Isabelle Eymon : première femme à la tête d’une liste emmenée par EELV à Laval

Une femme à la tête de la liste Laval, Écologiste et Solidaire. Florent Durrey laisse la place de numéro un à Isabelle Eymon, jusque-là, numéro deux. Un changement qui intervient après un vote qui a placé la conseillère municipal d’opposition (EELV) en pôle position. Pour elle un « ajustement » qui s’opère, deux mois après le lancement officiel de ce collectif issu de l’Appel du 14 juillet 2019 rassemblant EELV, la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), Génération-s, le PCF et le PRG-Le Centre Gauche.

Une femme à la tête d’une liste à Laval…

Par Thomas H.


Florent Durrey bouleverse donc le bon ordonnancement de la liste qui reste conduite par EELV. Pour des raisons personnelles et familiales, il préfère lâcher le gouvernail. Il faut dire qu’il faut avoir bon pied bon œil pour se lancer dans une campagne et avec ses trois enfants en bas âge, – le plus jeune a quatre ans et les jumeaux seulement quatre mois .

 » Ce n’est pas simple… » avance Florent Durrey. Ils ont du mal à lui laisser une nuit de sommeil à part entière. Alors bien évidemment, ça coince. « Tête de liste, c’est un engagement qui est très prenant, je pensais que c’était faisable, mais ce n’est pas raisonnable ; j’ai donc décidé de laisser la suite à quelqu’un d’autre… » explique-t-il. Et ce quelqu’un d’autre, c’est Isabelle Eymon, 59 ans, conseillère municipale d’opposition, depuis juin 2018, qui devient la première femme à la tête d’une liste aux municipales sur Laval.

Ce changement? C’est un « ajustement » comme Isabelle Eymon le définit. Peut-être aussi une manifestation de ce qui avait été avancé en octobre 2019 lors de la première présentation à la presse du collectif : la volonté de« vivre en équipe un autre mode de gouvernance pour porter un programme écologiste ».

Deux candidats et un vote

C’est par un vote qui s’est tenu jeudi soir (12 Décembre 2019) que le changement est apparu au collectif. Un vote qui a départagé deux candidats. Isabelle Eymon et Adrien Deparis pressenti lui aussi. Selon nos informations, il y avait d’autres possibilités, mais encore fallait-il qu’elles soient décidées à se jeter dans la bataille…

Isabelle Eymon (manifestation du 5 décembre 2019) aux cotés de Claude Gourvil, un temps été approché pour conduire une liste de plus grand rassemblement – © leglob-journal

Enseignante en lettres classiques, avec trois grands enfants, Isabelle Eymon est actuellement en poste au Collège Fernand Puech mais elle a passé trente ans de sa carrière au Lycée Ambroise Paré à Laval. En prenant la parole, elle insiste d’emblée sur les deux adjectifs de la liste : « Écologiste et solidaire » puis raconte ses engagements au service des autres, l’accès culturel pour les élèves, l’Afrique où elle a vécu à quand elle avait douze ans quand son père était en poste au Sénégal. « On apprend très vite ce qu’est l’aisance, le superflu, l’indispensable et ce qui manque… » A la question soulevée par mon confrère de Ouest France sur « l’affaire romaine » concernant François Zocchetto, elle estime que « cet abus de pouvoir, en position dominante, est une ignominie..

« les femmes remontent dans la liste »

Derrière la tête de liste (EELV), il y aura donc Adrien Deparis (L’Autre Concertation), Camille Pétron (PCF), Patrice Morin (Societé civile). Nadège Davoust est cinquième. Pas de jeu de taquet entre l’ex-numéro un et la nouvelle tête de liste. « Ma position sur la liste n’est pas encore définie, avance Florent Durrey. Le collectif m’a dit que je prendrais, au moment voulu, la place que je voudrais… » Il ajoute concernant cet « ajustement » de la liste qu’il s’agit en fait selon lui « d’un geste qui est coûteux… »

« Aujourd’hui, il faut faire front autour de la tête de liste » avance Patrice Morin qui rappelle en aparté, après le point presse, que le collectif « c’est un agrégat de cinq partis politiques ». Sous entendu peut-être qu’il fallait trouver la perle rare qui pouvait faire consensus et qui soit encartée. C’est fait.

Une femme tête de liste dans le concert politique lavallois. C’est nouveau et l’instar « des nouvelles têtes qui apparaissent localement en politique, avait déclaré Isabelle Eymon, ajoutant c’est rafraîchissant… ».

« C’est plutôt pas mal, une femme » lance Camille Pétron et ça les fait remonter dans la liste! » ajoute-t-elle avec un grand sourire. C’est vrai que c’est plutôt novateur. A la fois dans la campagne électorale actuelle sur Laval et dans l’objectif affiché par le collectif de diriger une ville de 50 000 habitants. Reste qu’il faudra, aussi et surtout, et doublement à Laval, réussir à convaincre…


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