Ceta – « un vote contre par solidarité » – Par Géraldine Bannier

Libre-échange – Le CETA qui vient d’être ratifié en France a tout de même été l’objet d’une contestation record dans la majorité d’Emmanuel Macron. L’Assemblée nationale a approuvé, mardi 23 juillet 2019, la ratification du très controversé traité de libre-échange entre l’UE et le Canada (Ceta), mais neuf députés LREM ont voté contre et 52 se sont abstenus. Parmi les votes contre en Mayenne, celui de Yannick Favennec (UDI), de Guillaume Garot (PS) et de la députée MoDem Géraldine Bannier.

Loin de l’abstention, le vote contre

Par Géraldine Bannier*


Par solidarité avec les éleveurs français pour lesquels le CETA est une mauvaise nouvelle du fait des coûts de production moindres au Canada, avec un impact mesuré par le CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales) de -1,7 % et – 4,8 % pour les secteurs de l’élevage de bétail et de la viande rouge, je fais le choix d’un vote contre.

Les normes sanitaires sont plus exigeantes en Union Européenne qu’au Canada ; pour la viande bovine ; c’est même une filière sans hormone et spécifique qui est et sera mise en place, et, de ce fait, il faudra un suivi très attentif et strict du comité pour protéger les filières sensibles de l’agriculture française.

Nos agriculteurs ont trop souvent subi les conséquences d’accords commerciaux qui ont abouti à l’importation de produits qui ont parfois occasionné des crises sanitaires dont ils ont été les premières victimes.

On a aussi besoin, pour les prochaines générations, d’accords qui prennent réellement en compte l’impact environnemental et n’amènent pas à déstabiliser les productions locales au profit de productions lointaines désormais dépourvues de sens… Il peut paraître paradoxal à l’heure où la loi Egalim inscrit pour la restauration scolaire l’obligation d’un approvisionnement de qualité, local ou issu de l’agriculture biologique de favoriser ainsi l’importation d’une production bien loin d’être locale…
C’est le sens du message que j’envoie via ce vote.

J’ai bien conscience de l’enjeu géopolitique de l’accord, du gain pour quelques secteurs, et de la profonde amitié qui nous lie au Canada. Soyons tout de même attentifs à nos éleveurs, qui souffrent parfois et à qui on demande toujours plus…


*Géraldine Bannier, députée MoDem de la Mayenne, a été élue dans le sillage de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron

© Photo Géraldine Bannier – En Mayenne, dans le jardin des parents

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