« Cette pandémie nous rend fous » – Par Henri Marteau

Liberté d'expression : illustration

Tribune

Par Henri Marteau


La belle lettre guillemet du Glob-journal

A-t-on encore le droit de se poser des questions, d’avoir des réserves par rapport aux choix des autorités, sans se faire insulter, sans se faire traiter d’égoïste, sans passer pour complotiste, voir d’extrême droite ?

Force est de constater que cette pandémie se caractérise par une fermeture inédite du débat public, une absence de véritable débat contradictoire et l’apparition de nouveaux phénomènes de censure.

Tout se passe comme si le discours du gouvernement et des autorités sanitaires ne pouvait souffrir d’aucune contradiction majeure, toute personne se risquant à énoncer des réserves étant renvoyée vers des catégories stigmatisantes dont la principale est le « complotisme ».


Des journalistes, policiers de la pensée


Alors que les journalistes patentés devraient être les premiers organisateurs de tels débats contradictoires, beaucoup se révèlent au contraire être devenus des sortes de policiers de la pensée traquant les alternatives proposées pour mieux les rejeter hors de l’espace légitime de discussion. Par exemple sur les plateaux de télévision, les scientifiques qui émettent des réserves vis à vis de la vaccination de masse, subissent des interviews à charge qui tournent à la corrida, tandis que les mêmes journalistes laissent sans les contredire, les médecins de plateaux dérouler leur argumentation. En effet, rien n’est plus étrange que ces flopées de médecins médiatiques souvent auréolés de leur titre de professeur ou de «chef de service» que les chaînes de télévision s’arrachent pour commenter l’actualité sanitaire sans qu’ils soient questionnés sur leurs éventuels liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique.

Dans l’ensemble, ils répètent tous à peu près la même chose, par exemple en balayant d’un revers de main les Traitements ambulatoires précoces proposés sans que les journalistes leur demandent d’argumenter scientifiquement sur quoi repose leur affirmation.

Quant à Internet et aux réseaux sociaux, ils accompagnent désormais pleinement ce mouvement de fermeture en suspendant les comptes de scientifiques émettant des réserves sur la vaccination de masse. C’est normal que les scientifiques aient des approches différentes sur la façon d’éradiquer la pandémie et il est de l’intérêt général qu’ils expriment leur point de vue afin d’avoir un avis éclairé. Par contre, que seuls ceux qui abondent dans le sens décidé par les autorités sanitaires puissent s’exprimer, cela s’appelle de la censure.


Le passe vaccinal méritait un vrai débat national


Le passe vaccinal, par rapport au passe sanitaire, n’a pas pour vocation à constituer une barrière supplémentaire contre la circulation du virus, puisque les personnes vaccinées peuvent être contaminées et devenir contagieuses contrairement aux personnes testées négatives, qui elles ne bénéficieront plus du pass sanitaire. La vaccination protège contre les formes graves et évite ainsi la réanimation et c’est tant mieux.

Cette pandémie a réveillé des sentiments peu glorieux, à savoir le besoin de trouver des coupables qu’on désigne à la vindicte populaire : les non-vaccinés. D’un côté il y a les acharnés de la vaccination de masse à tout prix. A leurs yeux, ceux qui émettent des réserves sont des complotistes. Et de l’autre côté, il y a les antivax jusqu’au-boutistes, à ne pas confondre avec les anti-passe vaccinal. Acharnés de la vaccination et antivax ont perdu le sens de la mesure.

En plus, sur quels critères scientifiques la Haute autorité de Santé a-t-elle donné son feu vert pour vacciner les enfants alors qu’ils risquent très rarement des formes graves ? Contrairement au pass sanitaire qui était limité dans le temps, le passe vaccinal est illimité. Une loi sera nécessaire pour l’abroger. Le délai de la troisième injection a été raccourci de six à trois mois. Et maintenant, il est question d’une quatrième injection ! Jusqu’où ira cette fuite en avant ? Car pour maintenir la validité du passe vaccinal, il faudra impérativement accepter le renouvellement des injections décidé par le gouvernement. Ainsi, au nom de la protection de la santé de tous, le doigt n’est-il pas mis dans l’engrenage de la surveillance de masse à la chinoise qui s’appelle le crédit social ? Car, qu’est-ce qui justifie que les décisions qui engagent notre santé soient prises en Conseil de défense, où tout ce qui se dit est classifié secret défense comme si nous étions en guerre ? Les trois députés mayennais ont-ils bien réfléchis avant de le voter ?

La vaccination est un outil, mais pas le seul. Interviewé par David Pujadas sur LCI, le Professeur Delfraissy, Président du Conseil scientifique a admis que la vaccination de masse protégeait à 90 % contre les formes graves, et c’est tant mieux, mais qu’elle ne suffira pas à éradiquer la pandémie, et qu’il ne savait pas combien de temps celle-ci perdurera (ici). A moins que celui-ci ait aussi à son tour sombré dans le complotisme ?

Rien n’est simple dans cette crise. Il n’y a pas de réponse évidente, pas de certitude qui tienne. Nul ne peut prétendre qu’il aurait forcément mieux fait que ceux qui sont actuellement aux manettes. Mais le rôle du politique et des grands médias, est justement de prendre en compte cette incertitude nouvelle et de permettre à la collectivité de traverser ces turbulences en ayant pour cap quelques principes fondamentaux.

Où est l’honneur du Président de la République qui, pour pousser à la vaccination stigmatise une partie de la population et fracture la société ? La stratégie du bouc-émissaire n’a rien à voir avec la science. Cette désignation sans précédent de «faux coupables» est politique.

Prenons garde. Ce qui se détruit sous nos yeux, c’est l’idée de vivre en communauté politique, la possibilité de se sentir un destin commun, qu’on peut discuter avec les autres. Bref, la démocratie est en train de s’effilocher. C’est quelque chose que nous pourrions payer cher dans quelques années quand nous aurons désappris à se comporter en citoyen et à vivre en démocratie, qui est un équilibre de droits et de devoirs.  » ◼


un des logos leglob-journal

Opinions, analyses, informations, investigations et podcasts en Mayenne