Jean-Michel Cadenas – « mon domaine d’expertise : maintien de l’ordre et sécurité »

Municipales – Cinquième et dernière liste en présence à Laval. Après Didier Pillon, Florian Bercault, Isabelle Eymon, Martine Amelin, voici « Laval en avant » du Rassemblement national conduite par Jean-Michel Cadenas. Cet ancien militaire de carrière de 66 ans est entré au Front national en 1972, pratiquement en même temps qu’il s’engageait dans l’armée pour finir « lieutenant-colonel honoraire ». Dans cette élection, « Nous allons tirer notre épingle du jeu » estime sur leglob-journal. Jean-Michel Cadenas qui prévoit, pour le second tour, une triangulaire.

Grand Entretien avec Jean-Michel Cadenas

Par Thomas H.


Leglob-journal : Première question, Jean -Michel Cadenas votre liste a-t-elle été validée par la préfecture de la Mayenne ?

Oui absolument. Elle est validée dans le sens ou j’ai reçu un avis définitif quelques jours après le dépôt de ma liste. J’ai été invité au tirage au sort des panneaux officiels, et l’enregistrement a été fait en Préfecture conformément à la loi.

Leglob-journal : Pourtant un agent de la ville s’y trouve. N’y-a-t-il pas un problème d’inéligibilité et un problème de droit de réserve de la part d’un agent municipal à être candidat sur une liste électorale?

Jean-Michel Cadenas : Écoutez, le garçon dont vous parlez est contractuel et il pourra très bien démissionner en cas d’élection, cela ne pose aucun problème…

Leglob-journal : Il est contractuel et donc agent municipal jusqu’au 30 juin…

Oui, mais ce qui est important, c’est que la loi lui permet d’être candidat. En cas d’élection, effectivement il devra choisir. Et pendant la campagne, il ne prendra pas la parole. J’assure moi-même les opérations de communication.

Leglob-journal : Vous n’avez pas diffusé de photo complète de votre liste…pour quelles raisons?

Pour des raisons de commodité, il y a des gens qui travaillent et qui ne veulent pas être vu. Vous savez nous ne sommes pas les seuls… Produire des photos de liste complète ne fait pas partie des obligations, même si c’est dans la tradition…

Leglob-journal : Et pour l’instant, vos électeurs devraient juger à l’aveugle sans savoir totalement qui est autour de vous…

On ne se détermine pas sur la mine des gens. L’habit ne fait pas le moine. On est élu sur un programme et les échanges dans les débats électoraux. C’est là-dessus que vont se fonder les électeurs.

Leglob-journal : Parlez-nous de vous, vous êtes un ancien militaire. Vous avez toujours milité au FN ?
Jean-Michel Cadenas – « 36 ans de service en milieu hostile » et candidat à Laval

Depuis 1972, oui… J’étais jeune élève à Laval et je me suis engagé en 1972 à la Caserne Corbineau et ensuite j’ai fait une carrière complète. Ça n’a jamais posé de problème dans ma carrière d’être Front National car c’est discret, les militaires sont des citoyens comme les autres. Et pas question de se présenter aux élections. J’ai terminé lieutenant-colonel honoraire. Je suis président des anciens combattants parachutistes de la Mayenne. J’ai un peu plus de dix ans de missions extérieures. J’ai fait 36 ans de service. J’ai beaucoup vécu en Afrique. J’ai créé la garde présidentielle du Président Hassan Gouled à Djibouti, et des unités d’interventions au Tchad.

Pendant mes années au service de la France, j’ai fait cinq ans de Yougoslavie après la guerre, j’ai été conseillé des trois ministres de l’intérieur de la République serbe de Bosnie, de la fédération croate musulmane de Bosnie-Herzégovine, du gouvernement fédéral de Sarajevo…

L’idée, c’était de remettre debout l’autorité après la guerre. Je suis rentré de Sarajevo en Mai 2005 et je suis actuellement lieutenant-colonel honoraire.

Leglob-journal : Etes-vous, à votre avis, ce qu’on peut appeler un des exemples vivants de cette « dédiabolisation » voulue par le parti de Marine Le Pen ?

