François Zocchetto : « Je veux des élus qui travaillent, je ne cherche pas les étiquettes. »

Le maire sortant de Laval (Mayenne) a bien voulu répondre à nos questions. François Zocchetto (UDI) qui brigue un second mandat s’explique, sur la « liste de compétences » qu’il est en train de composer, l’alliance avec LREM, l’écologie qu’il veut impulser, le vélo et les transports dans une ville connectée, et concernant l’attractivité, la place de Laval dans la stratégie de communication du Département.

Grand entretien avec François Zocchetto

Par Thomas H.


Leglob-journal – François Zocchetto, vous voulez vous succéder à vous-même, est-ce une candidature de changement ou de continuité ?

François Zocchetto – Il est évident que je me présente en tenant compte des six années qui se sont écoulées. Donc ce n’est pas une candidature de rupture ; en revanche, c’est une candidature de renouvellement. D’abord de l’équipe, et comme vous l’avez écrit dans leglob-journal, il y a un certain nombre de conseillers, qui pour des raisons diverses, ne serait-ce que l’âge, la fatigue ou parfois pour des raisons personnelles ne repartiront pas. Ce que vous avez écrit, les noms que vous avez cités sont exacts… Donc renouveler l’équipe mais aussi le projet. Parce que 2020 ne ressemble pas à 2014. Nos concitoyens ne vivent pas de la même façon avec le numérique, les réseaux sociaux, et il y a eu aussi des changements sociétaux. La vie politique a changé, c’est le moins qu’on puisse dire.

Leglob-journal – Pourquoi vous êtes-vous déclaré si tôt ? Est-ce que c’est un signe d’inquiétude ?

Il n’y a pas de calcul, non ! Absolument pas. C’est parce qu’on me demandait de plus en plus et partout où j’allais si je me représentais. Et en plus, souvent, j’étais obligé de rassurer les gens, donc il m’a paru logique de donner le même niveau d’information à tout le monde.

Leglob-journal – Mais vous n’êtes pas inquiet par rapport a cette échéance électorale qui vous remet en danger ?

Toute élection est difficile… vous savez, il faut travailler… Je n’ai pas d’inquiétude, ce n’est pas de l’inquiétude, c’est de la lucidité. Chaque élection est une compétition et donc il faut faire les choses très sérieusement, il faut avoir une bonne équipe, un bon projet, un projet renouvelé et c’est ce à quoi on va s’attacher dans les semaines qui viennent.

L’hôtel de ville de Laval occupé par le maire sortant François Zocchetto – © leglob-journal

Leglob-journal – Vous avez dit « une liste de compétences », c’est fini le temps où l’on faisait en sorte que les partis politiques soient tous représentés dans la liste avec un savant équilibre?

Oui, cela a bien changé ! Certainement, en 2020, ce ne sera pas l’élection municipale où on verra des partis politiques agréger des représentants de partis dans les listes. Moi cela ne m’intéresse pas…

Leglob-journal – Ça ne vous intéresse plus…

Ça a changé de toute façon, et c’est vrai que moi aussi, j’ai changé ! Auparavant, j’étais parlementaire, beaucoup plus dans le jeu politique du parlement. Aujourd’hui ma seule ambition c’est Laval… Je suis à un moment où je n’ai pas d’autre préoccupation politique.

Leglob-journal – Cela veut dire que vous vous êtes repositionné sur votre ville, parce qu’ à un moment vous vous en étiez quand même un tout petit peu écarté, laissant à d’autres l’obligation d’agir à votre place…

Oui… vous savez quand j’ai choisi de lâcher le Sénat, c’était obligatoirement pour me recentrer, dans mes fonctions d’élu, exclusivement, sur Laval. Je ne suis pas conseiller départemental, ou conseiller régional comme d’autres…Moi, je ne suis que Laval…

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est ZocchettoCitationMunicipale4.png.

Leglob-journal – Et vous avez même abandonné votre duo avec Olivier Richefou dans le cabinet d’avocats que vous aviez fondé avec lui…

Vous savez très bien les raisons… C’est une étape…

Leglob-journal – C’est quoi les raisons, vous pouvez nous les rappeler ?

