Fascisme ou antifascisme : choisir vite et clairement son camps, sans hésiter 🔓

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Par Gérard Prioul et Abdel Hadouby


En préalable à tout autre propos, les auteurs de cette tribune tiennent à redir que la violence et tout ce qui s’écarte du libre affrontement pacifié des idées, constitue un danger absolument incompatible avec toute prétention « démocratique »


Tribune libre

la belle lettre L sur leglob-journal

Le 14 février 2026., un assistant d’un député RN a publié ce message sur le réseau X : « J’ai fait un rêve : quatre décès. Et le peuple empli de joie ». Photo jointe à ce tweet de quatre figures de gauch : la militante antiraciste Assa Traoré et les élues insoumises Sophie de la Rochefoucauld, Sophia Chikirou et Rima Hassan. Ambiance…

Nous assistons depuis le 14 février à une opération politico-médiatique improvisée depuis Lyon, en genre copié-collé de ce que faisaient les politiciens de la république de Weimar, quand ils préparaient leur capitulation par la remise des clés à Hitler et sa clique. Ce parallèle n’est pas une figure de style. Dans l’Allemagne des années 1930, les élites bourgeoises et une partie des dirigeants industriels ont cru pouvoir utiliser Hitler comme simple instrument contre le mouvement ouvrier. Ils pensaient le contrôler. Plutôt que risquer une victoire populaire, ils ont préféré l’aventure autoritaire.

En France, à la même époque, les ligues factieuses multipliaient les démonstrations de force et une partie des classes dominantes murmurait : « Plutôt Hitler que le Front populaire ». Le 6 février 1934 ne fut pas un accident, mais une répétition générale. L’histoire montre que lorsque la gauche approche du pouvoir, les forces réactionnaires testent les limites de la démocratie.

Le pic de tension politique, soigneusement entretenu, empoisonne l’atmosphère sociale sur fond de violence. Le point de fixation est la mort samedi 14 février, d’un jeune militant néo-fasciste, lynché à Lyon lors d’un violent affrontement de rue, le jeudi 12. La situation qui en découle doit être appréciée pour ce qu’elle est, à Lyon d’abord, puis en général. 

Les faits se sont produits à presque un kilomètre du lieu où, plus tard en fin d’après-midi, Rima Hassan tenait une conférence à Science Po de Lyon. La dissociation espace-temps devrait suffire à couper court à tout amalgame. Les vidéos et témoignages les plus récemment disponibles tendent à valider l’existence d’un guet-apens tendu par un groupe de seize fascistes cagoulés et équipés très ostensiblement pour faire mal. Les images vidéo montrent leur assaut très violent contre un autre groupe de treize individus, qu’ils surprennent et qui seraient des anti-fascistes. Scène malheureusement fréquente à Lyon, mais cette fois l’issue mortelle amène le procureur chargé de l’enquête à qualifier l’acte d’acharnement sur le corps du jeune Quentin tombé au sol, « d’intention de donner la mort ».

Cette mécanique est connue : créer un climat d’affrontement permanent, laisser prospérer des groupes violents, puis utiliser l’émotion pour disqualifier globalement l’adversaire politique. Depuis des mois, Jean-Luc Mélenchon dénonce une « brutalisation » du débat public et une « stratégie de la tension ». La diabolisation méthodique de LFI préparerait les esprits à considérer toute opposition de rupture comme un danger pour l’ordre public. On construit ainsi le récit préalable qui rendra acceptables des mesures d’exception et légitimera les ralliements à l’extrême droite.


LYON, HAUT LIEU HISTORIQUE DE L’AFFRONTEMENT DE CLASSE, FASCISTES CONTRE ANTIFASCISTES 


La belle lettre P sur leglob-journal

Pour comprendre les faits, il faut revenir aux caractéristiques de Lyon. La bourgeoisie locale écrase les canuts et, quelques générations plus tard, se compromet dans la collaboration pétainiste, notamment aux côtés de Klaus Barbie. Lyon fut un haut lieu de la collaboration avant de devenir capitale de la Résistance.