La meilleure manière de dédiaboliser, c’est de présenter une image correcte. Dans le physique et dans l’être. Et puis être parfaitement au courant des dossiers que l’on veut traiter. L’image, c’est toujours vos ennemis qui s’en chargent…

Leglob-journal : Puisque vous parlez d’image, pourquoi ne pas avoir choisi Les Républicains, et à l’époque le RPR puis l’UMP, plutôt que le FN? Il y a beaucoup de politiques comme vous qui se blanchissent de la sorte …

Parce que ce n’est pas l’argent qui me motive. C’est la démarche intellectuelle et philosophique et l’appréhension de la situation. Être dans la justesse des analyses… Quand je vois des gens qui se disent de droite et qui s’allient en partie à LR , aux socialistes, et qui finalement continuent…Parce que 15 % de l’électorat de Fillon a voté Macron, vous le savez bien…Non, je ne peux pas rejoindre des gens comme ça!…

Leglob-journal : Ce constat au national, vous le faites aussi localement, pour ces municipales ?

Tout à fait… Absolument ! Au moment des Présidentielle, je cherchais des signatures. En 2017, j’ai dû rencontrer une trentaine de maires en Mayenne et on me disait « Mais monsieur, on ne fait pas de politique, on s’occupe uniquement de l’intérêt communal« . Je leur disais qu’ils se trompaient. Car ils se regroupent dans des majorités départementales qui elles, soutiennent des groupes nationaux qui ont mis le pays dans le mur. Il y a aussi une dimension politique dans une élection locale, ce que les gens, souvent, refusent de voir…

Ici à Laval, monsieur Pillon fait un groupe. Et il se targue d’être sans étiquette « société civile »… Mais c’était un gars de l’UDI. Il a essayé de prendre la mairie de Château-Gontier : il n’y est pas parvenu, il est venu à Laval où il à été conseiller municipal… Et sur sa liste, il fait revenir Madame Soultani qui est de l’aile droite de LR, et il prends des gens de Macron… Donc le 49-3 qui a été voté hier, il en prend aussi sa part de responsabilité. Il ne pourra pas dire : « on déconnecte complètement la politique nationale de celle que je veux entreprendre pour Laval ». Il faut qu’il dise : « Je soutiens Emmanuel Macron , je suis en faveur du 49-3 mais néanmoins je me présente à vos suffrages à Laval ». C’est un package complet… Les électeurs localement s’ils choisissent Pillon, c’est comme s’ils votaient Macron!

Et en plus, il a fait éclaté LREM à Laval puisque la moitié est allée chez lui et l’autre moitié chez monsieur Bercault. Donc M. Pillon rejoint cette droite orléaniste personnalisée par Macron.

Leglob-journal : A vous entendre, c’est plutôt la droite votre ennemi politique plutôt que la gauche ?

Non pas du tout !… C’est-à-dire que je me fonde sur les résultats des élections européennes même si ce n’est pas trop comparable… Les municipales, c’est une élection majoritaire à deux tours et seule la moitié des sièges est répartie à la proportionnelle au second tour. LR et le PS ont été satellisés aux dernières élections, donc je suis un peu curieux de voir comment les électeurs vont réagir à celle-ci, même si c’est une élection majoritaire à deux tours.

Leglob-journal : vous avez fait 13 % aux Européennes sur Laval, est-ce que cela veut dire…

13, 68 % …. précisément… (Rires) C’est presque 14 à Laval, mais on est presque à 22 % au niveau du département aux dernières régionales et aux Européennes, 18 %.


Poignée de mains avec le Préfet Veaux au cours de la cérémonie du 8 mai 2018 à Laval en Mayenne

Leglob-journal : 13 ou 14 %, vous êtes bien au dessus de 10 … Qu’est-ce qui séduit, selon vous, votre électorat?

Vous savez c’est comme lorsque les observateurs ont parlé du Brexit. Ils se sont cantonnés à l’aspect économique. Mais l’électorat ne voit pas ça, lui. L’électeur voit l’incivilité pour l’insécurité, la crise identitaire, l’arrivée d’une forte immigration en France et c’est ça qui a joué avec le Brexit. C’était un réflexe identitaire et non pas économique. Pour nous, en France, on nous avait vendu Macron comme un jeune brillamment arrivé en haut de ses études, brillant économique arrivant de chez Rothschild et en fait on se rend compte qu’il n’a pas fait mieux que les autres. Ça vous dit les limites !

