« La vision d’un Laval de 2053 doit naître dès aujourd’hui ! » – Par Aurélien Page

OPINION – « A quand un véritable mouvement citoyen avec une vraie vision à long terme pour redynamiser Laval ? interroge Aurélien Page, ex-référent départemental de LREM, qui fut au tout début de la création d’En Marche en Mayenne. Depuis plusieurs semaines, il constate que fleurissent ce qu’il appelle « des mouvements citoyens en vue des municipales à Laval », des collectifs qui ont été lancés afin de préparer les élections de Mars prochain. Mais pour Aurélien Page, ces structures ne sont pas représentatives de la population lavalloise. Aussi plaide-t-il, notamment, pour de véritables primaires citoyennes au niveau local.

Par Aurélien Page


En tant qu’ex-référent départemental d’En Marche en Mayenne pour la dernière présidentielle, une telle floraison de collectifs me fait doucement sourire ! Que LREM le fasse, ce n’est pas une surprise, cela fait partie de son ADN ! Plus surprenant : que les partis traditionnels s’y mettent aussi. A commencer par le Parti Socialiste avec Demain Laval ! Alors qu’une telle initiative répond à une envie de beaucoup d’entre nous d’être impliqués dans le quotidien et le futur de notre ville, les Lavalloises et Lavallois se sont-ils engagés en nombre dans ce genre de mouvement ? Pas vraiment.

Comment se féliciter que des ateliers réunissent seulement 120 personnes pour donner leur avis sur l’avenir de notre ville ? Comment peut-on accepter que des milliers d’autres en soient absents ? Comment expliquer que les Lavalloises et Lavallois de tous les âges, issus de tous les quartiers de notre ville ne s’engagent pas plus intensément pour parler de l’avenir de notre cité et par la même occasion de leur propre destin ? Les 120 participants sont-ils seulement représentatifs de notre ville ? Les plus jeunes sont-ils là ? Les jeunes parents ? Les plus âgés ? Les femmes ? Un parti, un mouvement peu importe son appellation, n’a-t-il pas pour mission d’aller au contact de celles et ceux qui n’osent pas prendre la parole, qui n’osent pas donner leur avis ?

Entre communication et poudre de perlimpinpin !

Je crois hélas que les Lavalloises et Lavallois ne sont pas dupes. Ils ont vu une démarche similaire avec Macron en 2017. J’ai été moi-même très frustré de constater que nos travaux durant des ateliers similaires n’avaient eu aucune influence sur la campagne et la conception du programme du candidat. A croire que ce genre d’ateliers n’est que de la communication, de la “poudre de perlimpinpin” comme le dirait notre cher Président de la République.

Ce genre de mouvement transpartisan présente l’avantage de permettre aux partis de se refaire une image et surtout de faire le plein de “petites mains”, le plein de “militants” en leur faisant croire que leur parole et leurs avis seraient enfin écoutés. Leur faire croire, parce qu’il en faut des bras pour faire campagne, tracter, faire du porte-à-porte, tenter de convaincre … Les missions des « petites mains » ne manquent pas.

A quand des primaires citoyennes au niveau local ? Après, j’espère me tromper… J’espère que les différents ateliers aboutiront à un programme citoyen… Est-ce pour autant une nouveauté ? Rappelez-vous que pour les municipales de 2008, Guillaume Garot était parti à la rencontre des Lavallois avec ses cahiers de doléances. Une époque où parler de démocratie participative était très à la mode! Plus de 10 ans après, les vieux partis sont dans un état lamentable, alors ils tentent de se réinventer. Sans succès !

Là où les Lavallois ne sont pas dupes non plus, – ils le savent très bien depuis l’épisode Macron -, c’est que ces mouvements transpartisans des débuts n’ont au fond qu’un seul but, servir les ambitions d’une tête d’affiche restée durant cette phase dans l’ombre. Autre possibilité, un tel mouvement peut aussi permettre à celui-ci ou celle-ci de négocier ou de peser dans des jeux d’alliance dans les tractations futures en vue des élections. Finalement, de la basse politique politicienne ! Et une nouvelle fois, une promesse qui ne sera pas tenue et une déception et une amertume qui seront toujours bien présentes.

Pourtant si on allait au bout de la logique d’un tel mouvement citoyen, pourquoi ne pas imaginer que le plus méritant d’entre eux puisse devenir tête de liste ? Même un inconnu qui par ses idées, son authenticité, sa sincérité sera capable de fédérer autour de lui. Et peu importe ses diplômes, son métier, qu’il soit agriculteur, ouvrier, employé, etc. ou ses origines. Accepter une telle chose, oui, ce serait enfin changer la donne ! Oui, alors de nouveau nous pourrions nous sentir concernés par la vie politique…

Pour un vrai renouveau politique

Une envie de transformation pour réveiller Laval. S’il y a bien un espace, un échelon où la politique peut se réinventer et redonner de l’espoir pour peser sur nos quotidiens, c’est bien celui de la ville. Plus que des mouvements transpartisans qui ne sont que des reliquats de partis sans âme, pourquoi ne pas imaginer une véritable alliance de celles et ceux qui se reconnaissent dans des valeurs écologiques, humanistes et progressistes en ayant le souci de dépasser l’intérêt partisan pour permettre à notre ville d’avancer et de se développer ? Ils ne seraient alors habités par une seule ambition, le “Laval d’abord” avec l’envie profonde de transformer notre ville.

