330 000 € en Mayenne, la décidément très chère flamme olympique

Illustration du relais de la flamme olympique sur le site du COJOP Paris 2024
Illustration du Relais de la flamme olympique sur le site du COJOP Paris 2024

Payer pour la flamme, l’équivalent de 180 000 € au comité d’organisation des J.O. pour que le relais de la flamme olympique ne s’attarde qu’une petite journée dans le département de la Mayenne qui a choisi de l’accueillir. Comme pour les 64 Départements et territoires ultra-marins qui ont décidé de la voir passer. Mais sait-on tout du dispositif qui sera mis en place lors de son passage ?


Par Thomas H.


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Le journal La Topette, « journal local, populaire et indiscipliné« , basé à Angers et qui parait tous les deux mois, vient de consacrer un article sur la question où l’on apprend que dans le Maine-et-Loire son département de prédilection, « le coût total de la flamme s’élèvera à 530 000 € » . Une somme conséquente où « 350 000 € sont programmés pour les animations » qui seront menées le long du parcours en Anjou. « Une facture salée » analyse La Topette. Coté sécurité on apprend par La Topette que le ministre de l’Intérieur « a annoncé en janvier craindre que des collectifs « environnementalistes d’ultragauche » ne viennent gâcher la fête, un solide dispositif d’un million d’€ (…) » sera dédié à la sécurité .

« Plus de 200 gendarmes et policiers, dont le GIGN, seront mobilisés en continu lors des deux mois au cours desquels la flamme olympique traversera le pays. » , écrit encore le périodique angevin qui ajoute que « les communes concernées devront faire allégeance aux sponsors imposés par le comité d’organisation des J.O. Chaque communication relative à la flamme doit notamment mettre en avant le principal sponsor Coca-Cola. Des convois aux couleurs du célèbre soda mais aussi de Fuze Tea, une autre boisson de la multinationale américaine, accompagneront d’ailleurs le défilé (…) Devenue un symbole de la malbouffe, la marque incarne-t-elle bien les valeurs du sport et de l’olympisme ? » questionne le « Journal local, populaire et indiscipliné » . Il est un fait qu’au moment où des mesures éducatives et de Santé publique sont prises pour lutter contre l’obésité et les maladies cardio vasculaires qui en découlent, ce sponsor est-il bien raisonnable quand on sait qu’ « un verre de 250 ml de Coca‑Cola « regular » contient 27 grammes de sucre. » . Et des édulcorants (aspartame et acésulfame-K) dangereux à terme pour la santé dans le « light » et le « Coca Zéro »


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Le prologue du Relais « conclu par un concert Coca-Cola » – Capture écran COJO Paris 2024

« Ouvrons grand les Jeux » . En Mayenne, un chiffre fourchette total a été annoncé : entre « 450 000 et 480 000 €« , selon Olivier Richefou, avec une participation du Département « à hauteur d’un tiers, autour de 150 000 €, soit le prix d’une étape du Tour de France » insistait l’élu lors de la présentation des sites « iconiques » retenus en Mayenne. La flamme qui sera en Mayenne le 29 mai 2024 sera l’objet d’une implication des écoliers mayennais tout au long du parcours avec le soutien de l’Éducation Nationale en Mayenne, le tout sous la bannière de Coca Cola. La ville étape est Laval, mais le Comité d’organisation du relais de la Flamme olympique met en avant l’Espace Mayenne. Un édifice émanation du Département.

En février 2022, le principe de la flamme olympique traversant le département de la Mayenne avait été acté et l’idée avait provoqué des remous au sein de l’instance départementale. L’opposition était montée au créneau. Pour justifier son passage, Vincent Saulnier, un des vice-présidents d’Olivier Richefou avait avancé « le taux de licenciés de la Mayenne et [le] moyen de valoriser les territoires ». 180 000 € TTC, un tarif qui avait été qualifié par Vincent Saulnier de « raisonnable » et « échelonnable sur trois ans (…) Nous considérons que 180 000€, ce n’est pas une dépense, mais bien un investissement…  Elisabeth Doineau, la sénatrice de la Mayenne qui siège aussi au Département avait réagi. Pour elle « il s’agit d’une blague de faire payer la flamme qui pose les valeurs de l’olympisme et donc ne doit pas être une marchandise »...


« Raisonnable » et « échelonnable sur trois ans […] Nous considérons que 180 000€, ce n’est pas une dépense, mais bien un investissement… » – Vincent Saulnier


Quant aux élu-es d’opposition Pour la Mayenne écologique et solidaire, le coté « je décide seul » avait été jugé « très regrettable ». En séance publique ils avaient officiellement déclaré « À la place d’une décision unilatérale et sans concertation, un débat [aurait dû] avoir lieu avec l’ensemble des élus du Conseil départemental, au regard notamment de l’importance des montants qui engagent notre collectivité. ». Comme pour le bateau de Maxime Sorel.

« Le Relais de la Flamme Olympique et le Relais de la Flamme Paralympique de Paris 2024 seront les « Relais des Éclaireurs », Éclaireurs qui ouvriront la voie à la célébration en 2024, et mettront en lumière la beauté des patrimoines naturels et culturels français. » écrit le Comité olympique Paris 2024 sur son site.

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Olivier Richefou, président du conseil départemental de la Mayenne, Tony Estanguet, président de Paris 2024, et Vincent Saulnier, vice-président, ont acté l’accueil de la flamme olympique, en Mayenne, en 2024 – image COJOP Paris 2024

« On n’est pas dans une logique de gagner de l’argent, argumentait pour sa part au plus fort de la tourmente sur le prix à payer pour la flamme, Tony Estanguet dans L’Équipe. C’est une participation au coût, car les coûts qui sont générés par ce parcours du relais de la flamme sur trois mois sont beaucoup plus importants que la contribution qui est demandée aux départements. (…) Le prix n’a pas été fixé par Paris 2024, mais on a associé les associations d’élus et ces derniers ont trouvé que c’était un prix accessible à l’ensemble des territoires. » . Depuis et selon l’AFP, le Parquet national financier a ouvert une enquête sur la rémunération de Tony Estanguet, le président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024. Tony Estanguet a perçu une rémunération annuelle de 270 000 euros bruts jusqu’en 2020, selon des chiffres communiqués par le Cojop en 2018. ◼️


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