Les années 1930 et 1940 n’ont pas été seulement l’œuvre de fanatiques marginaux. Elles ont été rendues possibles par la convergence d’intérêts entre droites autoritaires et grand capital. Lorsque la redistribution des richesses menace l’ordre établi, certains préfèrent l’ordre brutal à la démocratie sociale. Cette constante historique doit éclairer le présent.

MAIS QUI ÉTAIT CE QUENTIN DERANQUE ? Le profil de la victime montre l’engagement d’un jeune activiste au service d’idées néo-nazies. Des témoignages, déjà repris dans certains médias, évoquent un militant issu d’une paroisse tradi-catho ultra-réactionnaire (St Georges), dirigée par un certain abbé Laurent Spriet, adepte de la Fraternité Saint Pie X. Quentin Deranque participait à des ratonnades racistes et à des défilés néo-nazis, comme celui dit « du 9 mai » à Paris, avec la fachosphère européenne. A son curriculum vitae s’ajoute une formation de base à Action Française, mouvement anti-républicain condamné à la Libération. Il a ensuite cofondé un groupuscule néo-fasciste berjallien dit « Allobroges Bourgoin », qui affectionne de défiler sous des drapeaux noirs à croix celte blanche.

Rien de tout cela, bien sûr, ne justifie sa mise à mort. Mais cela ne justifie pas davantage l’hommage solennel de l’Assemblée nationale, geste indécent, comparé à l’éternel silence de cette Assemblée à l’égard des nombreuses victimes des violences racistes et fascistes survenues ces dernières décennies.


LYON AUJOURD’HUI ET L’INACTION SUSPECTE DE LA POLICE


la belle lettre E sur leglob-journal

En un peu plus de vingt ans, la « capitale des Gaules » est devenue un laboratoire du suprématisme blanc. C’est aussi la ville choisie par Marion Maréchal-Le Pen pour implanter son école de formation. S’y agitent l’Action Française, des néo-fascistes, des résurgences identitaires, des royalistes et autres nostalgiques de Vichy, longtemps évoluant dans un entre-soi catholique traditionaliste, sous l’ombre d’un certain Philippe Barbarin.

En France, et singulièrement à Lyon, la fachosphère bénéficie d’une complaisance décomplexée des services de l’État. La police lyonnaise est infiltrée de longue date par des militants d’extrême droite, via un corporatisme syndical propice aux dérives et les déclarations gouvernementales attisent la haine contre LFI sans distance avec les thèses du RN. Le 12 février, les services de l’État étaient informés des risques d’affrontements violents en plusieurs points de la ville. L’absence policière interroge et la problématique n’est donc pas celle d’une conspiration, mais celle de rapports de forces, car les appareils d’État ne sont jamais socialement neutres.


A LYON, LA PRÉGNANCE D’UNE TERREUR FACHO-REAC


un belle lettre D sur eleglob-journal

Dans le Lyon « intra-muros » d’aujourd’hui, les services de renseignement d’État indiquent connaître les noms de plus de 500 activistes très impliqués dans la promotion de la peste brune. Les syndicalistes, et singulièrement les responsables et militants de l’Union départementale SUD 69 ne peuvent plus s’exprimer à visage découvert, ni en donnant leur nom dans les médias télé ou radios. Des dizaines d’autres militants, notamment ceux engagés dans les combats féministes ou antifascistes sont menacés de mort ou déjà agressés physiquement, dans le long cours d’une stratégie politique de la terreur.