Par contre les gens sont très sensibles au voisinage. A l’environnement, à la crise de l’immigration, à leurs valeurs qui sont remises en cause et à mon sens, c’est cela qui sera déterminant dans les années qui viennent. C’est pour cela que je ne me fait aucun souci pour l’avenir, ça viendra plus ou moins tôt, mais ça viendra… Comment a démarré la guerre en ex-Yougoslavie ? C’est parce qu’un type comme Milosevich qui était à la tête de l’État n’a pas fait suffisamment attention à l’immigration albanaise musulmane qui a pénétrée le Kosovo qui était historiquement serbe depuis le 15 eme siècle. Et lorsqu’ils ont été suffisamment nombreux, ils ont eu des exigences politiques et ça a été le début de la guerre… Mon domaine d’expertise, c’est le maintien de l’ordre et la sécurité.

Leglob-journal : Vous faites de longues digressions sur le national et l’international, mais les municipales ce sont des élections locales, de proximité. Comment faites-vous pour faire redescendre ces questions nationales comme l’immigration ou l’insécurité serinées par le RN, dans une élection municipale où la ville de Laval est peu touchée par l’insécurité ?

Je traite les dossiers comme ils se présentent à Laval. Je parle d’incivilité et je ne parle pas d’immigration… Vous savez que le maire n’a pas de pouvoir dans le domaine de l’immigration de masse, par contre, il a des pouvoirs au niveau d’une mairie dans le cadre de la prévention de l’immigration illégale. C’est une des 32 propositions de mon programme. Le maire peut être saisi pour enquête en cas de regroupement familiale, et aussi par la Préfecture pour des attestions de résidence et d’accueil. Également, il peut être saisi d’enquête de reconnaissance de paternité ou de demande de mariage. Dans ce cas, il doit enquêter pour savoir si la finalité de la demande ce n’est pas d’obtenir la nationalité de manière détournée. C’est dans la loi! Et dans le porte à porte que je fais maintenant depuis cette été, ce qui m’a permis de rencontrer 5 à 600 personnes, quand je dis que je suis du RN, les gens comprennent tout de suite. Le RN est un groupe politique qui va défendre les Français contre l’immigration.

Leglob-journal : A vous entendre, on ne sent pas que vous soyez force de proposition localement pour améliorer le bien-être des habitants de Laval. Est-ce que ce n’est pas une stratégie d’occupation des esprits? Et que proposez-vous par exemple en matière de santé pour lutter contre l’absence de médecins généralistes ?

Actuellement, ils sont 28 et les projections pour 2021 donnent dix médecins de moins. Dans ce cadre là, le maire n’a absolument aucun pouvoir. Il peut seulement proposer des mesures. Où il peut jouer et c’est sur l’attractivité du territoire et éventuellement participer à des projets de maisons pluridisciplinaires de santé… Comme cela s’est fait à Jules Ferry ou à Hilard. Et même dans le cas de Jules Ferry, la participation de la mairie c’est seulement, entre guillemets, 112 000 euros sur un budget total de 1,8 millions d’euros. Le reste, c’est des financements d’autres collectivités territoriales, plus un emprunt de la Société d’économie mixte de 1,2 millions d’euros. Même sur le plan financier, le maire ne pourra pas agir à la place de la puissance publique de l’État ! Le maire ne peut créer que les conditions favorables à l’arrivée de médecins…

Mais rappelons que la Chambre régionale des compte à épingler la ville de Laval en parlant d’une situation financière difficile et que nous allons démarrer la mandature avec 76 millions d’euros de dette et une capacité d’autofinancement nulle jusqu’en 2023. Jusque-là, la mairie va être verrouillée quasiment sur le plan finance! On peut faire toutes les promesses qu’on veut, que ce soit sur le plan réaménagement pharaonique du centre-ville de Laval, en construction de bâtiments plus ou moins dispendieux, on ne pourra pas les financer ! Il faut être, à mon sens, rationnel, pragmatique et soucieux du denier public. Je ne veux pas faire de promesse que je ne saurais pas susceptible ou en capacité de tenir ! Voyez-vous ?

Leglob-journal : Est-ce que ce n’est pas une façon de se défausser, en disant cela, et en ne jouant pas le rôle du candidat classique?

Non! C’est une réalité ! Et d’ailleurs je m’étonne que la municipalité Zocchetto malgré l’encours de dette de 76 millions d’euros ait donné 10 hectares de terrains au Département d’Olivier Richefou pour construire l’Espace Mayenne. C’est plusieurs millions d’euros qui ont échappé à la ville de Laval…


La photo d’une partie de sa liste, avec Odile Menant en noir et blanc, devant la statue de Jeanne d’Arc à Laval

Leglob-journal : Quelle est finalement votre priorité n° 1 sur Laval ?

