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LAVAL manifestation - 900 selon les organisations syndicales. 700 selon la police, rassemblés avec un défilé unitaire, à l’appel de toutes les syndicats. Pour défendre le service public, et pour dénoncer les « offensives contre la fonction publique ».

- Par Thomas H.

Dans le gros de la troupe qui se rassemble comme à chaque manifestation, Place du 11 Novembre à Laval, beaucoup de tête connues, et venus de tous les services publics, comme la santé, la poste, l’eau, le rail, ou l’éducation ; mais aussi des jeunes. Peu nombreux, il est vrai mais tout de même présents.

Jeunes et déjà un peu amers sur la relation au travail. Comme Adrien qui se dit « flexi-précaire  » : « Je fais les surveillances sur le temps de midi et les TAP dans une école primaire, sur Laval... je touche 750 euros par mois et on est payé en retard pour le premier mois, ça veut dire que le mois de septembre, je le toucherais le 31 octobre ! »

Adrien se console en expliquant qu’il est fort heureusement encore logé chez sa mère. Et que ça peut le faire, « mais bon ! ». Pas très loin, cette jeune femme qui souhaite garder l’anonymat. Elle explique son ressenti avec un sourire tout de même : « Je ne suis pas d’accord avec ce qui se passe, c’est pour cela que je suis là et que je manifeste ! Ça fait peur, les conséquences de tout ce qui est voté actuellement ; il fallait que je vienne dans la rue...  »

« Ce n’est pas la priorité des politiques »

« Moi ? Je suis éducatrice spécialisée. Ce sont sans doute ce genre d’emplois qui va sauter dans un avenir proche...Mais, il y a déjà des emplois qui sautent dans la Protection de l’Enfance par exemple. C’est un milieu qui n’est pas intéressant pour les politiques ; c’est surtout des sujets un peu compliqué à gérer, et pour y mettre des moyens, je pense qu’il faut y être intéressé, et sensibilisé et je pense que c’est pas du tout la priorité du gouvernement actuellement  ».

Dans le domaine de l’éducation mais cette fois coté coulisse, Véronique. Elle est agent territorial. Elle travaille dans un école primaire en restauration scolaire à Marcel Pagnol : « On nous en demande de plus en plus ! On nous demande de faire des choses sur l’ordinateur alors que ce n’est pas en lien avec notre travail, mais aussi de couper et préparer plus de choses en cuisine, on travaille 9 heures par jour et voilà. »

« C’est la course pour un salaire qui reste stable, qui ne bouge pas et en plus on nous gèle le point d’indice, alors non !  » Vous gagnez combien Véronique ? : « Je fais 1400, et ça va faire 22 ans que je suis à la ville de Laval, et si on augmente, c’est parce qu’on monte en échelon simplement. Je suis là contre le gel de nos points indices et de notre salaire et contre les suppressions d’emploi... »

« Insatisfait du boulot qu’on fait »

e gouvernement envisage de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires d’ici la fin du quinquennat. Tony est professeur de sport à Jeunesse et Sport. Il travaille à la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations et il constate que « dans son service, on est passé de dix profs de sport en 2007 à trois aujourd’hui ; et trois, c’est sur le papier, parce que entre les congés maternité, les congés maladies et les stagiaires qui viennent et qui s’en vont, sur les quatre dernières années en moyenne, on était en fait que deux ! ».

Tony a comme il le dit un « rôle très utile ». Il s’occupe du développement de l’emploi dans les associations sportives. Avant il se déplaçait, étudiait tous les paramètres du club sur place, faisait les dossiers avec le responsable sportif pour obtenir des subventions, montait un projet avec le dirigeant et le conseillait sur le suivi avec un vrai travail d’accompagnement. « Maintenant, je dis quand on m’appelle pour monter un emploi dans un associations sportives, écoutez, il y a deux dispositifs, les emplois d’avenir et puis un autre..., je vous envoie la brochure, vous verrez... et puis ils doivent se débrouiller !  »

Tony constate que « c’est la qualité de service qui s’est considérablement dégradée » sans parler des contrats d’avenir qu’il ne peut plus proposer car « ils n’existeront plus, ces emplois aidés à l’avenir... ». Et d’ajouter « on essaye de faire à peu près le même travail qu’avant, mais on ne conseille plus et c’est devenu un travail administratif ; et on est insatisfait tout les jours du boulot qu’on fait... »

« Le service public du XXIe siècle »

Tous donc ne se reconnaissent plus réellement dans le travail qu’ils donnent pour l’intérêt général. C’est ça les services publics. Et tous ces manifestants sont attachés vraiment à faire perdurer ce service au public pour lesquels ils sont fiers malgré tout. Aussi pourquoi ne pas évoquer ce que pourrait être le service public du XXIe siècle.

De ce point de vue là, la Convergence nationale des Collectifs de défense et de développement des services publics – fruit de la remontée des idées glanées partout en France dans des collectifs locaux, comme en Mayenne avant l’été dernier - propose 12 priorités à mettre en musique pour redéfinir le rôle et la place des services publics.

leglob-journal vous offre la possibilité de prendre connaissance des trois premières de ces priorités, qui, déjà et simplement, si elles étaient mises en œuvre permettraient à son avis de faire progresser considérablement l’évolution de la société, parce qu’il y a dans le public « un besoin de préserver ce qu’il y a de commun ».

« Moratoire sur les fermetures, restructurations et privatisations des services publics ; création de commissions associant usagers, personnels, élus à tous les niveaux du territoire pour définir les besoins et les missions dans l’intérêt général  », et enfin « intégration dans les directions des services publics d’une représentation démocratique des personnel, des usagers et des élus permettant de peser réellement sur les décisions. » prises. Simple et efficace.


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Laval - battre le pavé pour le service public

Publié le: 10 octobre 2017
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