Cet hyper activisme d’une gente lyonnaise blanche et « chrétienne dans la tradition », a pour obsession la « reconquête » du territoire local. Ils font tout leur possible pour empêcher l’installation de la moindre petite boutique d’un commerçant étranger. Les associations populaires, comme le planning familial, les syndicats de lutte et tout ce qui symbolise la république sociale est promis au bannissement, à la répression violente contre des locaux et sur des personnes. Tous les lieux possiblement loués ou achetés par les réseaux facho-compatibles le sont dans cet esprit d’entre soi ethno-centré. Pas de place pour les arabes et les non blancs, ni pour la gauche, on est chez nous, etc. Voilà pour l’ambiance lyonnaise qui ne semble pas déranger les sommets de l’État.


VIVE L’ANTIFASCISME, A BAS LE FASCISME ET SES SBIRES 


la belle lettre L sur leglob-journal

Le fascisme crée l’antifascisme et non le contraire. Il n’existerait nul groupe de défense contre les fascistes si n’existaient pas leurs attaques à la barre de fer et autres outils préférés. Le fascisme déteste le débat d’idées et la démocratie, il est intrinsèquement et explicitement violent, tandis que l’antifascisme en est le contraire. Les antifascistes défendent les partisans de la déclaration universelle des droits de l’Homme, avec ce que cela contient de projections pacifiques pour l’humanité.

L’antifascisme militant consiste d’abord à faire propagande contre les idées débiles, racistes et barbares de l’extrême droite, à commencer par le RN. Et cela réclame parfois hélas, de se placer physiquement en rempart protecteur pour empêcher les agressions contre des locaux, contre des foyers de travailleurs immigrés, contre des cortèges de manifestants, contre des films ou des expositions, etc. Toujours et maintenant, comme en des temps lointains, les organisations de gauche, associatives, syndicales, politiques, et les personnes “différentes” ont été et sont les victimes de ces attaques souvent mortelles.

Les antifa interviennent en support des services d’ordre traditionnels des organisations populaires, quand la violence extrême des fachos les submerge et surtout quand la police défaille par son absence. Il en va de la sécurité des personnes. Voilà pourquoi les cris de la meute réclamant de ficher “terroriste” les antifa comme l’a fait Trump aux USA, ou d’interdire LFI, sont d’intention liberticide et criminelle.

Ils veulent les mains libres pour attaquer sans entrave ce qu’ils qualifient “d’extrêmes”, c’est-à-dire tous ceux qui leur déplaisent ou les contredisent. L’action de la Jeune Garde à Lyon a fait fermer administrativement des locaux occupés par la fachosphère, soit autant de preuves de leur efficacité politique. Tous les antifascistes doivent être encouragés à persévérer en ce sens, partout et sans fléchir.

Quant aux meetings et conférences où s’expriment les dirigeants de LFI, ils sont protégés par un service d’ordre “maison”, formé et contrôlé par LFI en interne. C’était le cas à Sciences Po Lyon où s’exprimait Rima Hassan. La formation de ce service d’ordre efficace est basée sur la protection, l’empêchement du forçage et si nécessaire la neutralisation des individus, sans violence inutile. C’est une tâche militante exigeante et difficile compte tenu du comportement des nervis fascistes, toujours déterminés à faire mal aux personnes.

Dans tous les cas, ce qui est condamnable, d’abord, c’est le fascisme, mais en second lieu il faut dénoncer le comportement de l’État pour qui, ces agressions fascistes seraient à mettre sur le même plan que la jeune garde antifasciste. C’est une posture obscène, car il n’y a pas de trait égal à poser entre ceux qui défendent les idées néo nazies et ceux qui défendent la république sociale et l’idéal du socialisme. Admettre un tel amalgame revient à choisir hypocritement le camp du fascisme ; c’est précisément ce que font le Chef de l’État, le gouvernement et l’arc réactionnaire formé de Le Pen jusqu’à Glucksmann


DU PARTICULARISME LYONNAIS A LA GENERALITE DE LA SITUATION NATIONALE


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Tout ce qui précède s’inscrit et s’emboite même, dans un contexte plus général et caractérisable en trois points que nous formulons ainsi :

1° Le pouvoir exécutif et le bloc parlementaire dit « central » sont en perdition et sans légitimité populaire, faute de majorité stable.

