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Quelques questions au mayennais Raphaël Michel. L’un des membres du trio Curry Wurst. Un groupe de musique, aux influences multiples, Pop-Rock, Rap, Funk, etc. d’où le nom du groupe qui fait référence au melting-pot. « Electro, chill and groovy sounds plus Poetic vocals. Curry Wurst is a spicy mixture based on genuine Flex ! » peut-on lire sur You Tube. Raphaël Michel, élevé en Mayenne, travaille à présent dans la recherche fondamentale ; la plupart du temps en labo où il passe des heures à réaliser des expériences pour faire avancer la science. Là, avec la musique qu’il confectionne avec ses deux potes, il fait émerger une sensibilité musicale - Rencontre.

L’entretien

leglob-journal : Pourquoi ce nom de Curry Wurst pour le groupe ?

Raphaël Michel : La curry wurst, c’est ce plat allemand, un mélange improbable d’ingrédients qui normalement ne vont pas ensemble. Et nous, on trouvait ça intéressant ; on trouvait que c’était une belle comparaison. Un mélange de différentes influences qui une fois mixées font cette petite combinaison un peu originale et épicée qu’on souhaite partager.

leglob-journal : C‘est une aventure ce trio, comment est-ce qu’on fait pour se placer sur le marché des groupes émergents ?

Je ne sais pas trop si il y a une recette. Pour nous c’est avant tout avoir du plaisir à jouer ensemble, et avoir du plaisir à partager ce qu’on fait. Après, on n’ essaye pas de créer pour se placer sur un marché ; on essaye de créer pour faire quelque chose qui nous plaît et qu’on peut partager avec fierté. Et si ça marche ? Et bien c’est génial ! Parce que le premier plaisir, je pense que c’est la création, et le deuxième c’est le retour positif par le partage des gens qui nous écoutent.

leglob-journal : Vous en avez beaucoup des retours ?

Pour l’instant, plus que ce qu’on avait escompté ! Des gens de notre entourage et de personnes qu’on connaît moins ou pas, petit à petit surtout par le biais des réseaux sociaux ; ça fait plaisir et ça nous encourage à continuer.

leglob-journal : Comment on passe d’un groupe amateur qui jouerait dans son garage à un groupe qui veut devenir professionnel ou qui en a l’ambition ?

Alors, comment on passe de l’un à l’autre ? C’est du travail d’abord, de la passion, et puis, je pense qu’il y a un moment pour construire ; il faut s’organiser, planifier, et il y a des outils qu’il faut savoir maîtriser, tout ce qui est logiciels d’enregistrement, de mixage, etc. Ce sont des outils qu’on doit posséder surtout dans notre cas, car on fait de la musique un peu électronique, et donc c’est des choses qu’on a apprises petit à petit et qu’on commence à posséder, pour pouvoir avoir une qualité de son qui nous permet de partager notre musique directement avec les gens.

leglob-journal : La musique électronique, c’est le coté scientifique ?

Je ne pense pas. C’est notre ligne directrice. Mais la prochaine chanson qui va sortir est plutôt Pop-Rock, et d’autres chansons qui vont venir auront sans doute d’autres influences ; on verra du rap, du slam, du funk, en fait, plein de choses différentes.

Ce qu’on trouve intéressant dans la musique électronique, c’est ce coté déjà un petit peu original, dans la recherche du son – on peut aller dans des directions qu’on ne pourrait peut-être pas explorer avec des instruments acoustiques – donc il y a ça ; et dans la musique électronique, il y a souvent des répétitions, des ostinatos rythmiques et mélodiques – des petits motifs qui se répètent tout au long d’une chanson -, et qui représentent assez bien la société moderne ; et nous, ce sont des choses qu’on essaye d’aborder dans notre musique. C’est pour cela qu’on l’utilise.

leglob-journal : Le dernier clip, on sent bien l’influence des éléments : le vert, la mer, le vent, etc.

