Campagne du candidat LFI à Laval : l’inventaire des insoumis

Kamel Ogbi lors de la soirée JCE à la salle polyvalente de Laval - © leglob-journal.fr
Kamel Ogbi lors de la soirée JCE à la salle polyvalente de Laval en compagnie du seul colistier présent ce soir là sur scène – © leglob-journal.fr

« A peine 4% ». Le candidat de la France Insoumise n’a pas réussi à passer la barre de 5% avec 3,9% très précisément. Constat amer de très nombreux insoumis. Sa campagne essentiellement axée sur les réseaux sociaux, en faisant peu de porte à porte, sauf les derniers temps, à la recherche de noms à apposer sur sa liste interroge. Kamel Ogbi n’a pas permis à La France Insoumise d’émerger à Laval. La très grosse majorité des insoumis lui en font le reproche.


Par Thomas H.


la belle lettre a sur leglob

A travers les nombreux témoignages que leglob-journal.fr a recueilli durant la campagne mais aussi après, nous avons bien entendu que cette histoire était « un problème… » . Il nous a été dit dit aussi que personne ne pouvait « rien y faire » … Aveu d’impuissance, donc en creux, face à une machine démocratique qui s’est enraillée, mais qui, part le jeu de l’élection, a toutefois rempli son rôle. Kamel, Ogbi a été « sanctionné » par les urnes.

Le dimanche soir tant attendu arrivé, les insoumis de la Mayenne ont du se rendre à l’évidence. Le score de la liste conduite par Kamel Ogbi Laval en commun est en dessous de la barre des 5%. Le candidat des quartiers populaires de Laval n’a recueilli que 495 voix, (28 voix sur les 369 votants du bas de Saint Nicolas à l’École Badinter) soit en pourcentage des suffrages exprimés, à peine quatre points (3,9%). « Plus qu’une défaite une fin de non recevoir » comma l’a écrit leglob-journal.fr au lendemain de la victoire de Florian Bercault. Beaucoup d’insoumis qui avaient choisi par la force des choses finalement de prendre du recul par rapport à ce qui se jouait dans cette élection n’ont pas été surpris ; l’une d’entre eux avait même pronostiqué cette défaite en avançant un chiffre très proche de la réalité. D’autres sans illusion avaient choisi par exemple de voter pour le maire sortant, ce qu’ils nous ont confié.

Cet épisode autour de la candidature de Kamel Ogbi aura « permis de clarifier la situation » pour cet insoumis qui a postériori nous dit que, « cela aura tout au plus permis de mesurer le socle des convaincus sur Laval qui sont allés voter LFI, quel que soit le tête de liste et sans un candidat qui la tient la route » …

« Bruno Bertier aurait peut-être été plus « insoumis » que Kamel Ogbi  » pense avec un certain regret cet autre. Pourquoi parle-t-il de l’ex-élu de Florian Bercault ? Parce que l’ex-Premier adjoint du maire qui vient de se faire réélir (54,%) avait réussi à collecter trente-trois noms en vue du dépôt d’une liste. Au cas où… On se souvient qu’il avait déclaré devant toute la presse : « J’ai la date du 26 Février en tête » … Et puis, finalement, il a jeté l’éponge. Pourquoi ? Parce que les instances parisiennes n’ont pas souhaité se déjuger « en débranchant » le candidat Ogbi désigné officiellement. Bruno Bertier qui avait estimé que « pour le maire sortant les conditions pour gagner n’étaient pas réunies sans le mouvement LFI » – , ce en quoi il s’est trompé – , avait alors choisi de sortir, dans une séquence politique médiatisée, de la majorité et par la suite, de conduire, finalement, une liste citoyenne qui aurait pu être soutenue par les instances dirigeante de LFI.

L’ex Premier adjoint était en contact téléphonique avant le premier tour avec Paul Vannier, le député LFI élu dans la 5e du Val d’Oise. Il s’est vu signifié par ce dernier une fin de non recevoir, le député insoumis lui ayant fait comprendre qu’il n’était pas au courant de sa candidature à l’investiture, alors qu’il aurait du recevoir un rapport le concernant. Et en conséquence qu’il n’était pas question que La France insoumise ne se déjuge. En conséquence, maintenir l’idée d’une troisième liste proposée aux électeurs de Laval même « citoyenne » et à gauche face à Florian Bercault, alors que Kamel Ogbi , officiellement LFI se maintenait dans la course, aurait été selon Bruno Bertier « inconcevable » .


« Une aventure perso »


« Kamel Ogbi, c’était une aventure perso… il voulait se prouver quelque chose… » Avec le recul et après l’élection passée, les langues se délient encore un peu plus. « C’est un coup de dague dans la démocratie locale » avance-t-on et pire un insoumis estime selon lui que c’ « un symbole grandiose de trahison de militants locaux de la part de la tête de listeC’est de la politique politicienne et c’est décevant » . Paroles d’insoumis dont certains disent à leglob-journal.fr ne plus avoir eu très vite de contact avec le candidat, depuis sa désignation.

