Le confinement, illustré en Mayenne – Par Marrie de Laval

Nécessaire pour ralentir la progression de l’épidémie et pallier le manque de place disponible en hôpital, le confinement, semble bien suivi. Pour autant, il existe des écarts de conduite et des comportements incompatibles avec la notion d’enfermement. A titre de témoignage, voici quelques exemples relevés lors de rares sorties.

Le « sortir à tout prix » à l’heure du confinement

Par Marrie de Laval


Les personnels des services sanitaires et sociaux s’alarment régulièrement du moindre relâchement des populations. Certains d’entre-eux développent presque des tocs dans la pratique des mesures d’hygiène et autres gestes barrières. Mais comment les blâmer alors qu’ils sont en premières lignes, travaillent dans un dénuement matériel et pharmacologique et comptent les morts à cause d’un virus inconnu, sans traitement éprouvé.

Depuis le 16 mars midi, nous avons basculé dans un autre monde à cause d’une épidémie d’une exceptionnelle ampleur aggravée par l’impréparation gouvernementale et un incroyable aveuglement face aux événements chinois.

Si tout le monde s’est extasié devant les rues vides et les distances maintenues entre les rares piétons rencontrés, certains petits malins filaient déjà en douce se confiner à la campagne ou à la mer. Passés quinze jours, bien du monde touchait aux limites de la tolérance au confinement, faute de « vie intérieure » riche, faute de conviction quant à la prise de risque réelle.

Applaudir les « petites mains »

Alors comment s’étonner qu’après les beaux jours que nous avons vécu, alors que la grisaille l’emporte, j’entende deux voisins à la sortie d’un magasin se saluer : « Fait trop moche pour le jardin. Tu passes prendre l’apéro à la maison tout à l’heure ? ». Et avec le naturel de la voix, l’absence de précaution oratoire. Visiblement cela n’a rien d’exceptionnel.

Et puis, s’il est de bon ton d’applaudir chaque soir les « petites mains » qui font tourner l’économie et nous soignent, par contre des clients de magasin s’énervent  aux passages en caisse, à mesure que le confinement s’éternise.
Parfois ce sont les mêmes personnes.

S’il est interdit de quitter son domicile et que nous avons beaucoup raillé les parisiens désertant la capitale, malgré les contrôles routiers, les escapades de week-end se poursuivent. Pour preuve, une voiture, pleine comme un œuf, trois occupants et des bagages jusque sur la plage arrière, avec une plaque de région parisienne. Roulant au pas sur une bretelle de contournement d’un petit patelin, le conducteur tourne vers le centre-ville alors qu’il est évident que la plage est la vraie destination… Curieusement, en continuant tout droit, les voyageurs auraient croisés la patrouille statique de gendarmes. C’est qu’avec une application incluant le GPS et les localisations des forces de l’ordre ou des radars, il est plus facile de circuler.

Sortir pour « des bricoles »

En discutant avec le pharmacien du quartier ou avec les caissières des grandes surfaces, on comprend que certains sortent tous les jours pour trois bricoles, uniquement pour avoir un motif de sortie. C’est également pour cette raison – sortir à tout prix – que les magasins constatent l’absence de régularité dans les fréquentations des rayons. Normalement, on pourrait s’attendre que les gens viennent dès le matin pour ensuite rester tranquillement chez confinés eux. Mais non.


Dans une grande surface en Mayenne – © leglob-journal

Et en ce lendemain de premier mai, cela a été la folie dans les magasins de grande surface. Il fallait remplir à nouveau les placards et les réfrigérateurs pour tenir le temps du week-end. Il n’empêche :  on reste ébahi d’observer une file qui s’étire entre les deux portes d’accès habituelles du magasin, avec respect de la distanciation réglementaire, et de constater qu’elle s’étire encore deux fois comme la longueur de la file extérieure dans la galerie marchande, plongée dans la pénombre et le silence. Drôle d’ambiance.

Alors, envisager le déconfinement sereinement relève de l’utopie. Comment espérer que des gens se comportent correctement alors qu’en période même de confinement, ils s’arrangent déjà avec les règles ? Soyons cynique : espérons que seuls les imprudents, les provocateurs ou les irresponsables soient les uniques victimes de leurs comportements.


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Vous avez commenté cet article :

  1. Epidémie d’une exceptionnelle ampleur ….
    Combien de morts avec la grippe de 1957 et combien de morts avec celle de 1968/69
    1969: plus de 30.000 dont 25.000 rien qu’en décembre
    L’information est donnée uniquement en chiffres bruts plus il y en a mieux c’est pour faire pression
    Exemple: 25.000 décès en France pour 67 millions d’habitants et 200.000 aux USA 350 millions d’habitants …. C’est la même proportion
    Annoncer un chiffre brut est bien plus impressionnant
    Au passage comment peut-on affirmer que tel ou tel résident en EHPAD est décédé du covid sans tests ??? moi j’en serais bien incapable …
    Quand à la gestion de cet évènement par les génies parisiens …. No comment …

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