Oui, ça va avec le thème de la chanson. C’est un renouveau, un nouveau départ. Et du coup dans les paroles on trouve le thème du voyage avec surtout le lexique de la mer, les voiles, le capitaine, les vagues, etc. c’est quelque chose qu’on voulait retrouver, cette thématique du départ, du voyage dans le clip. C’est pour cela qu’on voit la mer, des chemins, etc.

leglob-journal : On parle anglais, c’est volontaire ou c’est une erreur ?

Non, non ! C’est volontaire ! (Rires). Nous avons plein d’influences différentes, donc plein de styles différents, et plein de nationalités différentes. Cette chanson, il se trouve qu’on a souhaité la faire en anglais, maintenant on a déjà deux autres chansons à notre compteur et l’une d’entre-elles est en français.

leglob-journal : La Mayenne, c’est une des composantes d’inspiration ?

Oui pour moi c’est plus que ça ! C’est là que j’ai commencé à apprendre à jouer de la musique, le saxophone d’abord à l’école de musique de L’Huisserie, ensuite au conservatoire de Laval et c’est grâce à cette entrée dans la musique que j’ai développé cette passion. Et c’est d’ailleurs à Laval aussi que j’ai eu mon premier groupe - qui était un groupe Pop-Rock – au Lycée avec lequel on a fait quelques concerts en Mayenne d’ailleurs.

J’ai plein d’expériences en Mayenne et on puise dans notre expérience pour créer. On le voit aussi dans le clip il y a, comme vous le disiez, pas mal de vert et de la campagne, pour moi et pour nous en tant que groupe cela fait partie des choses importantes.

leglob-journal : On dirait en anglais « singer » ; Ce semble être votre rôle, Raphaël, dans le clip, comment c’est venu ?

Dans le groupe on est tous pluri-instrumentistes ; on a tous des rôles différents. Dans ce morceau, c’est moi qui chante, mais dans d’autres cas, Quentin notre batteur est aussi chanteur ; Aurélien le troisième membre lui joue de la basse et des percussions. Je chante, en effet, et je m’occupe de tout ce qui est synthétiseur et piano. Comment c’est venu le fait de chanter ? Je pense que c’est venu aussi par le biais du saxophone et de l’apprentissage de la musique dans les écoles où on chante. J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à chanter et le travail du saxo, de ce point de vue là, permet d’entraîner la gorge. C’est vrai que pour moi, ça été tout de suite plus facile de chanter dans les groupes.

leglob-journal : Vous êtes chercheur, en recherche fondamentale et vous m’avez dit « je veux bien répondre à vos questions mais j’ai malheureusement une expérience qui va démarrer et elle va durer plusieurs heures ; on peut se rappeler ? » Ce qu’on a fait. Cela consistait en quoi cette expérience ?

Sur quoi je travaille actuellement ? Et bien le domaine s’appelle les bio-matériaux ; donc on s’intéresse à concevoir des matériaux innovants pour l’application médicale. Et donc ce sur quoi je travaille par exemple actuellement, c’est une technique d’adhésifs chirurgicaux pour arrêter les saignements pendant des chirurgies ouvertes. C’est très concret et appliqué...

leglob-journal : Vous êtes l’exemple vivant que l’on peut être un scientifique pur et dur avec une tête bien faite comme on dit, et doublé d’un artiste doté d’une sensibilité ; c’est possible et fréquent ?

Oui, je constate que c’est assez fréquent. Je retrouve autour de moi, dans mon travail beaucoup de gens qui ont une passion pour les arts en général, que ce soit la musique, la peinture, le dessin... et même le cinéma. J’ai l’impression, oui que ça va de pair et ça permet en tout cas, je pense, dans des métiers où le quotidien est parfois difficile - car dans la recherche c’est beaucoup d’échecs avant d’atteindre quelque chose d’intéressant -, de s’évader et de se libérer aussi. C’est important.

leglob-journal : On vous retrouve bien sûr sur les réseaux sociaux ?

Oui, sur You Tube, et Facebook en particulier. On peut nous trouvez en tapant curry wust et plus loin music.

Les trois Curry Wurst : Aurélien, Quentin et Raphaël, face à la mer - image clip

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MUSIQUE - Les Curry Wurst : « un mélange improbable d’ingrédients »

Publié le: 11 février 2018
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