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deux maires (Michel Angot, Philippe Henry), une élue éconduite (Valérie Hayer), un député battu (Guillaume Chevrollier) et une sénatrice sortante (Élisabeth Doineau) : voilà le premier lot de candidats investis au cœur de l’été par trois formations politiques l’UDI, LREM et LR pour les Sénatoriales de septembre en Mayenne. Une élection avec un goût de déjà vu et qui échappe un peu plus encore aux électeurs lambda que celle de la Législative qui vient de se jouer, en raison de l’aspect censitaire du mode de désignation des candidats. Seuls, en effet, de « grands électeurs » peuvent « choisir » ceux qui siégeront au Palais du Luxembourg.

- Par Thomas H.

Si dans les villes de 9000 habitants et plus, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit pour voter à la Sénatoriale, dans les villes de plus de 30 000 habitants, il a fallu procéder à une désignation par vote de délégués que l’on qualifie de supplémentaires. Et parmi cet inventaire de noms voté (par exemple) en conseil municipal de Laval le 30 juin dans la liste emmenée par François Zocchetto, citons Céline de Vaissière, Cheffe de cabinet du maire François Zocchetto. Pourquoi aller chercher loin ce qu’on peut trouver tout près ?

Du côté suppléants, notons la présence d’Isabelle Rupin qui travaille à la Mairie de Laval, mais aussi comme journaliste à Radio Fidélité Mayenne et qui fut suppléante d’Olivier Richefou aux cantonales. Et puis celle d’Annabelle Morand, attachée de presse, chargée de communication à Laval agglo, et à la mairie de Laval ; cette proximité lui confère donc le droit de vote pour « choisir » un candidat adhoc. Sans parler des conjoints ou conjointes d‘élus désignés comme futurs votants comme par exemple Juliette Aubert, l’épouse du sénateur sortant.

« Du bon travail »

Cela dit Élisabeth Doineau, la sénatrice sortante, adoubée par Jean Arthuis qui avait laissé son fauteuil de sénateur et déclenché une élection partielle, avait été élue au premier tour en 2014 avec près de 65 % des voix. Elle remet ça en 2017. « Fidèle » à la Mayenne, la sénatrice sortante née à Nantes, s’est toujours déclarée « fidèle envers Jean Arthuis » ce qui a permis son élection. François Zocchetto le maire de Laval a estimé récemment sur leglob-journal en parlant d’elle qu’« Élisabeth Doineau a fait du bon travail, et le moment venu, ajoute-t-il, je la soutiendrai ! ».

Deux maires de « grandes » villes mayennaises sont candidats, celui de Château-Gontier et celui de Mayenne, la ville du nord du département. Ou plutôt sont à nouveau candidats. Là aussi un petit goût de déjà vu. Car l’UDI Philippe Henry (Château-Gontier) avait été approché en 2014 par son parti pour qu’il aille briguer le poste laissé vacant par Jean Arthuis, pour finalement renoncer, offrant ainsi ce qui avait été qualifié de « boulevard  » à Élisabeth Doineau. Philippe Henry avait expliqué pour justifier son retrait de la course vouloir se « consacrer pleinement au grand challenge de l’intercommunalité  ».

C’est l’épisode législatif de 2012 où Henry et Doineau s’étaient présentés tous les deux pour le même poste de député dans la seconde circonscription de Château-Gontier qui avait servi de leçon. Ce n’est pas dans la désunion que se forme la victoire, il suffit, plus près de nous de constater ce qui s’est passé dans la première circonscription de la Mayenne avec la présence de trois adjoints en lice face à Guillaume Garot. À l’époque déjà ce « couac » à l’UDI avait finalement permis de faire élire Guillaume Chevrollier, UMP à l’époque, LR maintenant. Ce dernier sera toutefois battu lors des dernières élections par Géraldine Bannier (LREM), une marcheuse MoDem.

