« Laval, Écologique et Solidaire » perd son numéro deux sur la liste

Le départ d’Adrien Deparis (au centre sur la photo), initiateur de l’Autre concertation, après le changement récent de tête de liste, provoque une petite onde de choc dans la liste « Laval, Écologique et Solidaire ». Présenté tout récemment comme le numéro deux dans l’ordre d’apparition sur la liste de rassemblement à gauche, derrière Isabelle Eymon (EELV), Adrien Deparis a décidé de prendre du recul.

Changements en série

Par Thomas H.


« C’est la suite logique du changement à la tête de la liste », avance un membre du collectif. Le « simple ajustement » comme l’avait présenté Isabelle Eymon entraîne tout de même des répercussions sur la vie de la liste, bien que cela ne se voit pas. Aux Fourches, la grande salle de la Maison de quartiers accueillait mercredi soir (18 Décembre 2019), « une quarantaine de personnes qui sont venues à la rencontre des co-listiers de Laval, Écologique et Solidaire, c’est bien nous sommes contents… » expliquait Isabelle Eymon. Faire comme si de rien n’était, et continuer d’avancer, c’est le lot de toutes les listes qui connaissent des vicissitudes de ce genre. Il n’empêche confie au Glob-journal un militant « ces abandons ne disent rien de bon…»

C’est, pour le moins, significatif de la difficulté de mener un collectif, quelqu’en soit la couleur politique surtout quand on souhaite communiquer, officiellement, y compris l’ordre des cinq premiers sur la liste. Surtout, quand ce collectif est composé de plusieurs entités, partis ou micro partis, et qu’il fait appel à la société dite civile. La construction d’une liste, ce n’est pas « un long fleuve tranquille » pour reprendre le titre d’un film célèbre. Il y a le début et l’euphorie, quand on se projette : « on vient vous chercher, tout est beau » et puis il y a l’après, quand on entre dans le dur…

Une zone de turbulences

La liste Laval, Écologique et Solidaire connaît donc des « remous solides » qu’elle devra surmonter. Ils la conduisent à rechercher la stabilité à tout prix dans une période de gestation, quand la construction des « axes programmatiques » devrait être menée sous le signe de l’engouement. D’abord, il y a eu le changement de tête de liste. Pas facile à gérer le changement de celui qui incarne la liste, dans la vie d’un groupe qui doit tout faire pour montrer de la cohésion. Florent Durrey se mettant en retrait pour des raisons familiales, il a été remplacé, en interne, par Isabelle Eymon, elle aussi EELV. Ils avaient été porte-paroles en binôme du collectif. Mais Adrien Deparis, arrivé en seconde position lors du vote, a décidé de quitter la liste. Il laisse passer quelque temps, et le fait savoir officiellement.

Est-ce « l’aspect non démocratique de la décision » comme il le dit, concernant le vote pour le choix de la tête de liste qui est la cause de ce départ? Réponse apparemment affirmative, si l’on entend bien le représentant de L’Autre concertation qui évoque « un accord avec les partis politiques pour qu’elle [Isabelle Eymon, NDLR] arrive en tête… » .

« On vient nous chercher, on est sur la photo et après on nous dit laissez-nous tranquilles ! » analyse-t-il. Et Adrien Deparis d’ajouter, un peu dépité, au Glob-journal, « ce sont ces travers politiques des partis qui ne nous plaisent vraiment pas… ».

Adrien Deparis, à droite sur la photo, avec Guillaume Agostino et Patrice Morin – © leglob-journal

C’est bon l’équilibre, mais il est délicat à trouver, quand il s’agit d’adjoindre, au monde des forces politiques encadrées par des appareils, celui de la société civile qui, ce n’est pas faux a « une fâcheuse tendance aussi, à tout vouloir reporter sur les apparatchiks, et les partis qui procèdent pourtant à faire vivre la démocratie » raconte un militant.

L’équilibre de la composition de cette liste de « presque rassemblement » à gauche, conduite par une femme appartement à EELV 53, repose majoritairement sur des partis politiques. Une prépondérance indéniable. Des militants d’EELV, du PCF, du PRG-Centre gauche et de Génération-S, rappelons-le, qui se sont retrouvés après avoir signé l’ « Appel du 14 juillet ». Ils « souhait[aient] contribuer à l’engagement et au rassemblement de toutes les énergies (…) pour une politique écologique, sociale, solidaire et citoyenne (…) »

Adrien Deparis qui a émergé sur la place publique avec son opération L’Autre concertation cherchant à mettre en avant une autre façon de concevoir le réaménagement de la Place du 11 novembre en centre ville, avait rejoint, il y a quelques mois de cela, le collectif Demain Laval ! Un observateur raconte à son sujet : « Il voulait être chef de file-porte parole, une ambition très affirmée, ce qui n’avait pas été la décision majoritaire. Et comme il avait eu du ressentiment, il avait quitté le collectif. Peut-être a-t-il prétendu à remplir ce même rôle chez les écolos».

« Rendez-vous dans six ans! »

Que des participants non encartés participent à des listes, c’est nécessaire de plus en plus, et même indispensable parce que les partis politiques, surtout ceux qui ont pris part au pouvoir, rencontrent de moins en moins les faveurs des électeurs. Le cas du Parti socialiste est flagrant. Alors il faut inventé de nouveaux moyens de séduction, comme le collectif qui rassemble. Quant à l’appel à la société civile et aux compétences extérieures hors partis, ce n’est pas nouveau. Ils permettent un renouvellement du personnel politique. Mais la contrepartie de cette opération de recrutement réside dans la méconnaissance des us et coutumes de « l’ancien monde » qui guident ceux qui savent faire de la politique, quelque soit l’échelle à laquelle elle est censée agir.

« Je pars en bon terme » avance l’ex-numéro deux. Il ajoute aussi se voulant résolument positif quand même que « l’expérience était intéressante, et je continuerai à soutenir la liste. Mais nous allons nous concentrer sur L’Autre concertation en élargissant le spectre de l’action sur le patrimoine, notamment… » Et Adrien Deparis d’ajouter avec un petit sourire dans la voix : « Rendez-vous dans six ans! ». Sous entendu, aux prochaines élections municipales…

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  1. Bonjour ,
    A la france Insoumise nous avions proposé que l’ordonnancement de la liste se fasse par un vote préférentiel de 1 a 10 (en prenant compte de la parité ) par l’ensemble des volontaires a être sur la liste … pour nous l’essentiel est dans le programme !
    Bruno REY

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