Il y a eu un avant. Y aura-t-il un après? – Par ceux qui écrivent dans leglob-journal

Le « monde d’après » : comment le voient-ils ? Et comment l’imaginent-ils ? Et d’abord le souhaitent-ils? Et puis estiment-ils que tout sera comme avant? Leglob-journal a lancé ces interrogations à des auteurs, réguliers ou pas, qui écrivent dans ses colonnes et qui y ont répondu. Voici les meilleurs extraits de leur réflexion compilés dans un article. Parce que s’exprimer sur le monde comme il doit changer, c’est déjà faire preuve de plus de liberté...

Et pour vous après ? Vous avez une idée ?

Par des contributeurs du Glob-journal


Lorsque que les guillemets sont nécessaires on parle alors de Verbatim parce qu'il s'agit de citation

« Le monde d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant » avait déclaré solennellement le Président dans son discours le 16 mars 2020 qui restera dans les annales. « Sachons […] nous réinventer ; et moi le premier » avait-il ajouté. Alors, le « monde d’après », comment le voit le Président Macron qui va s’exprimer à nouveau à la télé?

Pourtant titrait Les Echos, il n’y a pas si longtemps, Le gouvernement commence à faire le tri dans la réforme des retraites. Le quotidien ajoutait : « Emmanuel Macron veut mettre en oeuvre une partie de la réforme à demi votée. Dans l’immédiat, le gouvernement soutient une proposition de loi communiste qui reprend la promesse d’une pension minimum plus élevée pour les agriculteurs. D’autres volets sont à l’étude, avec la question de la fin des régimes spéciaux notamment. »

Alors que les Français demandent la prise en charge d’un changement d’orientation, certains dossiers clivant d’avant refont surface, même s’ils sont amendés. Et les aides financière de masse nous renvoient à ce qui avait été mis en place après la crise des subprimes qui avait « impacté » le monde globalisé y compris la « vieille Europe ». Alors rien ne doit changer pour que tout change? Il y a pourtant des pistes à explorer.

Pour Geoffrey Begon, «  La consultation sur « le monde d’après » pointe un plébiscite en faveur de l’écologie politique. C’est un désaveu cinglant pour celles et ceux qui se sont tant complu à légitimer le régime de surexploitation des Hommes et de la planète dans lequel nous nous trouvons. Désormais muets quant aux origines sociales et environnementales de la crise, les idéologues de bazar promeuvent le retour à ce qu’ils nomment les « jours heureux » – autrement dit, la croissance à tout prix.

De fait, l’être humain est aujourd’hui coupé en deux entre d’une part ses aspirations à un monde plus juste, vivable, résilient… et d’autre part la nécessité, pour remplir ses besoins fondamentaux, de prendre place dans un monde du travail écocidaire. Pour sortir de ce piège, il faut d’urgence réévaluer la seule proposition politique nouvelle issue de la dernière campagne présidentielle : celle d’un revenu universel d’existence. »


Des images choquantes


« D’abord deux images qui m’ont le plus frappé durant le confinement, nous écrit pour sa part Henri Marteau. New-York, première place financière du monde, a enterré une partie de ses morts dans des fosses communes, comme pendant la peste noire au moyen âge, sauf que les camions ont remplacé les charrettes à cheval ! En Lombardie, les convois de camions militaires transportant les cercueils car les services funéraires étaient débordés !

Ensuite, l’instrumentalisation de la médecine révélée par l’hystérie anti-hydroxychloroquine. Cette molécule entrée dans le domaine public et donc peu coûteuse irrite le lobby pharmaceutique dont la mise au point d’un éventuel vaccin pour un potentiel de sept milliards d’humains à vacciner représente un enjeu financier colossal. Pour trancher définitivement la controverse, pourquoi la bureaucratie administrative médicale qui est responsable du fiasco sanitaire, refuse-t-elle en plus de conduire une étude randomisée pour évaluer le protocole de traitement préconisé par le Professeur Didier Raoult qui coûte 14 Euros ?

Enfin, comme on ne fabrique pas de vin nouveau avec de la vieille piquette, il ne faut jamais faire confiance à ceux qui ont provoqué les problèmes pour nous sortir de ces mêmes problèmes.