Il me semble que vous les connaissez, puisque vous les avez très bien écrites dans d’autres papiers.

Leglob-journal – Vous avez déclaré au Glob-journal quand vous avez scellé cet accord avec un cabinet d’avocats d’affaires parisien qui vous a recruté que « travailler sur Paris évite tout risque de conflit d’intérêt sur Laval ». Est-ce que c’était un moyen de prendre de la distance avec Olivier Richefou, le Président du Département ?

Il y a aucun problème avec le président du conseil départemental de la Mayenne. On travaille en bonne intelligence. Il y a de nombreux projets communs qui sont montés sur des sujets aussi variés, que la santé par exemple comme le Centre Henri Dunant.

D’ailleurs, quand je vais vous quitter, je vais aller au conseil départemental pour le comité de pilotage de cette structure… Deuxième exemple, c’est l’Espace Mayenne, mais je pourrais multiplier les exemples.

François Zocchetto, sur le pont, à deux pas de l’hôtel de ville- © leglob-journal

Leglob-journal – L’espace Mayenne, n’y-a-t-il pas un danger ? Vous risquez, en tant que Laval Agglo, d’avoir à gérer les déficits ?

Ce type d’équipement par nature est déficitaire. On s’efforcera qu’il le soit le moins possible, mais on le sait très bien…

Leglob-journal – Est-ce que ce n’est pas un moyen pour le Département de se défausser gentiment sur Laval Agglo ?

Non ! on ne peut pas dire cela. Le Département a investi plus de 35 millions dans L’espace Mayenne…C’est une belle opportunité pour l’agglomération de Laval…

Leglob-journal – Le collectif, nous l’avons écrit, il faut de plus en plus compter avec lui… Et justement L’Autre concertation a jeté un pavé dans la mare de votre projet de rénovation de la place du 11 Novembre au cœur de la ville, il y a beaucoup de Lavallois qui parlent de « rétropédalage » de votre part…

Non, ce n’est pas ça… C’est simplement que les critiques ont vu le jour, alors que l’intégralité du projet n’était pas encore dévoilée. Là ce soir (21 Octobre 2019) nous faisons un atelier qui était prévu de longue date, sur la place du vélo dans le centre-ville. Dans quelques semaines nous aurons un atelier du même type que ceux que nous avons fait sur la place elle-même, mais cet atelier aura pour thème les berges de la Mayenne et aménagement de l’espace entre le square de Boston, et la chambre de commerce et d’industrie. En fait, c’est un projet global. Simplement, certains se sont attachés, à l’approche des élections, à vouloir le découper pour des raisons politiques.

Leglob-journal – C’est de bonne guerre, non ?

Cela dit moi, j’écoute ce qui se dit, et tout le monde a droit à la parole dès lors que c’est pas uniquement dans un but électoral et politicien. Mais, il y a de vrais sujets. Quelle sera la place de la voiture sur une ville de taille moyenne comme Laval dans les vingt ou trente ans qui viennent ?

Leglob-journal – Alors, selon vous ?

Je n’ai pas la réponse !… Moi j’écoute… Je pense qu’il est illusoire d’imaginer qu’il n’y aura pas de mode de locomotion individuelle…Très vite, on peut avoir des voitures électriques, des voitures plus petites, pratiquer l’auto-partage… Dans un équipement souterrain, on peut aussi avoir des parkings à vélos : on manque de parking à vélos… On peut avoir une station de réparation de vélos… Aujourd’hui, c’est le vélo. Maintenant, c’est des vélos à assistance électrique. Qui vous dit que demain, dans cinq ans, cela ne soit pas autre chose, d’autres modes de locomotion.

Leglob-journal – La gratuité des bus, vous y pensez?