« Il a travaillé dans l’ombre et savonner la planche de Bruno Bertier alors que nous avions un super atout… » . Et de poursuivre : « Kamel Ogbi communiquait avec Paris sans consulter la base des insoumis, sans en référer même à la co-cheffe de file Joëlle Masseboeuf  » relate l’un d’entre-eux là aussi sous le sceau de l’anonymat. Contactée cette dernière qui dit avoir pris du recul, elle aussi, ne dément pas, sans confirmer pour autant, par prudence. La prudence, c’est d’ailleurs le lot commun de nombreux insoumis qui souhaitent rester anonymes. Parler ouvertement pendant la campagne, c’était prêter le flan à l’exclusion du mouvement. Parler publiquement après l’élection jouée, c’est le même risque encouru selon eux, car ils ont en mémoire les purges effectué par Paris… Il n’empêche, ils avancent être actuellement « dans le questionnement… On a bien fait remonter des informations qui n’auraient pas permis à Kamel Ogbi d’être désigner tête de liste et cela nous interroge. Paris a-t-il eu toutes les cartes en mains pour designer la tête de liste ? » avance l »un d’entre eux.


« Ogbi a fait Sa campagne… »


Le candidat a été très longtemps aux abonnés absents de la presse. Il ne communiquait pas. Tant et si bien qu’il donnait des signaux qu’il avait décroché de la campagne. Sauf quand Kamel Ogbi a répondu au téléphone de leglob-journal.fr pour nous dire que sa liste était en bonne voie… Parmi les interrogations, celle-ci : Pourquoi un élu sortant LFI de Laval n’a pas été sur la liste finale par exemple ? Tout simplement l’absence de nouvelle justement avance-t-il et « l’absence de réponse et de retour » , répond cet insoumis dans un constat froid. Pour lui, « C’est la campagne qui fait le résultat de l’élection. Kamel Ogbi a fait Sa campagneIl avait pourtant toute les cartes en mains pour réussir » . Sous entendu, il a échoué par lui-même allant jusqu’à refuser l’aide que des insoumis pouvaient lui apporter.

Six mois avant l’élection, Kamel Ogbi alors chef de fil des Insoumis avec Joëlle Masseboeuf à Laval, tous deux chargés de trouver « une stratégie pour empêcher que la municipalité ne tombe dans les mains de la droite » , demande à rencontrer Bruno Bertier. Cela se fait en présence de Guillaume Agostino, élu dans la majorité à la ville de la Laval qui allait dans les derniers temps du mandat faire son coming out LFI. D’abord, pour savoir si Bruno Bertier voulait faire une liste ou pas. Puis, plus tard ils tomberont d’accord : l’ex-Premier adjoint de Florian Bercault sera candidat d’une liste de citoyens qui pourrait être pilotée par le mouvement insoumis. Kamel Ogbi prenant acte et plus tard entrera lui aussi en lice. Le coup de Trafalgar, « ourdi » par le cheffe de file qui se fera designer localement « avec des insoumis qu’on avait jamais vu » et ensuite « en faisant en sorte que Paris ne soit pas au courant » de cette candidature extérieur a LFI …


L'affiche officielle du candidat Kamel Ogbi avant et après le premier tour - © leglob-journal.fr

L’affiche officielle du candidat Kamel Ogbi avant et après le premier tour dans le quartier d’Avesnières à Laval – © leglob-journal.fr

Une militante de LFI en Mayenne ne cache pas sa colère face à ce qu’un autre insoumis qualifie lui de « malversation » . Elle nous écrit « Vue le peu de candidat sur la liste de Kamel Ogbi réellement encartés à LFI et étant donné son refus de soutien de la grande majorité des militants insoumis, on ne peut incomber cet échec personnel à La France Insoumise de la Mayenne » .

A LFI, au national, nous avons joint Roland D’argy du comité électoral. C’est lui qui aurait selon plusieurs témoignages été en contact permanent avec Kamel Ogbi, cheffe de file puis devenu candidat estampillé officiellement LFI à Laval. Roland D’argy n’a pas souhaité s’exprimer, coupant cours à la communication au bout de quelques secondes seulement lorsque nous lui avons expliqué le pourquoi de notre appel…

Nous aurions également aimé croiser toutes ces informations avec celui qui est finalement au centre de cette histoire pour avoir sa version, mais Kamel Ogbi n’a pas répondu à nos nombreuses sollicitations. Apres sa désignation comme tête de liste LFI et au lendemain du premier tour. ⬛


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