En Mayenne, l’incontournable EELV pour une liste face à la majorité Zocchetto

Après le retrait de Claude Gourvil, Europe Ecologie Les Verts (EELV) en Mayenne a dévoilé sa stratégie d’offensive sur l’écologie pour les Municipales. Autour de « propositions de fond et de partage des pouvoirs ». Pour les porter, un homme et une femme. EELV « a investi un binôme de chefs de file », Isabelle Eymon et Florent Durrey, pour dérouler une « parole collective et incarner [un] programme au conseil municipal [de Laval], quoique que donnent les discussions avec les différents partenaires », c’est-à-dire les différentes composantes de la gauche.

Une stratégie et un binôme écologistes

Par Thomas H.


« Nous sommes présents dans une dizaine de villes en Mayenne » lance Michel Perrier, le co-coordinateur du mouvement écologiste à la question d’un journaliste qui cherche à savoir, en début de conférence de presse quel est réellement le poids d’EELV dans le département. On ne saura non plus combien EELV compte d’adhérents en Mayenne.

Ce qui parait évident c’est que « le contexte est bien différent de 2014, car il y a une réelle appétence pour la chose écologique, pour avancer collectivement sur la question, d’ailleurs le collectif en général reprend du poids » ajoute-t-il. Le co-coordinateur avec Maël Rannou d’Europe Écologie Les Verts en Mayenne fait référence à l’association L’autre concertation qui a réussi à faire reculer le maire de Laval concernant le projet de rénovation de la place du 11 Novembre en centre ville. Avec un « verdissement de circonstance parce que justement François Zocchetto souhaite s’aligner électoralement sur le mouvement populaire qui porte l’écologie et le besoin d’environnement, lui qui n’a rien fait en ce sens pendant son mandat », analyse Michel Perrier qui ajoute : «Dommageable par exemple que la majorité ait renouvelé les 3/4 des bus en faisant appel au diesel…»

Un autre mode de gouvernance

Une stratégie et un binôme, parce que la parité c’est important et « parce qu’il n’était pas possible d’abandonner le terrain, même si le départ de Claude Gourvil est légitime ». Quoiqu’il en soit, il sera question de « vivre en équipe un autre mode de gouvernance pour porter un programme écologiste » que les écologistes ont bien l’intention de mettre en œuvre, en fait, ne plus jouer les utilités.

Michel Perrier se veut catégorique, « De toute façon, nous serons sur une liste ; si un accord est trouvé pour un rassemblement le plus large possible tant mieux, si non, nous serons là, EELV sera présent aux municipales de 2020 : il y a besoin d’une alternative à Laval. » Une liste autonome, c’est envisageable : les adhérents d’EELV 53 se sont prononcés pour un tiers d’entre eux, le reste allant à la liste de rassemblement à gauche. Ce qui est donc mis en oeuvre pour l’heure.

Michel Perrier, co-coordinateur de EELV en Mayenne – © leglob-journal

L’élection municipale est selon EELV couplée de façon formelle avec l’intercommunalité, car ils jugent « indispensable de lier les deux éléments et d’avoir un véritable projet global. » On ne peut en effet ignorer, expliquent-ils, quand on est candidat aux municipales, l’agglomération car « une grande partie des éléments structurants les villes passent par l’échelon communautaire ».

Les Verts en Mayenne proposent notamment de « partager le pouvoir et par là même redonner de la confiance ». A Laval-Agglo, les écologistes estiment, en effet, qu’il faut « changer le mode de gouvernance ». Le président de la collectivité territoriale ne doit pas forcément être le maire de Laval. Ils proposent de rompre avec cette logique. Ce doit être la fin de l’idée de « ville centre » qui avait fait débat un temps. « C’est une solution politique de gouvernance symbolique et d’ailleurs sur les intercommunalités, il faudrait aller sur le suffrage universel », ajoute l’ancien élu à la Région des Pays de la Loire et « ne plus désigner les conseillers communautaires ». Démocratie oblige. Changer sans pour autant opter pour une Présidence tournante.

« Nous devons mettre en œuvre un principe d’actions » avance Isabelle Eymon, 59 ans, qui siège depuis le 25 juin 2018 au conseil municipal de Laval. Et la professeure de français au collège Fernand Puech, – binôme avec son collègue Florent Durrey – , d’ajouter : « Nous mettrons en place par exemple des navettes pour les grands événements sur l’agglomération afin d’éviter autant que possible l’utilisation des voitures ». Le transport et la mobilité font d’ailleurs classiquement partis des trois propositions sur Laval et Laval-Agglo. Augmenter par exemple le nombre de dessertes des bus, et imposer la « gratuité des transports en commun pour tous le samedi », voilà pour les mesures les plus significatives : halte au tout route et haro sur la voiture génératrice de parking payant. Sans oublier au niveau des déchets ménagers la mise en place d’une tarification incitative ; autrement dit moins on dépose de déchets devant sa porte, moins la facture d’imposition est élevée. Plus de justice fiscale donc au niveau des poubelles…

Changer de paradigme

Sur la Ville de Laval, les Verts estiment aussi qu’il faut inverser la vapeur concernant chaque décision municipale. On ne devra plus se dire, après avoir pris une décision économique ou industrielle qu’est-ce qu’on peut faire maintenant pour l’environnement, mais bien au contraire partir de ce dernier et réfléchir à la mise en œuvre de procédés construits autour de l’écologie. Bref un vrai changement de paradigme.

Florent Durrey, porte parole avec Isabelle Eymon, de EELV 53 – © leglob-journal

Florent Durrey, 37 ans, qui est l’autre composante du binôme Vert mayennais avance la volonté d’une ville de Laval « apaisée ». Avant on parlait de « transports doux« . L’ingénieur « cycliste du quotidien » comme il se définit, avance qu’il faudra avoir une « nouvelle façon de penser la ville » où la « voiture doit être le dernier recours plutôt que la règle » pour « redonner la place de la nature en ville avec de vrais arbres pas des trucs en pots… ». Bref, sur Laval, il faudra développer les espaces verts qui font bien défaut. Quant aux assiettes des enfants dans les cantines, EELV a fixé dans les trois propositions que le parti écolo fait pour la ville, un « objectif 100 % bio ou de local [circuit court] dans la restauration scolaire. »

Voilà pour le catalogue. Reste après à convaincre. Les électeurs bien sûr, ce sont eux qui auront le dernier mot face aux urnes. Mais avant cela, les chefs de partis, ceux qui sont mandatés à discuter. Le PS, par exemple, est-il prêt à faire des compromis, lui qui a de plus en plus besoin de trouver des forces complémentaires pour combler son large déficit de voix accumulé au dernières présidentielles ? Les discussions vont bon train avec toutes les composants de la non-majorité à Laval selon EELV. L’art du compromis, c’est abandonner et composer. « Mais découpler le poste de Président de Laval-Agglo de celui de maire, je ne suis pas certain, avance Michel Perrier, que les socialistes soient franchement d’accord ».


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