L’hôtel de ville de Laval – © leglob-journal.fr
A moins d’un an du scrutin, la préparation des élections municipales sur la ville centre de la Mayenne semble s’éclaircir. A Laval, il n’y aura pas de rapprochement entre la liste d’union à gauche que Florian Bercault entend mettre sur pieds et des représentants locaux de la France Insoumise. LFI sur la liste du maire sortant (DVG) serait en substance contreproductifs.
Par Thomas H.

Un représentant du comité électoral de LFI devrait « descendre à Laval, pour aider les équipes locales » explique-t-on à LFI. Mais la décision de l’équipe du maire sortant semble arrêtée. Marion Detais la « référente des relations unitaires » de la France insoumise en Mayenne, n’a pas réussi l’unité et l’a appris de la voix du maire. « Un peu par hasard » . Sur la grande manifestation devant les centre hospitalier de Laval. « Nous demandions quatre à cinq représentants de la France insoumise sur la liste des 33 noms, ce n’était pas une grosse présence ! (…) Mais en fait nous pensons qu’ils ne voulaient pas de LFI depuis le départ… Si nous ne l’avions pas croisé sur la manif, nous aurait-il appelé ? » .
Le maire qui n’a pas intérêt à abaisser toutes ses cartes n’a pas souhaité s’exprimer à vingt-quatre heures d’un séminaire avec sa majorité. Mais pour Marion Detais, « référente des relations unitaires » , « il ne souhaite pas de la présence de LFI » car selon lui « cela pourrait lui faire perdre plus de voix que cela pourrait lui en apporter… » et puis le camp d’en face ajoute-t-elle en ferait ses choux gras si l’extrême gauche, était présente sur la liste du maire sortant argumente Marion Detais. De l’autre côté on commente : « On ne fait pas en fonction de Samia Soultani » recadre pourtant une voix de la majorité de Florian Bercault qui confirme : « majoritairement les Lavallois ne souhaitent pas de LFI et il faut garder les équilibres en interne... »
« L’étiquette LFI associé à Jean-Luc Mélenchon ça coince auprès des partenaires , il n’y a pas d’ambiguïté là dessus… avance Marion Detais, Mais nous savons que nous pouvons travailler ensemble. On travaille avec les verts et les communistes… Nous sommes un plus radicaux que le maire, mais on ne mord pas… » .
L’union de toutes les gauches a donc à huit mois du scrutin « du plomb dans l’aile » . On ne peut pas parler de « divorce » car il n’y a jamais eu officiellement de rapprochement avec LFI sur une liste commune. Déjà en 2020, la France insoumise avait été « évincée« du collectif et s’en était émue. Mais les écologistes qui avaient, eux, été invités à participer au collectif du 14 juillet étaient partis finalement sur une liste autonome au premier tour. On connait la suite : la fusion et la victoire de la gauche écologique et solidaire au second.
En 2025, avec ce qui ressemble à une fin de non recevoir, des représentants des autres partis à gauche selon Marion Detais « ne trouvent pas ça cool » . Le PC, les verts, Génération-s se seraient manifestés auprès d’elle. « On a tout fait pour être dans l’union, avance-t-elle mais des forces internes semblent plus fortes que les bons comportements… »

« Je ne crois pas que LFI soit un acteur prépondérant dans ces municipales (…) c’est un parti à la dérive avec les déclarations de Jean-Luc Mélenchon. Il ne faut donc pas d’accord localement avec l’appareil de ce parti, mais la porte reste ouverte à tous ceux qui à titre individuel veulent rejoindre la liste citoyenne de Florian Bercault soutenue par des partis politiques… » – Un socialiste
« Il y a les influences externes aussi » explique-t-elle sous entendu celle du député Guillaume Garot qui n’a jamais vraiment gouté la prépondérance de LFI dans la Nupes. Voici ce qu’il déclarait en 2022 lors des législatives : « J’ai été très clair tout au long de ma campagne sur mes points d’accord et de désaccord avec les autres composantes de la Nupes (…) L’union n’est pas la fusion. La gauche doit être unie, mais pas uniforme. Il n’y a pas de « stratégie » dans la loyauté à ses idées (…) »
« La gauche doit être unie, mais pas uniforme » . Mais les législatives n’ont rien à voir avec l’élection d’un maire, fut-il doté d’une prime au sortant. Pour ce membre du PS 53, il n’y a pas d’erreur : « Je ne crois pas que LFI soit un acteur prépondérant dans ces municipales (…) il suffit de voir comment il se comporte au national, c’est un parti à la dérive avec les déclarations de Jean-Luc Mélenchon. Il ne faut donc pas d’accord localement avec l’appareil de ce parti, mais je le redis la porte reste ouverte à tous ceux qui à titre individuel veulent rejoindre la liste citoyenne de Florian Bercault soutenue par des partis politiques… » .
En 2020, le Covid avait contraint les électeurs les plus âgés à s’éloigner des urnes. Cette fois ils vont majoritairement pouvoir aller voter et on sait sociologiquement qu’ils votent plutôt à droite. Y aura-t-il des noms d’ouverture au centre droit pour séduire un électorat conservateur ? Le groupe des Indépendants pour Laval avec en son sein Vincent d’Agostino ou James Charbonnier qui font les yeux doux à la majorité de Florian Bercault depuis longtemps se sont à présent fédérés avec Valérie Hayer comme vice présidente dans une association « Laval, objectif 2026 » . Pour exister, il faut apparaitre médiatiquement et pour vivre se chercher un point de chute dans ce scrutin. « A droite comme à gauche » …
Résultat des courses, il devrait y avoir donc deux listes à gauche pour les municipales à Laval ce qui pourrait favoriser le ticket Soultani-Borde-Richefou ; Yannick Borde (Horizon) étant « chargé d’œuvrer à un large rassemblement pour porter un projet ambitieux au service des Lavalloises et Lavallois » .
Selon la « référente des relations unitaires » , cette « très grande irresponsabilité [Ne pas intégrer LFI dans la liste Bercault] nous oblige à la liste autonome. (…) On va forcément lui prendre des voix, et une part des voix qui aurait pu aller sur la liste d’union vont partir sur la liste LFI. Le maire sortant risque de ne pas gagner la mairie. Une désunion affichée, c’est la porte ouverte à l’incertitude... » .
Pourquoi vouloir faire une liste ? « On ne s’écrase plus avance Marion Detais, et de fait nous allons être le caillou dans la chaussure, nous y sommes déjà allé aux Sénatoriales… Cela ne nous inquiète pas de partir seul… (…) ce ne sera pas de notre responsabilité si la mairie passe à droite… » ⬛