2° La démocratie bourgeoise est grippée, car la constitution de la 5ème république est au bout du rouleau, ce dont le peuple prend peu à peu conscience.

3° La seule force à gauche, en état de former l’offre de rupture programmatique ainsi que l’agrégat en phase avec les revendications populaires est la gauche radicale LFI et rien ni personne d’autre.

Les rustines PS ou « centre gauche » sont durablement discréditées et l’hypothèse d’un mouvement fusionnel entre l’électorat PS et les naufragés de la macronie n’a de chance de prospérer qu’en dérivant sur sa droite. Toutes les nuances des sous-familles à droite sont absorbées une par une par le RN, comme un boa avale la souris. Pendant ce temps les écolos, outre les combats d’égos, se déchirent sur la question qui fâche quant à choisir entre jardinage assigné au capitalisme et démarche radicale de transition écologique.

Dans ce climat délétère où “l’extrême centre” a fait faillite, la seule perspective aux yeux de tous ceux qui ne sont pas dans le déni, quelle que soit leur orientation politique, se trouve dans le choix entre deux alternatives radicalement opposées. D’une part la fuite en avant de type « social-fasciste » ou de tendance autoritaire fascistoïde et d’autre part un sursaut populaire plus ou moins semblable à ce que propose LFI. Entre les deux RIEN, tout a déjà sévi et échoué.

Les puissances détentrices des clés du « grand capital » et leurs « laquais politiques » sont à l’œuvre pour sortir de cette situation, dans un sens uniquement conforme à leurs intérêts. Ils sont en train de tester le choix du chaos, de la peur et de la fuite en avant vers la première solution, redite du fameux « plutôt Hitler que le Front Populaire » et que chacun peut reformuler maintenant en « plutôt brun que rouge« . Voilà pourquoi ça va tanguer à gauche ; on va prendre des coups et ils vont tester nos capacités à riposter.


CE QUI SE JOUE A PRÉSENT EN TERMES DE RISQUES


La belle lettre C sur leglob

C’est manifestement dans cette posture de chiens de garde du capital que le Chef de l’État, le gouvernement et particulièrement les plus facho compatibles que sont Messieurs Darmanin et Nunez se sont impliqués, mobilisant ces derniers jours toute la médiacratie affidée. Ils s’y sont employés jusqu’à la caricature, usant d’une mauvaise foi sidérante, ciblant la France Insoumise et Rima Hassan, en les désignant instigateurs des violences.

À la faveur d’une intrigue à propos du groupe “jeune garde anti fasciste”, en procédure administrative de dissolution, les voilà qui s’en prennent à nouveau à Raphaël Arnaud, député LFI et créateur de ladite Jeune Garde, dont ils n’ont toujours pas digéré l’élection dans une circonscription d’Avignon en 2024, malgré le classement « fiché S » qu’ils lui avaient accolé.

Ce n’est pas seulement l’avenir du combat anti fasciste qui est en jeu, mais aussi la nature du régime politique sous lequel nos combats de classe vont continuer. Une poussée réactionnaire mondiale bouscule toutes les prétendues “démocraties occidentales”. En France cette ”croisade” teintée d’un certain obscurantisme est ourdie par les droites et relayée par le gouvernement, avec le concours d’une meute de médias affidés. Si cette offensive devait prospérer, on pourrait vite basculer dans une version plus autoritaire du régime monarco-présidentiel.

D’abord, la constitution de 1958 elle-même, notamment l’article 16, permet une sorte de coup de force présidentiel, façon bonapartiste, à condition d’un fort soutien, ce qui ne semble pas être le cas aujourd’hui. L’histoire comparée montre que les glissements autoritaires procèdent par paliers : restriction d’une liberté, interdiction ciblée, normalisation de l’exception. Nul ne peut affirmer que la France suivra ce chemin, mais nul ne peut exclure qu’un pouvoir fragilisé durcisse le régime pour préserver ses intérêts.