L’insécurité, mais il n’y en pas sur Laval. On est tout en bas du tableau. Mais ce sont les incivilités… On m’en a beaucoup parlé. En ville dans les quartiers, mais aussi dans les transports en commun. Je sais que les transports publics sont de la compétence de Laval Agglo, mais il y aura des actions avec L’Agglo pour les sécuriser… Je veux aussi l’accélération du programme de vidéos-protection ; on a 52 caméras, je crois, cela n’empêche pas les actes de délinquance mais cela permet de neutraliser l’impunité et c’est celle-ci qui créé la délinquance donc il faut aller encore plus dans les zones nécessaires en liaison avec la Police nationale et municipale. Une caméra cela coûte 750 euros à peu près. Au square de Boston, le dernier programme de neuf ou dix caméras, c’est quelque chose comme 12000 euros. Cela va être la première chose à faire…

Leglob-journal : Vous voulez créer un Laval « big brother »? Avec des libertés plus réduites encore?

Vous savez bien que les images ne sont gardées que trente jours ! C’est quand même un risque calculé, avec en bout du compte la tranquillité publique…

Leglob-journal : Comment percevez-vous la présence de Didier Pillon comme tête de liste en remplacement de François Zocchetto qui a jeté l’éponge ? Et que dites-vous de cette « affaire romaine » qui l’a contraint à renoncer ?

Écoutez… moi, sur cet épisode, je n’ai rien à dire. Il a tiré la conclusion lui même et il a bien fait. Maintenant sur le fait que cela soit Didier Pillon : il a été choisi, cela s’est fait entre eux. Il a été quasiment démissionnaire, et là on lui sert la municipalité sur un plateau… En tant qu’homme, c’est un type sympathique, cultivé, etc. Le seul truc qui me gène, c’est son positionnement politique pro -Macron. Je pense que c’est nocif à la France. En dehors de ça, je n’ai pas d’observation particulière…

Leglob-journal : C’est votre concurrent prioritaire ? Qui en fait dans cette élection vous inquiète le plus en terme de concurrence ?

Personne ne m’inquiète… L’évolution en milieu hostile, c’était toute ma vie militaire!

Leglob-journal : Oublions un peu votre passé militaire ! Et répondez à ma question s’il vous plaît…

Vous savez on reste militaire toute sa vie, on oublie pas (Rires). Pour répondre à votre question le candidat sortant, et dans toutes les villes de France, est en principe le mieux placé pour être réélu, entre guillemets. Surtout s’il n’y a pas d’erreurs monumentales ou de bilan catastrophique. Je pense que le premier qui sera face à moi ce serait Didier Pillon. Pour ce qui concerne Florian Bercault qui au demeurant est un homme très sympathique également, avec lequel j’ai pu échanger lors de rencontres de campagne, je n’ai rien de particulier contre lui, seul le fait qu’il soit un homme de gauche et qu’il ait Guillaume Garot sur sa liste. C’est quand même lui qui nous à saccager le square de Boston en arrachant les arbres, et les pelouses pour mettre un champs de cailloux à la place et transformé un square en terrain vague… Donc quand les socialistes me parlent d’environnement, je suis un peu inquiet…

J’aborde cette élection de manière très ouverte, je prend les concurrents qu’on me donne. Je me bats contre les programmes pas contre les hommes.

Leglob-journal : Comment voyez l’issue de cette élection ? Est-ce que se sera, selon vous, un second tour à deux ? Est-ce que ce sera une triangulaire ? Ou autre chose ?

Très honnêtement, je pense que ce sera une triangulaire. Même si les socialistes ont été très diminués aux dernières élections, je pense qu’ils arriveront à se hisser au dessus des 10 % pour être au second tour. Je pense qu’ils arriveront à les faire. Même s’ils ont fait neuf et quelques aux Européennes. Maintenant, je pense que Didier Pillon les fera aussi. Je crois qu’il perdra des plumes tout de même, un peu… Il fera moins que ce qu’il espère. Et nous, nous allons tirer notre épingle du jeu. Je rappelle qu’en 2014 nous avions fait 11 % et 7,36 au second tour. Je pense que l’on peut faire un peu mieux au premier tour et puis être dans le trio de tête.