Cela n’est pas aussi simple que cela. Vous savez… En tout cas, on a besoin d’avoir un espace pour accueillir des modes de transport pour les gens qui viennent en centre-ville. Le centre-ville ne doit pas être un hyper-centre réservé à quelques personnes qui y habitent…

Un des très nombreux arrêts de bus en centre-ville – © leglob-journal

Leglob-journal – Parlons de Saint-Julien, si vous le voulez bien, situé dans le centre de Laval sur un des rives de la Mayenne en face de la place du 11 novembre. Est-ce qu’il n’y a pas un risque de ghettoïser cet espace ?

Non je ne le crois pas… Là, je pense qu’il y a une option très politique, là aussi … Saint-Julien s’écroulait, mes prédécesseurs avaient laissé ce bâtiment emblématique de la ville en jachère. Nous nous avons pris les choses en mains et nous avons trouvé une solution qui permet de ré-introduire du logement en centre-ville pour tous les âges. Pour des jeunes, pour des enfants, des seniors, pour des familles. Je pense que c’est un très bon projet qui permet de faire revivre le patrimoine.

Leglob-journal – Malgré tout, il n’y a pas eu de débat public au sein du conseil municipal sur ce projet, est-ce que vous le regrettez ?

Si, il y a eu un vrai débat. Avec la majorité, nous sommes revenu sur la proposition de la municipalité précédente qui avait mis en avant un projet qui n’était pas chiffré.

Leglob-journal – Comment vous appréhendez votre opposition actuellement ?

D’abord il y a plusieurs oppositions. Parce que, il ne faut pas oublier, qu’il y a le Rassemblement National et que l’extrême droite est présente aussi au conseil municipal de Laval. Ensuite, c’est très difficile de s’y retrouver entre les écologistes purs et durs, le communiste qui siège, qui est toujours là même si il a quitté Laval pour Rennes, et puis il y a quelques membres du Parti socialiste. Ils se retrouvent plus ou moins bien dans la structure actuelle. C’est vrai qu’il n’y a pas d’homogénéité… De l’autre coté, euh… notre équipe, celle de la majorité municipale est très large : tout le monde ne partage pas les mêmes valeurs sur des sujets nationaux. Mais le sujet, – et c’est comme cela que nous avons fait pendant ces six ans et c’est comme cela que je veux continuer si je suis réélu -, c’est de travailler des projets concrets pour Laval, sans ostracisme, sans sectarisme, en cherchant ce qu’il y a de mieux pour les Lavallois.

Portraits d’anciens maires de Laval dans le hall de l’hôtel de ville – © leglob-journal

Leglob-journal – Quelle est la tête de liste dont vous rêvez en face de vous ? Quel pourrait être son profil ?

Ce n’est pas à moi de choisir les adversaires… J’en connais déjà un, c’est Monsieur Cadenas… [Tête de liste du RN à Laval, NDLR].

Leglob-journal – Oui, mais à part celui-ci ?

[Silence.]

Leglob-journal – Et celui-là, il vous inquiète ?

Hé bien, il représente….

Leglob-journal – Une force sur Laval ?

Non… c’est une inquiétude qui est plus globale : qu’une partie de la population sur des critères parfois objectifs puisse être tenter de suivre des idées qui pour moi ne me conviennent pas du tout. Mais, c’est une approche de politique nationale. Monsieur Cadenas ne s’intéresse pas vraiment au sujets locaux. Lui ce qu’il veut, c’est promouvoir l’étiquette Rassemblement National et Marine Le Pen.

Leglob-journal – Et EELV, vous semblent-ils une menace, parce qu’ils ont fait un très bon score sur Laval aux Européennes ?

Là, cela ne m’inquiète pas sur le fond…

Leglob-journal – Mais cela vous interpelle ?

Oui, vous pouvez remarquez que je suis toujours très attentif aux interventions d’EELV. D’abord parce qu’ils ont un rôle d’aiguillon, et que c’est utile, et deuxièmement, dès lors qu’ils restent dans la mesure et qu’ils ont conscience de ce qui est faisable et pas faisable, ils ont des positions que j’écoute avec attention… Et d’ailleurs, dans la politique que je mène à la ville, il y a des idées qui ont été émises par des écologistes, parfois en tant que précurseurs.