Il existe aussi la série d’interdits rendus possibles par les textes votés à l’été 2021 et l’intégration des dispositions d’exception relatives à l’état d’urgence. Encouragé par sa confiscation des législatives de 2024, non sanctionnée par le PS, le Président ne pourrait-il pas aller plus loin avant les prochains scrutins, en multipliant quelques « décisions chocs » ?

Est-il impensable qu’à la faveur d’une disposition exceptionnelle, le Président puisse entraver certaines candidatures, faire interdire des meetings ou empêcher les réunions publiques d’opposants, avant d’interdire les manifestations des “mauvaises” oppositions ? Le syndrome Erdogan ou Poutine est-il si inatteignable ? A ces questions, c’est à nous de répondre par nos propres ripostes.


NE PAS CÉDER AU DÉFAITISME, AVOIR L’ESPRIT DE CONTRE ATTAQUE POUR RENVERSER LA TABLE 


la belle lettre a sur leglob

Alors, calmons-nous, car de la coupe aux lèvres… On lit, on voit et on entend s’élargir le spectre des voix qui s’élèvent en pointant les responsabilités du gouvernement et de la fachosphère. Honneur à Sandrine Rousseau, courageuse face à la meute de France Info dimanche matin 15 février. Et puis il y a déjà les médias indépendants qui font un gros travail, comme L’Humanité, Le Monde Diplo, la presse syndicale et les chaînes libres sur YouTube.

Cette contre-offensive démocratique va grossir, forte de la vérité des faits présents et de l’Histoire. Cette prospective dynamique contraste avec les naufrages plus pathétiques que dramatiques, comme le énième bafouillement droitier d’une Raquel Garrido, égarée. Ou celui d’un François Ruffin refusant de choisir clairement le camp antifa, croyant malin de s’aligner sur sa droite, dans les pas d’un Raphaël Glucksmann.

Les réactionnaires pensent croire avoir notre peau en utilisant le cadavre martyr d’un de leurs nervis, mort à la tâche. Mais si le marigot réactionnaire s’agite autant contre la gauche radicale, c’est que ces gens ont peur. Ils paniquent devant l’amorce d’une dynamique inédite de LFI pour les municipales et déjà en piste pour la présidentielle.

Pour autant, l’offensive sera durablement violente et le “no passaran !” ne surgira pas d’une auto-programmation de l’histoire ; c’est affaire de comportement militant. Ce n’est pas en baissant les yeux ou en niant l’inévitabilité de l’affrontement que nous éteindrons l’incendie. Pas de place pour la mollesse ni l’aveuglement.

Si le camp de la réaction s’agite autant, c’est qu’il perçoit un danger pour ses positions. Les municipales, puis la présidentielle, cristallisent les inquiétudes des détenteurs du capital financier et des grands groupes médiatiques. Quand l’ordre économique est contesté au point de menacer sa domination, leur tentation est grande d’encadrer “le jeu” pour éteindre ce qui reste de démocratie. C’est là une récurrence historique du rapport de la bourgeoisie à la démocratie.

L’antifascisme vaincra, unitaire ou ne sera pas. Il sera politique, pacifique, non violent. Il s’exprimera dans le strict respect des règles de l’État de droit, y compris de contraintes perçues comme politiquement discutables. Cependant, que faire face à des agressions de l’extrême droite menaçant objectivement la sécurité des lieux et des personnes, dans des conditions où les services de sécurité publique défaillent ? Faut-il organiser sur place une protection passive ou périr sous les coups, et même renoncer à exister ? Aucun prétendu « antifa » ou « démocrate » ne peut esquiver cette question… ⬛


le slogan du Glob-journal

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