Clap de fin pour François Zocchetto qui tire sa déférence – Par Thomas H.

Une ! Dernière ! Comme on dit au cinéma … François Zocchetto s’est exprimé pour la dernière fois devant son conseil municipal à Laval. Égal à lui même, avant le scrutin des Municipales de Mars prochain qui va nécessairement rebattre les cartes. Le maire de Laval, pour encore quelques semaines, s‘est exprimé en fin de conseil municipal de Laval. Sa majorité lui a réservé une standing ovation.

Dernière apparition publique en conseil municipal

Par Thomas H.


Le maire s’en va. Il tire sa révérence. Il nous a habitué dans le milieu politique à ce respect, à cette distance en toute occasion, à cette déférence pour lui et pour les autres. Préférant aussi parfois, quand il le faut, esquiver gentiment plutôt que de vouloir ou devoir répondre à la sollicitation du journaliste.

Il s’est en allé, comme ça François Zocchetto, en tirant donc sa déférence. Comme il aura, finalement, conduit ses conseils municipaux. Sans jamais élever la voix. Sans trop montrer la voie non plus, tant il semblait, surtout les derniers temps dans une économie de parole.

Toujours mesuré, jamais avec un mot plus haut que l’autre, avec cette réserve naturelle qui frise la timidité du « premier communiant« . Une attitude presque toujours égale, même quand un conseiller municipal d’opposition, extrêmement à droite, utilise le micro pour déverser des tas de mots haineux et homophobes sur l’assemblée communale…

François Zocchetto, le maire de Laval, et l’ex-sénateur avec ses « 31 ans au service de la ville et plus largement la Mayenne » a remercié l’assemblée de la « confiance » qui lui a été accordée. Mais a-t-il ajouté, il faut passer à autre chose. « Savoir tourner la page ». Comme il a tourné apparemment celle à propos de l’« Affaire romaine » qui aura empoisonné sa fin de mandat. Une fin pour lui de mauvais film, où le personnage central est accusé, se défend mal et ne peut faire surgir sa vérité parce que celle qui l’accuse ne porte pas plainte… Mais que les Lavallois se rassurent, celui qui va redevenir un « simple citoyen » (il l’a redit devant son conseil municipal) continuera a habité sur Laval, « une ville où je suis né et que j’aime… ». Ceux qui l’apprécient pourront le croiser et continuer à le féliciter pour son action. les autres l’éviteront.

Lisant les mots qu’il avait préparés, François Zocchetto a dit qu’il avait mis comme point d’honneur, dans les six années qui se sont écoulées, à « dire ce qu’on va faire et faire ce qu’on a dit. Une vertu cardinale, à laquelle la municipalité s’est tenue » . Selon lui. Saluant tour à tour les agents de l’administration avec qui il a travaillé, ses fidèles élus de la majorité, et les représentants de « l’opposition qui sont aussi des élus », il a rappelé à ceux qui allaient être amenés à siéger après le 22 mars, que « l’action municipale, c’est l’art désirable des possibles ».

La « standing ovation » des élus de la majorité – © leglob-journal

Remettant en perspective le bilan de son action pendant les six ans à la tête de la municipalité, comme il l’avait fait plus longuement encore, à la Salle Polyvalente, lors de ses vœux devant des Lavallois acquis, il a porté son analyse sur le travail effectué par l’équipe, en estimant que « nous avons posé les bases de la ville du futur » dans une ville « agréable et solidaire ». Laval est une ville moyenne dans le concert « des villes moyennes qui prennent leur revanche avec le retour des villes humaines » a-t-il expliqué.

Conseillant les équipes qui prendront le relais, comme un vieux sage qui désire prendre de la distance, une posture qu’il semble se donner depuis son abandon de poste, il leur a dit : « Les élus devront penser la ville en construisant un récit avec les habitants. » Ne soyez pas hors-sol, leur a-t-il lancé en substance, en utilisant des sigles par exemple comme « PLUi », ou d’autres encore. Car derrière ces lettres se cachent des réalités et le jargonnage éloigne les élus des concitoyens…

« Concentrez-vous sur les projets plutôt que les petites phrases… » a-t-il ajouté enfin. Et puis philosophant et montrant pour une fois le cap, sauf quand il devait répondre aux remarques utiles de son opposition, François Zocchetto a, avant de rassembler ses feuilles à la manière d’un présentateur télé, esquisser ce sourire dont il sait ouvrir son visage, parfois, en public : « La ville n’est pas un débat technique… La ville, c’est un sujet humain »…


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