Dimanche : « un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront » – Par Claude Gourvil 🔓


C’est par ces mots, ceux du poème d’Aragon que Claude Gourvil imagine Dimanche, jour de vote à Laval. Après avoir été aux responsabilités comme adjoint à l’environnement sous Guillaume Garot, l‘écologique qui fut pressenti un temps pour conduire « une liste de gauche écologiste, regroupant, comme il l’écrit, un large éventail de sensibilités politiques et militantes » est à présent simple citoyen. Claude Gourvil pense à ce soir de deuxième tour. Mais pas n’importe comment : comme un dimanche, « un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront, comme un oiseau sur la plus haute branche ».

« Un jour de palme, un jour de feuillage au front »

Par Claude Gourvil


Sans regret, déposer le bât. Non qu’il blesse. Mais, contrairement à l’âne, l’homme a le choix.

J’ai eu la chance incroyable d’être Conseiller général de la Mayenne onze ans durant, Six ans adjoint au maire de Laval et Vice-Président de Laval Agglomération, puis… Six ans Conseiller municipal et Conseiller communautaire minoritaire.

Une chance, mais aussi une charge, un devoir qui ne vous quitte plus quand vous avez le goût du service.

Aujourd’hui, je me défai(x)s de ce poids.

Après avoir donné de moi-même au-delà du raisonnable dans la majorité lavalloise les six premières années, j’ai subi ensuite six ans pénibles dans la minorité. Très rapidement seul rescapé de l’exécutif précédent, j’ai eu tout loisir de concentrer les attaques de la majorité du centre et de la droite qui pratiquent goulûment la politique du rétroviseur au lieu de se projeter vers l’avenir. Sans parler des insultes systématiques, demeurées impunies, du représentant de l’extrême droite.

A celles et ceux qui me conseillaient de démissionner, je n’ai eu de cesse de répondre que je voulais aller au bout du contrat passé avec les électeurs, quelles qu’en soient les difficultés et les désagréments, pour porter leurs voix déposées dans les urnes un jour de vote. J’aime à penser « …un jour d’épaule nue… ».

De mon père décédé, un vrai gaulliste de droite qui aurait été communiste s’il n’avait pas été catholique, j’ai reçu le sens de l’honneur. Le respect de la parole donnée.

De ma mère décédée, j’ai reçu l’inconditionnel amour, l’odeur des cheveux et la bassine à confitures.

L’un comme l’autre ont façonné mon corps écologiste.

L’honneur, le respect du contrat, celui de la vie. « On emprunte la terre à nos enfants ». Nonobstant le chimérique acharnement à pinailler de la paternité de cette citation, elle doit nous guider.

Quant à la bassine à confitures, le don de cuivre posthume, il me dit l’accord aux saisons, l’attachement à la terre, le goût de faire, l’appétence au partage, à l’échange, l’invitation aux convives, le bon côté de la tartine. Être écologiste n’est pas une étiquette placardée, mais une concrétion de vie et de pensée, pétrie de contradictions quotidiennes qui peinent à l’équilibre.

Lorsque j’ai été sollicité pour mener une liste de gauche écologiste aux élections municipales de 2020, regroupant un large éventail de sensibilités politiques et militantes, j’ai refusé. D’abord de rage et de colère enfouie, car aucun merci n’est jamais venu de quiconque pour ces années passées à tenir la boutique de la gauche plurielle au Conseil municipal de Laval.

Puis par raison, car la société foisonne de talents qui ne demandent qu’à s’exprimer et de compétences au bord de l’éclosion, pourvu qu’on en organise les conditions. Et qui feront mieux, dans le renouveau. Ainsi, heureux de passer la main, j’ai activement participé à la liste « Laval Ecologique et Solidaire » menée par Isabelle Eymon pour le premier tour. #EymonLaval était notre devise et le résultat fut au rendez-vous.

Aujourd’hui en retrait, je soutiens la liste de fusion « Demain Laval Ensemble, Écologique et Solidaire » menée par Florian Bercault et secondée par Isabelle Eymon. Une rencontre à la hauteur.

Jamais jusqu’à présent, une telle liste plurielle, aux larges consonances économiques et sociales, n’avait eu en son cœur autant de valeurs et d’engagements écologistes, portées par les femmes et les hommes qui la composent, dans leur diversité, qu’il s’agisse du quotidien ou des enjeux mondiaux dont les collectivités locales doivent s’emparer.

Alors, sans regret et chargé d’espoirs, je dépose le bât et donne ma confiance vigilante. Pour « un jour couleur d’orange, un jour de palme, un jour de feuillage au front, un jour d’épaule nue… » Dimanche ◼


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