Ecoles et Covid – « Reporter la rentrée aurait été salutaire » selon la FSU 🔓

Dans le local de la FSA à la Maison des associations

Grève

Jeudi 13 Janvier, la CGT, FO, la FSU, Sud Solidaires et l’Unsa Education appelle à 11 H 30 à un rassemblement devant l’Inspection académique à la Cité adminsitrative. Dans le premier degré selon un sondage FSU, « 50 % des écoles devrait être fermées ». La FCPE appelle aussi à une « journée blanche » ce jour-là, mouvement national auquel se joint le syndicat des chefs d’établissement et les inspecteurs de l’Education national. Une premiere. Bref cela devrait faire du monde.

Mauvaise « pass » pour l’école

Par Thomas H.


La belle lettre i

Il faut dire que la gestion de la crise qualifiée de « chaos » par la FSU et le SNU-Ipp, fait des mécontents de toutes parts. Et de plus en plus. Enseignants, parents d’éleves, élèves et personnel d’éducation ont « peur« . Des enseignants craignent que « le système scolaire déjà cassé depuis des années par le ministre Blanquer, ne soit demantelé » commente la FSU et son pendant pour le premier degré le SNU-Ipp. Et ce n’est sans doute pas la rencontre avec le Préfet de la Mayenne qui devrait infléchir les syndicats. Un CHSCT déprtemental aura également lieu vendredi 14 janvier 2022 pour parler au fond de la situation sanitaire dans les écoles, collèges et lycées en Mayenne. Pour la FSU « la situation épidémique atteint des sommets de contamination. Le ministre de l’Education, lui, continue de faire le choix de maintenir les écoles ouvertes « quoi qu’il en coûte ».

Monsieur Blanquer allège les mesures protectrices, notamment sur les fermetures de classe et l’isolement des élèves, désorganisant totalement l’école, mettant les personnels, les élèves et leur famille en danger et les enseignant·es en souffrance professionnelle.« 

Cette journée, avec cet appel, risque donc d’être « historique » , tant la situation cristallise. « Le mouvement est assez inédit » et s’inscrit dans un mécontentement qui dure depuis des années, explique la FSU la fédération des syndicats d’enseignants en Mayenne et « l’absence de prévision concernant le dispositif à suivre » n’a fait qu’empirer la situation. En vacances de fin d’années, les enseignants n’ont été informés que la veille de la rentrée, c’est-à-dire le dimanche, « par le biais d’un journal national et en plus en accès payant ». Ce qui est a été considéré comme du « mépris supplémentaire »... Pourquoi des directives ministérielles arrivées si tard ? « Parce que le ministre voulait attendre le plus longtemps pour déclencher le protocole en fonction de l’évolution de la situation » avance le SNU-IPP.


Laurent Thoraval (FSU), Isabelle Sablé-Leroux et Morgane Kerleau-Béchu (Snu-Ipp) – © leglob-journal

Pourtant, « Reporter la rentrée scolaire d’une semaine aurait été la solution la plus efficace » estime avec lucidité la FSU en conférence de presse : « on demande à l’école de prendre en compte une situation de crise sanitaire qu’elle ne peut pas gérer faute de moyens« . Une directrice d’école sur Laval explique la « gestion très chronophage » que la crise sanitaire a sur les etablissements qui ne sont pas adaptés du tout à la situation.  » Des élèves sont testés cas contact et les parents doivent venir les rechercher, c’est une gestion faite de va et vient difficile et complexe, et mangeur de temps et d’énergie.  » Le tout avec « des masques que les enseignants achetent eux-mêmes«  .

Dans le second degré la situation n’est guère plus reluisante selon la FSU et le SNES. Le Lycée agricole de Laval « sera fermé à partir de mercredi 12 janvier 2022 pour une dizaine de jours. Sur 500 élèves, trente sont Covid, vendredi dernier, et 150 étaient cas contact. Fermé pour couper la chaîne de contamination… » avance Yoann Vignier qui apprend la nouvelle au cours de la conférence de presse. « A Mayenne, au Lycée Lavoisier, l’internat des filles a du être fermé une journée« , explique un autre enseignant du SNES prof de Maths, « sur les 700 élèves que compte le lycée 250 sont covid. Depuis la rentrée, on fait la classe pour en moyenne 13 élèves par cours au lieu de 32… »

Yoann Vigner (FSU) – © leglob-journal

« Fonctionner à demi-jauge n’est pas bon pour la continuité scolaire » estime la FSU, « la réforme Blanquer est déja anxiogène et avec la crise sanitaire, elle s’est accentuée. Les épreuves de spécialisation ont lieu au deux tiers de l’année, et deux de ces épreuves qui auront lieu en mars verront leurs résultats comptabilisés dans Parcoursup. La fonction pédagogique est rompue, et le contrôle continu au Bac, proné par le ministre, ne peut pas avoir lieu… » Le SNU-Ipp demande une « simplification du protocole, et qu’au premier cas positif, il y ait fermeture de la classe, comme c’était le cas avant les avacances de fin d’années. Et des masques FFP2 pour tous les agents, enseignants ou pas. » . Le syndicat demande des « moyens très concrets. Car la façon dont est gérée la situation fait exploser le système… et l’annulaion des évaluations de Janvier… » Pour Yoann Vignier « la scolarité pour beaucoup d’élèves a été très coupée depuis trois ans. Il y a eu des trous importants préjudiciables pour le Baccalauréat…« 


les drapeaux de la FSU et du Snu-ipp
Les logos de la FSU et du SNU-ipp remisés dans le local des syndicats avant les manifestations – © leglob-journal

La grève, les rassemblements et défilés seront donc le moyen de réclamer officiellement des capteurs de CO2 et des purificateurs d’air « en lieu et place de protocoles inaplicables » mais aussi, pour suppléer les absences d’enseignants « de postes statutaires par l’ouverture immédiate des listes complémentaires et non le recours à des retraités » . En Mayenne selon la FSU, des retraités de l’Education nationale avec derrière eux, pour certains jusqu’à « 19 ans d’ancienneté dans la retraite » auraient été contactés par l’Inspection d’académie, ce qui ferait des enseignants agés de 73 ans devant les élèves remarque perfidement le syndicat. Les syndicats qui appellent à descendre dans la rue pour se faire entendre officiellement réclament également, « des consignes et des directives claires de [la part] de l’administration. » ◼


un des logos leglob-journal

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