« Laval la belle endormie” doit se réveiller ! Laval doit devenir une ville exemplaire en matière d’écologie, continuer à être une ville innovante dans les nouvelles technologies, redonner toute sa place à l’humain en inventant un nouveau lien social capable de créer de nouvelles solidarités et de réduire les inégalités sociales. S’agit-il d’une utopie ? J’en doute ! Il suffit juste qu’une multitude de Lavalloises et de Lavallois se sentent prêts à s’engager, convaincus qu’il suffit d’une simple volonté pour changer les choses, persuadés que faire que l’impossible devienne possible, pour que tous ensemble, nous reprenions en main le destin de notre ville ! Laval fait du surplace, la vision d’un LAVAL de 2053 doit naître dès aujourd’hui !

Des politiques installés, des hommes et des femmes enfermés dans leur confort et se croyant propriétaires de leurs fonctions, sont-ils les mieux à même d’apporter un vrai renouveau pour notre ville ? J’en doute là encore. Alors vous, nous… tous ensemble, car nous n’avons pas le choix, comme le dit un autre mouvement, “Laval, c’est vous !”, mais surtout “Laval, c’est nous aussi”. Alors lancez-vous ! Notre ville nous appartient, et son destin, plus encore !


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Ils ont commenté cet article :

  1. Citoyenneté, démocratie, écologie, bla-bla-bla.., et toujours pas un mot sur la question sociale, victime d’une consensuelle omerta.
    N’est-elle pas un sujet majeur cette « gentrification » de la ville, jusqu’à la disparition de la classe ouvrière et des syndicats de la représentation sociologique et démocratique ? (J’assume ces gros mots).
    Contrairement à ce que sous-tend l’auteur de cette tribune, le problème avec Macron n’est pas la méthode mais le résultat voulu et obtenu : un basculement de société en faveur de l’individualisme où le tous contre tous remplace le contrat social de solidarité, sous un régime de démocrature, s’accommodant d’une abstention électorale dépassant les 50%. À la fin du match les plus riches ont gagné et les autres, tous les autres ont perdu. Chez Macron la forme n’est que le fond qui remonte à la surface. Celles et ceux qui ont pu s’investir avec lui pour un tel projet auront du mal à retrouver un semblant de crédit en persistant à regarder le monde sous le prisme de la société Uber entrepreunariale, même assortie de l’inévitable labellisation par le triptyque « citoyen-écolo-européen ».
    Pas de démocratie sans le peuple ; aujourd’hui il est absent de ces jeux politiciens et couve sa colère qui enfle sourdement ; Alors « dans ce clair obscur où un monde se meurt quand le nouveau tarde à venir, surgissent les monstres »
    Continuez à faire de la philosophie « éco-locale » mais ne prétendez pas que c’est cela la démocratie (de démos).

  2. Article intéressant ; je ne connais pas son auteur mais je partage plutôt sa vision et, moi aussi je pense que les « vieux » partis auraient beaucoup à gagner en regain de popularité et beaucoup à nous apporter par leurs connaissances du fonctionnement et des rouages de la politique (locale et nationale).
    Bon ça fait un peu adepte de Thomas More, mais pourquoi ne pas y croire !

  3. J’ai 3 revendications et de plus en plus de citoyens dans le monde entier les partagent :
    1. La reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet.
    2.La réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025, grâce à une réduction de la consommation et une descente énergétique planifiée.
    3. L’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant.
    Quand les politiques auront le courage de faire face à ces revendications, peut être pourrons- nous leur faire à nouveau confiance. En tant que citoyens, nous devons également changer nos comportements et nos habitudes ou notre société s’effondrera our de bon.

  4. Et encore 120 personnes, c’est sur l’ensemble des ateliers… et ce sont des chiffres donnés par les organisateurs, qui les estiment flatteurs, donc fortement sujets à caution. Les quelques photos, là aussi tirées de canaux officiels des mouvements, ne montraient pas une foule en délire.

    Après LREM a toujours été un parti aussi, une écurie pour un candidat, comme le « mouvement gazeux » de LFI et tout ces « collectifs », qui sont à 95% des faux-nez pour tenter de se donner une image. Il me semble que plus personne n’est dupe.

    Moralité : Et si la solution était les « vieux partis « qui ont l’avantage d’une certaine organisation démocratique un peu contrôlable, bien plus citoyens que les pseudo-collectifs citoyens ? Et qui au moins ne prétendent pas réunir toute la diversité de la population.

    1. « les vieux partis qui ont l’avantage d’une certaine organisation démocratique un peu contrôlable »
      C’est une douce illusion. En pratique, un parti politique n’est jamais démocratique. Malgré ses instances, ses chartes, ses statuts, il existe un rapport de force qui tient de la féodalité. Cela se voit moins quand les adhérents sont en nombre car la « machine » est plus lourde à bouger, dans un sens ou dans l’autre.
      C’est ce qui fait la différence entre un état et un parti : les institutions d’état ont pouvoir de puissance publique, pas les différentes instances d’un parti politique.

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