Historique : LREM propulse la première femme élue députée en Mayenne

lettreebig2-14.jpgEn Mayenne, deux sortants sur trois n’ont pas été ce qu’on appelle des « sortis » et sont réélus. Pas de réel « système de nettoyage » donc, la politique en Mayenne aurait encore des vertus stabilisatrices. En tout cas, le résultat est tombé ! Comme un couperet pour certains. Coupant une tête pourtant bien assise là, balayant des velléités de pouvoir et les repoussant à plus tard pour d’autres. En Mayenne, les Législatives 2017 ont fait émerger Géraldine Bannier, devenant la première femme députée élue dans le département.

Par Thomas H.


Sec et sans appel. Pas possible de refaire le match ou bien de revenir en arrière. Les jeux sont faits. Guillaume Chevrollier (LR) dans la deuxième circonscription est éliminé (45,22 %). Quelques 3144 voix de plus pour Géraldine Bannier (54,78 %), MoDem et propulsée par le parti de François Bayrou, mais bien investie La République En Marche. La voilà officiellement sur les escaliers de l’Assemblée Nationale, et pour l’heure en Préfecture, tout sourire. À peine le score définitif connu, le directeur de Cabinet du Préfet lui remet une lettre à l’entête du Palais Bourbon.

Yannick Favennec (UDI) jubile sans doute intérieurement sur ses terres du Nord ; lui qui est largement réélu pour la 4ème fois avec 61,53 % des voix.

Béatrice Mottier représentante En Marche ! dans la première, elle, est distancée par Guillaume Garot réélu pour la 3ème fois avec 61,23 %. Loin devant, l’ancien ministre et promoteur de la Loi anti-gaspillage fait même mieux qu’en 2012. Des larmes auraient salué l’amère défaite de la représentante officielle de LREM Béatrice Mottier qui aurait anticipé son échec très tôt ce dimanche en raison de la forte abstention.

legissecondtouchevrolliercitation.jpgPourtant, il ne faut pas trop montrer la défaite de la majorité départementale. Une défaite et une seule victoire, celle de Yannick Favennec qui entame donc son quatrième mandat. «  quinze ans, cela aurait suffit » estime Josselin Chouzy (LREM) qui est très fairplay, salue la victoire de Favennec et reconnaît sa défaite face au sortant qu’il a contraint à un second tour. Reconnaissant aussi ses 160 voix d’avance sur la ville de Mayenne, Josselin Chouzy pense déjà à «l’étape deux». « Il faut créer une dynamique et je ne ferme pas la porte des municipales  ». Une seule victoire en Mayenne pour la majorité départementale? Alors on relativise du coté du président du Département Olivier Richefou :« la Mayenne n’a élu aucun LREM  » considérant que Géraldine Bannier est avant tout une MoDem.

L’étiquette En Marche ! a pourtant fonctionné au moins dans cette deuxième circonscription, celle de Château-Gontier. La première femme élue députée en Mayenne depuis l’avènement de la Veme République se dit émue « je mesure le poids de la responsabilité. J’ai beaucoup de respect pour Guillaume Chevrollier ».

Pour Géraldine Bannier, pas d’effet « dégagisme » qui aurait joué en la défaveur du député sortant. Y compris en Mayenne, l’effet Macron conjugué à « l’effet d’usure » que leglob-journal pressentait au soir du premier tour a pourtant joué. Bravo monsieur le Président ! La Mayenne pourra donner du « Madame la députée » comme Géraldine Bannier souhaite qu’on l’appelle. Mais « sur le terrain, explique-t-elle, ce sera toujours Géraldine  » .

Guillaume Chevrollier, le député sortant et battu
Guillaume Chevrollier, le député sortant et battu

 

Le premier de ses actes? « S’attaquer aux avantages des élus…et répondre à la demande des citoyens  »  tout en arrêtant le « procès » qui existe entre ces derniers et les élus. Guillaume Chevrollier sorti. « C’est une défaite dit-il, mais mes convictions restent intactes. Je ne vais pas disparaître de la scène politique locale, surtout pas un 18 juin ! » me lance-t-il en souriant et en regardant son smartphone.

 

Il analyse sa défaite, « Non! mes convictions, mon approche Sens commun et Mariage pour tous, tout ça na pas joué. Je crois que c’est l’expérience du mandat unique que j’ai testé en Mayenne qui m’a joué des tours, pas assez de visibilité et de communication ».

Des élections qui ne sont plus aussi simples que par le passé analyse Olivier Richefou. Celui qui préside le Département de la Mayenne regarde la télé installée dans la grande salle de la Préfecture de la Mayenne : on parle de l’ancien garde de sceaux de François Hollande, Jean-Jacques Urvoas qui est battu. Sorti. « Un homme très bien et pourtant qui n’est pas réélu… » soupire Olivier Richefou.

Pourquoi? Sans doute à cause de l’entrée insidieuse dans les têtes des électeurs, du « dégagisme ». Prôné par le candidat de la France Insoumise à la Présidentielle; instillé aussi par un FN, qui n’a pas cessé de dire, mais d’une autre façon, qu’il fallait faire table rase. Provoqué aussi par une droite engluée dans les affaires depuis longtemps et accentué aussi par l’affaire Fillon, ce qui a nui considérablement à la candidate LR-UDI en Mayenne Samia Soultani-Vigneron « sortie » elle aussi de la course face à Guillaume Garot. Téléguidé aussi indirectement ce «dégagisme» par un Parti Socialiste qui n’a pas tenu compte, pendant son dernier mandat, de l’évolution de la société française, plus exigeante et revendicatrice. Moins complaisante aussi vis-à-vis des élus.