Après cette crise sanitaire, un tsunami social nous attend. Hors, ce sont justement les grandes crises qui font avancer l’histoire en nous obligeant à trouver des nouveaux chemins, à sortir des sentiers battus. Comme à la Libération, les Résistants ne voulaient pas revenir à la société d’avant-guerre, inégalitaire et brutale, une fois le pays libéré. Ils appliquèrent alors le Programme du Conseil National de la Résistance en mettant en place des projets audacieux et en faisant preuve d’imagination.

Si nous voulons que le monde d’après Covid-19 ne ressemble pas à celui d’avant, c’est à nous qu’il appartient d’écrire l’histoire en sortant de nos vieilles lunes et en licenciant les équipes qui nous ont conduit dans cette situation.»


Un choc salutaire


Pour Nicolas Chomel cette crise considérée comme un choc planétaire peut avoir des effets bénéfiques. Il nous dit  : « Emmanuel Todd écrivait dans la conclusion de son dernier livre, Les luttes de classes en France au XXIème siècle (Le Seuil, janvier 2020) : « Un choc externe…serait pourtant pour nous la meilleure chose du monde. La société française serait confrontée à de sérieuses difficultés économiques et sociales de réadaptation, à un défi… Rien de tel qu’une épreuve pour forger à nouveau une nation et la relancer dans l’histoire ». Il ne pensait pas qu’alors que son livre sortait de l’imprimerie, le choc en question se préparait.

La crise sanitaire étant passée, il est probable que la crise économique suive et derrière elle la crise sociale et politique. Ce qui paraît certain c’est que le changement ne viendra pas de ce gouvernement, tant la classe dominante qu’il représente et sert, est accrochée à ce que capitalisme survive à cette épreuve et que les affaires reprennent. Il va donc se crisper et accentuer son penchant autoritaire. Et plus le pouvoir se durcira, plus la colère populaire sera forte et déterminée. Nous nous orientons sans doute vers un nouveau bras de fer social. »

Le monde d’après ?…C’est pour E.J. Folliard qui n’y croit pas « une si furtive illusion » Il joute : « Il convient de l’avouer, j’ai aimé les quinze premiers jours de confinement qui me paraissent déjà bien loin. Ce temps révolu où face à un virus inconnu l’humanité a acceptée sa part de fragilité, ses peurs, ses doutes et pouvait enfin admettre de ne pas tout savoir.

Il y avait à l’évidence matière à s’interroger individuellement ou collectivement sur notre manière de fonctionner, sur le sens de notre existence ou le monde qui nous entoure. Il y avait certainement aussi quelques choses à construire pour l’après. « Rien ne sera plus jamais comme avant », tel était alors le slogan à la mode.

Mais bien vite ce « monde d’après » est devenu une illusion, juste un élément de langage pour que chacun puisse recycler ses vieilles recettes, celles qu’ils convient d’imposer à l’autre sans débat préalable pour son bien ou celui de l’humanité. Un trop plein de tweets, de tribunes, de pétitions, de cahiers de doléances et si peu d’humilité. Une obsolescence programmée de la pensée. Le monde d’après fut une furtive illusion qui ne dura que quinze jours mais c’est déjà ça de gagné…me direz vous! ». Pessimisme réaliste.

« Un jour d’après ? » préfère questionner Michel Perrier qui utilise Jour au lieu de monde… Il écrit : « Pendant ce confinement collectif, nombreux sont ceux qui ont rêvé à des lendemains enchanteurs. Moins de profits, plus de soins. Moins d’artificialisation, plus de nature. Moins de bling-bling, plus de sobriété. Moins d’individualisme, plus de coopération… La liste serait longue des envies exprimées.

Aujourd’hui, tout recommence comme « avant » : le gouvernement relance, le chômage augmente, des milliards deviennent disponibles pour l’aéronautique et l’automobile, les riches ne seront pas mis à contribution, et le climat attendra encore…

Plus que jamais, avec tous ceux qui le souhaitent et se mobilisent, les écologistes veulent un monde soutenable et désirable. Certes, tout n’est pas possible en un jour, mais il est suicidaire de vouloir poursuivre le même mode de vie, destructeur et inégal. Beaucoup l’ont compris avec la crise sanitaire. L’urgence me paraît de redonner du sens, cette boussole humaine qui nous permettra d’avancer. »

Et pour Henri Boudin, il n’y a pas à tortiller : « il faut faire un conseil national pour une nouvelle résistance… Nous y travaillons. » envoie-t-il simplement à la rédaction du Glob-journal.


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