Lire aussi : Législatives, l’important revers d’un vieux Marcheur de la politique

De l’autre côté de l’échiquier, Michel Angot qui aimait en 2011 se revendiquer « sans étiquette », est, ironie du sort, estampillé en 2017 LREM. En 2011, mis dans la case « divers gauche », il s’était déjà coltiné la campagne pour devenir sénateur. Sans être élu. Mais avec tout de même 40,36 % des voix. En 2011, il n’avait pas prévu d’être candidat comme il le confiait aux journalistes, mais il avait été convaincu qu’il pouvait - déjà peut-être un prémice de l’effet Macron - « rassembler au-delà de la gauche. » Cette fois-ci, avec LREM, il semble qu’il en a envie. Voilà pour les deux maires candidats, ceux de Mayenne et Château-Gontier.

En 2011, au PS, rappelons que face à Jean Arthuis et François Zocchetto, Jean-Christophe Boyer s‘était présenté. Depuis de l’eau a coulé à Laval sous les ponts de la rivière Mayenne, et Jean-Christophe Boyer s’est retiré de la vie politique. L’ex-maire de Laval avait obtenu 28,52 %. Mais il avait été noté au lendemain de la victoire d’Élisabeth Doineau que la gauche avait doublé ses scores par rapport au précédent scrutin de 2001. Ce qui paraissait encourageant pour les militants du PS. Six ans plus tard qu’en sera-t-il cette fois pour les candidats du Parti Socialiste qui a implosé nationalement et se trouve assez amoindri en Mayenne quand le « chamboule-tout » électoral des deux dernières élections, présidentielles et législatives, a fait son œuvre ?

Battu et toujours en lice

Guillaume Chevrollier est un député battu. Mais il devient candidat au Sénat. Est-ce un lot de consolation ? Et Guillaume Chevrollier (LR) saura-t-il mettre « à profit son expérience au service des élus et des collectivités du département  » comme l’a déclaré la fédération Les Républicains de la Mayenne ? Filloniste, sorti par Géraldine Bannier MoDem-LREM, que beaucoup ne connaissaient pas plus que cela dans le Paysage Politique départemental, Guillaume Chevrollier bénéficie manifestement de son statut d’ancien parlementaire. « Un recyclage » ont soulevé sur Twitter au moment de l’annonce officielle de son investiture des opposants politiques qui ne comprennent pas que l’on puisse le maintenir dans la course. « Sous perfusion électorale » après la perte de son fauteuil de député.

Une investiture qui échappe à Valérie Hayer et donc un fauteuil de député de perdu ? Pas de problème ! Pour cette femme proche de Jean Arthuis cette élection fait figure de roue de secours. La voilà qui caresse l’espoir de devenir sénatrice. Peut-on dire que Valérie Hayer est une candidate « société civile  » ? Un peu, même si elle est élue au département de la Mayenne sous la bannière de la majorité départementale d’Olivier Richefou qui cumule la présidence de l’assemblée départementale et celle de l’UDI 53. Le mandat de conseiller départemental ne s’expose pas autant, par exemple que celui de maire ou de député. L’action politique est plus collective et plus diffuse quand on siège au Département. Et donc, de fait, la candidate sonne plus comme une candidate « société civile ». Même si elle est dans le sérail.

Depuis janvier 2016, Valérie Hayer est employée comme attachée parlementaire européenne de Jean Arthuis pour « 1/5e de poste... » confiait dans leglob-journal l’ancien président du conseil général de la Mayenne. Avec cet emploi de collaboratrice parlementaire, attachée à l’ancien sénateur de la Mayenne devenu eurodéputé, on en oublierait presque son rôle de femme politique. Elle se présente sur son compte Twitter comme « Alliance centriste - En Marche ! ». Et du coup la voilà cette fois bel et bien investie LREM, officiellement et sans que l’investiture n’ait été remise en cause par le bon vouloir d’un homme politique, éphémère Garde des seaux du gouvernement Philippe et contraint à la démission. Reste maintenant le plus dur à effectuer. Car la « vague » En Marche ! post-présidentielle s’est éloignée, et il est venu à présent le temps du ressac et de la marée descendante.


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Publié le: 2 août 2017
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