Mais il n’y a pas de monopole de l’écologie aujourd’hui. C’est heureux d’ailleurs : c’est très heureux cette évolution. Il ne faut pas s’en offusquer. C’est une bonne chose aujourd’hui que de plus en plus de personnes notamment les jeunes soient conscients de la nécessité de vivre autrement, même si il reste de grands paradoxes. Parce que j’ai écouté une émission qui disait que le numérique était le plus grand consommateur d’énergie, de carbone, de métaux rares et que cela posait de très gros problèmes. Le streaming, c’est l’activité la plus consommatrice d’énergie aujourd’hui…

Leglob-journal – Une liste de compétences, vous nous disiez tout à l’heure, est-ce que l’ouverture pourrait aller jusqu’à des écologistes bien placés en position éligible ?

Je suis très ouvert, mais je ne pense pas que cela soit dans leurs intentions. Mais ça peut arriver… Moi, si jamais quelqu’un fait une proposition, je l’étudie, pas par calcul, mais si je pense que cela peut être utile et si il y a moyen de travailler ensemble… Pourquoi pas. Maintenant, on peut aussi travailler ensemble sans être sur la même liste. Au conseil municipal, vous savez la plupart des délibérations sont fort heureusement votées à l’unanimité. Ou avec une très large majorité.

Laval et son palindrome – © leglob-journal

Leglob-journal – Avec une cogestion à l’arrière en commissions ?

Non, il n’y a pas de cogestion… C’est comme cela en ce moment. Mais, moi j’écoute ce que dit Monsieur Gourvil que je connais depuis très très longtemps…

Leglob-journal – Y a-t-il d’autres possibilités pour composer cette liste ? Je pense aux Marcheurs par exemple ? Nous savons que vous avez scellé un accord avec LREM 53 et que vous avez de très nombreux contacts réguliers avec Vincent d’Agostino un des marcheurs de l’équipe lavalloise. Comment cela va se passer ?

Je ne peux pas dire encore, mais déjà dans l’équipe actuelle, il y a des adhérents de la République en Manche. Il y a en a plusieurs. Avec En Marche ! Ce n’est pas une addition de partis politiques, ça n’a rien à voir avec l’approche « parti politique ». Simplement, il y a des adhérents d’En Marche ! qui sont venus me voir, c’est vrai… c’est ce que j’appelle le renouvellement, et cela permettra d’avoir des idées nouvelles, et des têtes nouvelles.

Leglob-journal – Leglob-journal a révélé récemment que James Charbonnier le président d’Emmaüs 53 pourrait entrer sur votre liste, vous l’avez contacté en ce sens… Je pense aussi à une autre personne qui pourrait être le président d’une association qui cherche à gommer les différences, La Gom53 à Laval… Est-ce que cela vous paraît possible ?

Je vois que vous connaissez, semble-t-il, très bien mon emploi du temps…[Sourires] C’est vrai que je les rencontre régulièrement. Mais pour la GOM 53, pour le moment, cela n’a jamais été évoqué. Mais tout le monde a vocation… mais pour le moment, cela n’a pas été évoqué, pour être très transparent. La liste sera dévoilée en Janvier.

Elle sera le reflet du projet. Dans les cent jours qui viennent nous allons travailler sur le projet. Avec des ateliers qui pour le moment se font par réseaux, par exemple sur la Smart-City, les transports en commun, sur la place du vélo, la gratuité des transports, l’école et les modes de garde des enfants, l’habitat, ou bien comment construire la ville…Il y a un foisonnement d’idées qui va se faire à travers ces ateliers. Nous irons ensuite vers les Lavallois à travers cinq réunions publiques en décembre pour peaufiner le projet. Et puis parallèlement à cela, sur le site internet, nous recueillerons les avis. La transition énergétique, la question de la sécurité, – il ne faut pas l’oublier – et l’attractivité pour faire rayonner Laval. Nous avons de nombreux emplois non-pourvus à Laval.

Une séance de l’Agglomération de Laval avant la fusion avec la communauté de communes du Pays de Loiron – © leglob-journal

Leglob-journal – Vous regrettez que des personnes qui ne sont pas de votre bord politique mais qui ont de fortes compétences ne puissent pas vous rejoindre en raison du clivage gauche-droite qui existe bel et bien, même si on veut nous faire croire qu’il n’existe plus ?

