Laval : En marche pour les six derniers mois de la mandature

Cela aurait pu être un conseil municipal de rentrée avec en filigrane, on pouvait l’imaginer, les prochaines échéances électorales. Mais en fait ce fut une assemblée communale comme une autre. Sans réel débat, sans vraiment de grands dossiers, presque sans souffle, de l’avis même de quelques élus de la majorité. Mais, il ne faut pas se fier aux apparences ; derrière la façade, il pourrait bien se cacher un remue-méninges pré-électoral, avec en ligne de mire mars 2020. Mais pour l’heure, ce n’était juste pas « le bon tempo », et rien n’a transparu sous les ors de l’hôtel de ville.

Un conseil municipal sous surveillance

Par Thomas H.


« On ne vous a pas fait terminer trop tard !… » lance dans le hall au bas du grand escalier, le maire de Laval, tout sourire, en me serrant la main… Non, de fait, commencé à 19 heures, la séance s’est achevée après 21 heures… C’est raisonnable. Les dossiers se sont enchaînés, les prises de paroles ont toujours été feutrées ; aux interrogations du style : « Pas de Commentaire ? Pas de question ?…» émises par François Zocchetto en fin de présentation des délibérations, les micros ont trop souvent été muets.

Attentif au déroulement de la séance publique du Conseil municipal, Antoine Caplan, membre du PS mayennais et ex-co secrétaire fédéral en Mayenne, est assis parmi les spectateurs. Une présence qui fut de l’aveu même de l’intéressé « remarquée […] chacun a ouvert de grands yeux quand je suis arrivé... » Pourquoi est-il présent à quelques mois des Municipales ? Accompagne-t-il une personne peu habituée aux séances de Conseil municipal ? Sans doute s’intéresse-t-il au fonctionnement de l’assemblée communale, après tout cela fait partie du job du militant politique…

La construction d’une image politique

Antoine Caplan est assis aux cotés d’un jeune lavallois, d’une trentaine d’années que l’on a jamais vu non plus dans l’enceinte de la salle de l’hôtel de ville. Il s’agit de Florian Bercault-Gruau ; il se dit qu’il pourrait être celui qui serait susceptible parmi d’autres de devenir la tête d’une liste de la gauche à Laval comme l’écrivait notre confrère le CDLM. Un prétendant.

Un aperçu de la salle du Conseil municipal de Laval – © leglob-journal

Florian Bercault-Gruau pourrait apporter par exemple « des idées neuves et beaucoup d’énergies citoyennes pour construire Demain Laval » comme il le tweetait récemment, à propos « de ce deuxième Atelier Participatif au Bourny » du collectif soutenu par Guillaume Garot et qui doit tenter de « re-booster » la gauche sur Laval après sa déconfiture lors des dernières Présidentielles. « Rumeurs » ou réalités? En tout cas si Guillaume Garot préfère rester Député « où il fait, selon les mayennais, du bon travail », il n’empêche que la tête de liste pourrait être décidée par le collectif Demain Laval « le moment venu » se plait-on à recadrer et en lien avec ses « partenaires » à gauche. Pas gagné en effet.

Les « dons aux entreprises »

A gauche justement, le conseiller municipal Aurélien Guillot (PCF) a joué son rôle d’opposition en séance publique de ce conseil municipal de rentrée. Il a questionné François Zocchetto sur les 1,5 millions d’euros d’aide économique accordée sans contrepartie et mentionnée dans le rapport annuel d’activité 2018 de la Communauté d’agglomération de Laval qui était soumis aux élus de la ville. « Combien d’emplois réels a-t-il été créé ? Y-a-t-il eu des changements enregistrés dans ces entreprises en matière d’égalité Homme-Femme, ou bien de créations d’emplois pour des travailleurs handicapés ? Et ne faut-il pas mettre en place un système d’évaluation sur ce que j’appelle des dons aux entreprises ? » a-t-il lancé.

Poser ces questions pour le maire de Laval, c’est forcément que l’on n’est pas d’accord avec le développement économique : « Que vous le vouliez ou non le développement économique passe par l’aide aux entreprises, lui a répondu l’ancien sénateur, ajoutant je n’ai pas de chiffre… mais vous le savez bien, […] nous constatons une augmentation des recettes fiscales des entreprises […] et les aides sont largement récupérées. » Aurélien Guillot a relancé : «  Mais il y a très peu de critères d’emploi dans les aides… » Le maire de Laval lui a répondu que : « C’est exact, c’est le cas depuis la Loi NOtre… » et l’échange s’est arrêté là.

Distinctions et hommage

Un temps son aura reconnue de tous a plané sur le Conseil municipal de Laval. André Pinçon, l’homme de gauche, socialiste, le seul maire de Laval pendant plus de vingt ans est « revenu » dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville de Laval. « C’est un humaniste, il regardait toujours vers l’avenir…» a salué François Zocchetto expliquant qu’ « une partie du quai Gambetta sera dénommé quai André Pinçon, entre le Pont Aristide Briand et jusqu’au Pont de l’Europe ».

Pour Georges Poirier, « C’est justement à cet endroit qu’André Pinçon voulait faire construire sa mairie sur pilotis […] » a précisé le conseiller municipal d’opposition, rappelant qu’ «il était aussi un homme qui aimait la pêche dans la rivière Mayenne » et que cela lui va donc bien…  Un homme décidément de consensus.

Paul Lépine, lui, « qui a marqué la vie politique locale pendant 25 ans », comme conseiller général et adjoint au maire de François d’Aubert, hérite aussi d’une distinction. Fini l’impasse du Britais, voici l’allée Paul Lépine. Il n’était vraiment pas possible de mettre « celui qui s’est investi dans le domaine politique et associatif  » – il fut l’un des dirigeants du Stade lavallois de 1995 à 2008 – dans une impasse.

Quant à Simone Weil, la philosophe, la militante de la cause ouvrière et résistante, qui a passé plus de deux ans de sa scolarité à Laval « d’octobre 1917 à Janvier 1919 », elle voit son nom adossé à un square. Celui du Mortier. Camus avait dit d’elle qu’elle était « le seul grand esprit de notre temps ».

Un bout de quai, une allée plutôt qu’une impasse, et un square Simone Weil avec une absence de confusion possible selon le maire de Laval avec la rue Simone Veil, du nom cette fois de la femme politique française qui s’est illustrée courageusement à la fin du siècle dernier en combattant le machisme en politique et en œuvrant pour la légalisation de l’avortement. Des femmes de combat, dans les deux cas…


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