Halte à l’émission de « carbone suie » dans l’Agglo de Laval – Par Coline V.

bois image par alexa de pixabay
Chauffage au bois -Image par Alexa de Pixabay

A l’heure où l’on promeut les énergies renouvelables, le chauffage au bois qui est souvent présenté comme une alternative au fuel domestique et au chauffage au gaz peut être particulièrement émissif en polluants atmosphériques lorsque celui-ci s’effectue dans de mauvaises conditions. Notre contributrice Coline V. nous explique quelles sont les conséquences de l’utilisation de ce type de chauffage qui peut en apparence paraitre plus écologique.


Par Coline V.


Ces polluants constituent un véritable fléau pour notre santé, notamment celle des plus fragiles (personnes âgées, enfants, personnes asthmatiques). Ils aggravent les maladies chroniques (affections respiratoires, maladies cardiovasculaires, cancers…) et provoquent des irritations des muqueuses, des troubles cardiaques et du système nerveux, des maux de tête.

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« Ce phénomène est particulièrement probant sur Laval » , ici une façade noircie © leglob-journal.fr –

« Selon leur taille, les particules fines pénètrent plus ou moins profondément dans l’arbre pulmonaire et peuvent, à des concentrations relativement basses, irriter les voies respiratoires inférieures et altérer la fonction respiratoire dans son ensemble. Certaines particules ont des propriétés mutagènes et cancérigènes. Les effets de salissure des bâtiments et des monuments sont les atteintes les plus évidentes. Certaines particules fines, appelées « carbone suie », contribueraient au réchauffement climatique » indique Air Pays de la Loire, l’association en charge du suivi de la qualité de l’air. Ce phénomène de « carbone suie » est particulièrement probant sur Laval. Il ne se remarque pas tant dans d’autres villes, et notamment dans les métropoles où l’usage du bois est davantage réglementé.

En 2021 sur le territoire de Laval agglomération, l’utilisation de bois de chauffe a généré 84 tonnes de particules fines PM10, 78 tonnes de particules fines PM2.5, 171 tonnes de COVNM et 70 tonnes de Nox. Le Ministère de la Transition Écologique met de surcroit en avant qu’un feu brûlant durant 2h dans un foyer ouvert émet autant de particules fines qu’un trajet de 2000 kms avec un vieux véhicule diesel. L’air extérieur devient irrespirable en hiver et ne permet plus d’aérer les logements.


« Des Mayennais peu sensibilisés »


S’il est désormais obligatoire d’installer en France un appareil de chauffage labellisé Flamme Verte (à très bon rendement énergétique et peu générateur de polluants atmosphériques), cette obligation ne concerne pour autant que les nouveaux équipements et non les anciens. Si bien que la situation pourrait perdurer fort longtemps.

Certains territoires ont donc pris les devants, telle la Préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes, en ayant interdit l’utilisation de vieux modes de chauffage non performants dans certaines communes à compter du 1er avril 2023. Les propriétaires ont été invités à solliciter les aides de l’ANAH et des intercommunalités ont délibéré afin d’adosser des primes fonds air bois en complément (ex : Métropole de Lyon, Vienne Condrieu Agglomération, Communauté de communes du Pays de l’Ozon, Communauté de communes de Miribel et du Plateau…).

C’est un fait que la culture du bois est plus développée en Auvergne-Rhône-Alpes, tandis que la Mayenne a plutôt la plasturgie dans le sang. Les Mayennais sont relativement peu sensibilisés aux enjeux de santé environnementale. Un conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) rattaché au CHU d’Angers m’expliqua que cela était dû à l’absence de médecine préventive. Le CMEI était bien davantage mobilisé dans la partie sud des Pays de la Loire, sur la région nantaise, et n’intervenait que très rarement dans le département de la Mayenne, car pour cela, il aurait été nécessaire qu’un médecin le saisisse. Sans médecin – et notamment sans pneumo-pédiatre – il ne pouvait être mobilisé.

La situation est pour le moins paradoxale. Moins il y aura de médecins, plus il y aura de malades. Jusqu’à quand ? Ne serait-ce pas alors aux pouvoirs publics, Préfecture et intercommunalités en charge de l’animation des Plans climat air énergie et des OPAH, de veiller aux grains et de prendre les mesures qui s’imposent afin de protéger la population de cette fameuse « carbone suie » ? ◼️


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