Le clivage gauche-droite existe pour les élections nationales. Ce serait illusoire de vouloir gommer le rôle des partis politiques dans le fonctionnement par exemple de l’Assemblée Nationale. Pour la vie municipale, c’est très différent. Le électeurs ont le droit de savoir quelles sont les convictions du maire, quelles sont ses valeurs… Pour moi, c’est clair, c’est le centre droit depuis toujours… Mais je n’ai aucune difficulté à travailler avec des personnes qui ont fait un parcours, à un certain moment, plutôt à gauche. Les municipales, c’est du concret, on se retrousse les manches et on se respecte. Les six dernières années ont montré qu’on a travaillé en bonne intelligence dès lors qu’on est au service des Lavallois et non au service de ses propres idées, en excluant les autres. L’objectif, c’est d’avoir des élus qui travaillent, je ne cherche pas les étiquettes.

Leglob-journal – Vous insistez, manifestement, sur la place de l’écologie dans la gestion de la ville. Est-ce que vous êtes pour la circulation alternée des voitures, certains jours, en fonction des immatriculations paires ou impaires ?

A Laval on n’en est pas là … Ça se fait à Londres ou à Rome… Peut-être qu’on y arrivera, mais pour le moment, on n’ en est pas là…Vous savez, beaucoup d’outils nouveaux apparaissent pour gérer les flux… Les flux de personnes, de vélos et de voitures en ville. On peut miser sur ce qu’on appelle la Smart-city, la ville intelligente, pour avoir des moyens numériques pour optimiser l’utilisation de l’espace que ce soit pour circuler ou pour stationner. Aujourd’hui l’espace public est mal affecté.

Leglob-journal – En 2014, quand vous êtes arrivez vous vouliez Réveiller Laval… Pour quelle raison ce déficit d’image de Laval ?

Les Lavallois sont par nature discrets. Quand vous avez depuis toujours entendu dire que vous habitez dans une ville de taille moyenne, que le Rennais vous regardent de haut, que les Angevins aussi, que les Nantais ne vous regardent pas du tout car ils ne savent même pas où est Laval…Ça marque les esprits. Et nous devons en permanence nous faire violence et nous battre pour dire que Laval est une ville qui est agréable… Cela vient de là.

Leglob-journal – Diriez-vous que Laval est suffisamment mise en valeur dans la stratégie de communication du Département pour tenter de développer l’attractivité ?

Le Département sait très bien qu’il ne peut pas exister sans Laval, donc, il fait passer une partie de sa politique de communication par Laval, moi ça me convient…

Leglob-journal – Suffisamment ?

On peut encore faire plus… mais c’est pas simple pour le Département de concilier l’image rurale avec une ville dynamique et moderne.

Leglob-journal – Le bateau V ans B, c’est Mayenne, ce n’est pas Laval…

Oui vous avez raison. Nous ne sommes pas présent dans cette communication-là…

Leglob-journal – Le parc Grand ouest de Laval : 150 hectares, 52 millions d’euros… Gourmand en terre agricole et en euros…Décidé il y a 13 ans, est-il vraiment encore nécessaire au moment ou l’on parle justement de transition écologique…?

Oui ! C’est une nécessité ce parc. Nous n’avons aucune possibilité aujourd’hui d’accueillir des implantations industrielles importantes parce qu’il n’y a plus de foncier disponible. Donc ce parc est nécessaire. Un territoire comme Laval Agglo ne peut pas vivre qu’avec des personnes en retraite et qui ne travaillent pas. Il faut bien qu’il y ait des activités et qu’on puisse les localiser. Le Parc Grand Ouest sera conçu avec les normes actuelles et pas en référence au passé. En essayant d’optimiser l’occupation des sols, parce qu’il n’est pas question d’aller chercher du foncier agricole. On en a consommé trop ces dernières années.