Quant à la quatrième liste, c’est une liste de gauche repeinte en vert parce que Madame Eymon (EELV), en fait c’est une liste de gauche ! Et ils ne le démentent pas. Certains sont de RESF en soutien aux immigrés… Vous avez des communistes, c’est une vraie liste de gauche… Madame Eymon était sur la liste Boyer de 2014… Les écolos, ce sont des socialistes déçus ! Mais bon je ne pense pas qu’elle passe le premier tour… mais bon, je peux me tromper…


Les résultats du second tour de 2014 : 41,07% pour Jean-Christophe Boyer (PS), 51,57% pour François Zocchetto (UDI) et 7,35 pour Jean-Christophe Gruau (FN) – Archives photo Leglob-journal

Leglob-journal : En deuxième position sur votre liste, vous avez positionné Odile Menant, une femme « auteure, écrivain et artiste ». Est-ce une façon aussi, pour vous,vous asseoir une certaine respectabilité ?

Non…pourquoi ? Ne serais-je pas respectable en tant que tête de liste ? (sourires)

Leglob-journal  : Vous êtes malin, et vous souhaitez éluder… Mais, je reformule ma question différemment : à bien regarder votre liste, on a tout de même l’impression qu’elle ressemble à un patchwork, est-ce qu’il n’y a pas manque de cohérence?…

Écoutez …Le 25 janvier quand j’ai lancé ma campagne, j’avais invité Philippe Ollivier qui est député RN au Parlement européen. Et il avait déclaré que « la liste de Jean-Michel Cadenas, c’est un peu une liste Gilets-Jaunes »… et en fait c’est un peu ça… Parce qu’en réalité, j’avais un tiers de ma liste de 2014 qui était resté, seulement, avec le jeu des mutations, des déménagements, des gens qui étaient âgés et qui ne veulent plus repartir, etc. Et pour les deux autres tiers, je suis allé les chercher dans les quartiers. Vous avez des gens qui ne sont pas des praticiens de la politique, qui agacés par l’une et l’autre chose ont décidé de s’engager. Et c’est comme cela que j’ai constitué cette liste avec des personnes qui ont envie d’y aller malgré tous les problèmes que cela pose en terme, de respectabilité, en terme de voisinage, professionnel, etc. et Odile Menant pourrait en parler!

Et donc, moi si vous voulez, je n’ai pas de tête de gondole dans mon programme, de gens qui viennent de ci ou de là… Ce sont vraiment des gens de la population. Des vrais gens…

Les gilets jaunes, nous avons participé aux deux premières manifestations. Et quand on a senti que la gauche et l’extrême-gauche prenait le dessus, on a dégagé. Cela n’empêchait pas que beaucoup de revendications étaient justes…


Jean-Michel Cadenas sur le parking du Quartier Général à Sarjevo

Leglob-journal : Jean Michel Cadenas, vous vous voyez vraiment maire de Laval ?

Oui bien sur, mais pourquoi pas ! Évidemment. Bien sur que oui! Dans l’élection, il y a déjà la moitié du corps électoral qui ne vote pas. Et là un type comme Macron, il est élu avec 15 %, mais de ceux qui ont voté… ce qui fait peu… Et quand il arrive à catalyser tous les mécontentements, on a l’impression que la France est contre lui. Tout simplement parce que le système électoral est mauvais.

Parce que regarder l’élection à Laval. Si le gars qui arrive en tête, il a 10 voix de plus que le second il ramasse tout de même la moitié des sièges à pourvoir. Et le reste, c’est à la proportionnelle. Au conseil municipal, on le voit bien, il y une telle surreprésentation de la liste arrivée en tête que les conseillers municipaux, ils font ce qu’ils veulent. Ils lisent sur leur téléphone, sortent pour aller aux toilettes… ils s’en foutent complètement ! Ce n’est pas ça la démocratie ! Il faut plus de représentation…

Leglob-journal : si vous êtes élu est-ce que ce genre de discours vous le tiendrez toujours ? Autrement dit est-ce que vous mettriez en place un système qui donne plus de responsabilité aux autres listes ?

La loi rien que la loi… Je joue avec les règles du jeu que la loi me donnent, vous savez…

Leglob-journal : On a bien senti que vous vouliez dire que vous êtes légaliste, mais vous pourriez donner une commission ou des postes importants aux représentants de ou des liste(s) arrivée(s) derrière vous ?

Non, non, cela je ne le ferais pas ! Absolument pas !

Leglob-journal : Vous voyez vous revendiquez plus de démocratie pour vous le RN, mais pas pour les autres…

Je ne suis pas le législateur… Et je pourrais le faire que si la loi le commande…


Cet entretien a été réalisé le samedi 29 Février 2020 au téléphone. Les Photos sont de Jean-Michel Cadenas.


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