Covid – « La méthode Coué ne fait pas la réalité… » – Par Pascal Grandet

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La représentation du coronavirus utilisée pour la première fois le 22 mars 2020 sur leglob-journal.fr

Le covid-19 et sa « lente décroissance » : quand les compteurs sont au rouge, le Président Macron maintient « quoi qu’il en coute », son envie de retour à la normale en France… C’est ce que nous démontre Pascal Grandet, le président de l’Association d’usagers pour la défense de l’hôpital et des services publics de santé du Nord-Mayenne (Audace 53), basée à Mayenne dans cette Tribune. Analyse des chiffres du Covid et comparaison (qui ne font pas raison), mais tout de même…

« Les faits sont têtus… »

Par Pascal Grandet


la belle lettre L sur leglob-journal

Lors d’un nouveau buzz médiatique dans une classe CM2 de 15 élèves (!!!), lundi 26 avril 2021, Emmanuel Macron a lâché : «On ne peut pas rouvrir les restaurants disons fin mai ou courant juin dans les départements où [le virus] circule encore beaucoup. Dans d’autres où ça a beaucoup baissé, je pense qu’il faudra les ouvrir.» Entendre depuis plus de 3 semaines, que les choses s’améliorent, nous amènerait presque à croire à la sortie de crise. Aussi n’est-il pas inutile d’y regarder d’un peu plus près. Alors dans quels endroits « ça a beaucoup baissé« , vraiment, et, surtout, par rapport à quoi ? C’est le gouvernement qui a fixé lui-même les différents seuils supposés. Pour alerter sur l’évolution de la contamination.

Ainsi, pour 100 000 personnes testées : le « seuil d’alerte » se trouve à 50 cas positifs ; le « seuil d’alerte renforcée » à 150 ; le seuil d’alerte maximale à 250 et le « point de vigilance très fort » à 400.

Le 26 avril au soir, AUCUN département ne se trouve, selon Covid Tracker qui se base sur les chiffres de Santé Publique France, émanation du ministère, au dessous de 50. Seuls 10 départements métropolitains sont en dessous de 150. Et 10 départements dépassent les 400 !


La Mayenne, quant à elle, se trouve sur le fil des 250, un jour au-dessus, un jour au dessous. Rappelons qu’en août dernier, notre département était LA cible des médias nationaux parce que fleurtant avec un taux de 150 !


Le taux d’incidence moyen national est à 306, donc au-dessus du « seuil d’alerte maximal ». Pas vraiment de quoi frimer. Surtout quand les hospitalisations sont à un niveau très haut et que le nombre de patients en réanimation a dépassé ce qu’il était en novembre, pour côtoyer les chiffres de la première vague. «Si on est tous vraiment scrupuleux, les choses peuvent baisser», a positivé le président de la République, hier 26 Avril 2021.


Baisser, mais avec quelles exigences ?


En annonçant le confinement de novembre, Emmanuel Macron fixait l’objectif de 5 000 nouvelles contaminations par jour pour en sortir. Un mois plus tard, il décrétait le déconfinement alors qu’on en comptait 12 000. Est-ce en baissant le niveau d’exigence que l’on va vraiment s’en sortir ? Est-ce en banalisant la mort de 300 à 400 personnes chaque jour, et des séquelles parfois lourdes pour ceux qui s’en sortent, que l’on va légitimer des décisions unilatérales ? Même à la baisse, le nombre de nouvelles contaminations est aujourd’hui à environ 30 000 ! Et le nombre de vaccinés, tout juste 21% de la population (en 4 mois) ne permet pas d’envisager une immunité collective avant l’automne.



Alors, on peut toujours décréter, ordonner, promulguer, édicter, que les choses s’améliorent… Les faits sont têtus et la méthode Coué n’y résiste pas. Et il est à craindre que les décisions politiques, à l’approche d’une année
électorale, prennent le pas, si ce n’est déjà fait, sur le contexte sanitaire. Pourtant, plus que de gesticulations et de décisions erratiques, les français attendent de leurs dirigeants, non pas de vagues promesses démagogiques,
mais une véritable planification de la sortie de crise sanitaire, ainsi qu’un « tri » entre les décisions inutiles et factrices d’injustices et d’incompréhension (fermetures des lieux de culture, des petits commerces, masque en extérieur par exemple) et les mesures indispensables pour endiguer l’épidémie (autotests en vente partout, tests à grande échelle, contrôleurs de CO2 dans tous les lieux publics et en premier lieu dans les écoles,…)

Qui n’espère pas la réouverture des bistrots et des restaurants, surtout à l’approche des vacances ? Mais on risque bien de payer cet été l’absence de décisions fortes à la sortie de l’hiver… Surtout si on nous fait miroiter aujourd’hui une hypothétique amélioration comme pour mieux s’exonérer de véritables choix stratégiques. ◼


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