A proximité du futur Parc du grand ouest dit aussi Parc d’Argentré et Bonchamp-lès-Laval – © leglob-journal

Leglob-journal – Vous avez dépensé, sur les 52 millions prévus pour ce Parc grand ouest, plus de 16 millions d’euros en terres agricoles, c’est énorme, non?

Oui… enfin ce n’est pas moi, ce sont mes prédécesseurs…

Leglob-journal – Un parc d’activités, il en existe déjà un à Vaiges, installé depuis des années et qui ne fonctionne pas bien…

Oui, mais ce n’est pas l’Agglo de Laval…

Leglob-journal – Mais c’est le dans le département, non?…

Le Parc grand ouest est dans l’Agglo de Laval. Vaiges se développera aussi… (sourires) Mais, c’est une autre histoire… Parallèlement vous pourrez observer qu’on a arrêté les acquisitions de foncier ça et là autour de Laval et nous faisons revenir les activités tertiaires dans le centre ville, c’est tout le sens de l’aménagement du quartier de la gare. Cela veut dire qu’il faut accepter des immeubles plus hauts parfois ; c’est le sens de l’histoire.

Leglob-journal – Francois Zocchetto, vous resterez Président de Laval Agglo, si vous êtes élu maire de Laval ?

Ah oui, je le dis clairement aujourd’hui. Il y a tellement de mutualisations, d’enchevêtrements de services, mais au bon sens du terme, que je pense qu’il est difficile d’exercer la fonction de maire de Laval si on n’est pas , en même temps, président de l’Agglo et inversement.

Leglob-journal – Donc à cinq mois de l’élection, vous êtes confiant ?

Non je travaille…

Leglob-journal – Vous ne dites pas que vous êtes confiant?

Oui, parce que je sais que seul le travail peut permettre d’être reconnu, compris et de gagner les élections… Ce que je veux dire, c’est que je suis motivé, ça c’est sûr…

Leglob-journal – Beaucoup plus que lorsque vous étiez sénateur ?

Oui… j’ai… ( hésitations). Vous savez, souvent on dit que la fonction de maire, c’est celle dans laquelle on s’implique le plus, c’est vrai. Vous êtes en contact permanent avec vos concitoyens, avec plein de gens et aussi avec des personnes qui sont dans le besoin et des personnes qui souffrent…C’est passionnant…. Vous savez, ce n’est un secret pour personne que j’aime Laval. Je n’ai pas besoin de me forcer.

Ils ont commenté cet article :

  1. Leglob-journal écrit régulièrement que Le parc de Vaiges est un échec et qu’il reste vide. En bon journal d’investigation, il aurait pu prendre le renseignement auprès de son nouveau gestionnaire (communauté de communes des Coevrons). Il aurait ainsi appris qu’une enquête publique se termine pour finaliser l’installation d’une usine du plus gros groupe volailler de France et que les autres terrains sont presque tous vendus … d’où peut-être le petit sourire de François Zoccheto, qui sait cela (Le groupe s’interrogeait pour une installation sur LAVAL Agglo). Je vous concède volontiers que ce parc était un bel exemple de zone vide mais pour des raisons qui avaient plus à voir avec son mode de gestion qu’avec la pertinence de son emplacement.
    Cordialement, Joël Balandraud, président de la 3C

    1. Merci pour ces précisions…
      Pour réaliser enquêtes et investigations, encore faut-il que les interlocuteurs que leglob-journal appelle ou souhaite interroger osent répondre aux sollicitations…Cordialement,
      Thomas H.

  2. Double discours.
    S’agissant du parc du Grand Ouest d’Argentré-Bonchamp, la réponse de François Zocchetto a au moins le mérite d’être claire : l’environnement ne sera pas sa priorité, contrairement à ce qu’il raconte partout. Mais il est vrai que son rapport à l’écologie tient surtout à ses relations amicales avec un certain Jean-Vincent Placé… De même, nous ignorons toujours quelles entreprises sont susceptibles de s’installer dans cette future zone. Mystère… Tout ceci est d’autant plus inquiétant que le premier coup de pelleteuse pourrait être donné dès 2020, c’est-à-dire demain.

Commenter cet article