Ecole : une reprise en mode déconfinement qui masque la réalité, selon la FSU

« Les moyens du bord ». En Mayenne, la FSU et le SNU-Ipp, syndicats majoritaires dans les écoles du premier degré ont montré une colère froide et résignée au cours d’un point presse en visioconférence où les représentants des enseignants présents ont dressé le tableau plutôt gris de la reprise de l’école en mode déconfinement.

En souhaitant que le tableau gris passe au vert…

Pr Thomas H.


« 25 à 30 % des élèves seront à l’école ce jeudi 14 mai en Mayenne » annonce le Snu-Ipp qui regrette « la charge de travail trop lourde et angoissante pour les directeursrices ». En cause l’angoisse aussi des parents qui, sur la base du volontariat, n’ont pas voulu confier leurs enfants à l’école qui n’a donc plus, un temps, un caractère obligatoire, comme c’était le cas avant le Covid-19.

En cause aussi selon le syndicat, le discours officiel qui a créé le doute avec une « certaine impréparation et des injonctions contradictoires entretenues par des consignes données un jour et corrigées le lendemain » note Gérard Pigois, le secrétaire départemental de la FSU.

« Le calendrier de reprise a été précipité et je ne vous parle pas des 60 à 80 pages du Protocole rendu public le 4 mai seulement, pour une application le 11… » Pour Gérard Pigois, « une semaine seulement de préparation cela relève de l’infaisable. Nous n’avons pas pu consulter les avis du conseil d’école […] les conditions sanitaires ne sont pas entièrement requises…»

Les consignes du Protocole de l’Education nationale sont strictes et les enseignants ont à cœur de les mettre en oeuvre. Par exemple et pour que vous compreniez bien, outre la distance entre les bureaux des écoliers, les croisements réglementés dans les classes et les couloirs, les consignes « vont obliger les élèves à se laver les mains toutes les deux heures, soit huit fois par jour minimum… car il faut compter aussi les pause toilettes, et le lavage classique des mains avant et après le déjeuner… » a comptabilisé cette enseignante.

Pour la FSU et le Snu-Ipp « il y avait une vraie volonté de reprendre… mais ce n’est pas pour cela qu’il faut masquer la réalité« , lance le représentant départemental du syndicat.


Une situation confuse


Le Snu-ipp a fait une enquête en France qui montre que 70 % des écoles sont rouvertes, et que 60 % des conseils d’écoles, une instance pourtant obligatoire dans le code de l’Éducation, ne se sont pas tenus. Quant aux enseignants, ils sont, selon ce sondage national effectué par le syndicat majoritaire à l’école, pour les « 2/3 en présentiel et en distanciel en même temps. » Devant les élèves et présents aussi par le biais de la classe virtuelle.

A Laval, la situation apparaît un peu confuse. « Les écoles Michelet, Alain, Prévert, Kergomard et Dolto sont fermées jusqu’à nouvel ordre pour des raisons de sécurité. Décision de la mairie…» annonce une directrice d’école présente à la visioconférence. « Sans justification, rencherit Gérard Pigois, qui note le manque de transparence! Nous trouvons cela un peu cavalier de laisser des gens s’investir pour une reprise et de les laisser ensuite sans explication… ». Plusieurs dizaines d’élèves, [Le Snudi-FO parle lui officiellement de : « jusqu’à 80 enfants », NDLR] seront accueillis à l’Ecole Charles Perrault à Laval avec les élèves des personnels soignants, ou de ceux de la poste, etc. qui étaient déjà accueillis pendant le confinement, précise une des représentantes du Snu-Ipp.

« A Laval nous avions anticipé cette reprise en commandant des barrières, des bombes de peinture pour le traçage au sol pour la distanciation comme le préconise le Protocole de l’Education nationale, etc. ce soir on a toujours rien reçu : les enseignants ont donc fait avec les moyens du bord. »

Entre Laval et les communes alentours la FSU note ce qu’elle appelle simplement une différence. « Les agents qui sont appelés à nettoyer en plus de leur travail normal devront désinfecter aussi les poignées de portes, les montants des fenêtres et les surfaces qui ont été en contact avec les élèves et les enseignants, ne sont pas plus nombreux qu’avant, et elles (ce sont généralement que des femmes!) n’ont pas plus d’heure pour le faire… Il manque de moyens humains et de matériel pour mettre en place, encore une fois, correctement le Protocole... »

Pour Gérard Pigois, « si des mesures de sécurité ne sont pas assurées correctement nous jouerons notre rôle d’alerte! Et s’il le faut, conclue-t-il, nous encouragerons les personnels à l’application de leur droit de retrait… »


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