Stade lavallois : un profond sentiment d’impuissance – Par E. J. Folliard

La saison du stade lavallois s’est donc terminée, il y a plus d’un mois sur un échec cuisant comme le présentaient nombres d’observateurs. La fameuse « ambition ligue 2 » brandie comme un étendard par le Président Philippe Jan, puis répétée comme un mantra au gré des épisodes tragicomiques qui ont émaillé la saison du club mayennais, s’est fracassée sur la réalité d’un championnat dont l’une des valeurs cardinales doit être l’humilité ; humilité qui semble depuis longtemps ne plus habiter les différents acteurs du club mayennais qu’ils soient joueurs, dirigeants ou actionnaires.

Le Stade, « ce club qu’on assassine »

Par E. J. Folliard


Si cet échec est gravissime pour l’avenir de l’équipe sportive phare de notre département puisqu’il se double d’une perte du statut professionnel, il aurait pu être moins douloureux s’il ne s’était pas accompagné d’une déliquescence morale jamais atteinte dans l’histoire pourtant longue du club.

En effet, la défaite en football est certes cruelle mais elle est le corollaire inévitable des victoires et le prix à payer de la glorieuse incertitude du sport. Le stade lavallois depuis plus de 115 ans a connu des heures de gloire qui resteront à jamais gravées dans nos cœurs, mais aussi des humiliations, des relégations et des jours noirs.

Malgré les matchs perdus et les saisons ratées, le club n’avait jamais abdiqué de ses valeurs, insufflées par des générations d’éducateurs dont Michel Le Milinaire reste la figure tutélaire, jusqu’à cette terrible saison 2018/2019.

Pourtant , dès son arrivée à la tête du club, après le passage désastreux de l’ancien président Christian Duraincie et la relégation du club en National, Philippe Jan avait fait de la reconquête des valeurs l’axe principal de sa politique. En deux ans, force est de constater que l’élève a définitivement dépassé le maître et que le nouveau président a relégué son prédécesseur très loin dans cette course folle que semble engager nos décideurs locaux dans la destruction quasi chirurgicale du stade lavallois.

« Un acteur de série B »

La nomination comme entraineur de François Ciccolini en début de saison par des dirigeants dont on pouvait imaginer que l’une de leurs premières qualités d’entrepreneur était la capacité à choisir les hommes, puis la gestion calamiteuse de ses débordements resteront à jamais comme le chef d’œuvre des membres du directoire.

Entre une mansuétude inexplicable vis-à-vis d’un homme qui avait définitivement quitté les sphères du football pour enfiler les habits d’un acteur de série B et une stratégie de non communication ubuesque, les dirigeants ont commencé à transformer ce pauvre stade lavallois en une auberge espagnole où la morale et l’éthique semble ne plus faire partie du bagage minimum nécessaire pour y séjourner. Et ainsi tout parti très vite à vau l’eau. Un bras d’honneur au public, une triste affaire de bizutage au sein des pensionnaires du centre de formation hébergés au Lycée Ambroise Paré, des joueurs de l’équipe réserve, elle aussi reléguée, se battant à entr’ eux…

Après cette saison dont il est difficile de trouver un réel motif de satisfaction pour les supporters mais aussi les partenaires, il convenait donc d’attendre patiemment le moment de l’inévitable bilan par les acteurs locaux de ce désastre. En effet, malgré le peu de capacité de nos élites mayennaises à se remettre en question, il semblait inenvisageable de continuer dans les mêmes conditions.

« Avec une prise de hauteur salvatrice »… – Image GoogleEarth

Sans demander la démission de quiconque ou céder aux sirènes du dégagisme, il paraissait nécessaire comme de vrais chefs d’entreprises que le président du directoire Philippe Jan, celui du conseil de surveillance Bruno Lucas et les actionnaires puissent en toute transparence s’exprimer sur les dysfonctionnements et tracer les contours d’un nouveau chapitre pour le club. Avec une prise de hauteur salvatrice. Ce type d’exercice pouvant se réaliser, par exemple, au travers d’une interview dans la presse locale ou d’une conférence de presse au siège du club. On pouvait même imaginer une réaction de nos politiques locaux si prompts à commenter chaque jour sur twitter leurs exploits et l’actualité mayennaise la plus insignifiante. Mais les jours passèrent puis les semaines sans aucune réaction, sans aucun signe…

« Un obscur comité théodule »

Et la vie du club continua donc, avec l’annonce du 8ème entraineur en 3 ans, la confirmation du sponsor short, la longue litanie du recrutement pour la saison prochaine avec ses conférences de presse au son inaudible où les joueurs viennent déclarer leur amour du maillot et leur adhésion au projet lavallois. Projet confié en début de saison à un obscur comité théodule baptisé pompeusement Pôle de compétence, et dont personne à ce jour n’a pu lire la première ligne.

Dans ce marasme général une seule décision radicale fut toutefois prise par la direction du club, en signifiant à quatre éducateurs (Bernard Mottais, Jean-Fabien Peslier, Sébastien Geusselin et Sébastien Moncé ) leur fin de contrat. Etrange purge stalinienne de la part de « patrons humanistes » où les petits payent pour les erreurs des puissants.

Alors face à ce mépris, à ce déni, à ce gâchis, à ce club qu’on assassine, un sentiment de révolte légitime pourrait parcourir tout un chacun qu’il soit supporteur ou simple observateur. Mais bien vite comme souvent face à cet immobilisme qui caractérise depuis trop longtemps notre ville et notre département, un profond sentiment d’impuissance remplace progressivement la colère. C’est certain, il n’y aura pas de coup d’éclat, ni de tables renversées, encore moins d’éditoriaux brulants ou de tribunes vindicatives, juste le silence, le silence pesant du temps qui passe… et qui chaque jour rapproche le club du vide… Ainsi va la vie en Mayenne et tant pis pour le stade lavallois.

Photo de Une © leglob-journal


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  1. Vous avez tout dit sur le naufrage du club. Supporter depuis 30 ans, je suis dégouté de la façon dont le club est géré. Le Stade meurt à petit feu malheureusement.

    1. si vous mr le jounaliste vous etes si fort prenez la présidence du club et à vous de gerer l amantable moi je suis bénévole d un club et s est des gens comme vous qui faite mal au petit club pour enrichire les gros moi j ai toujour été suportaire du stade lavalois et je fais ’40 km pour sest un lieu pour retrouver tous mes copin vive le stade!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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