Le départ de Rihaoui Chanfi et de quatre marcheurs fait scission à LREM 53

Rihaoui Chanfi ainsi que d’autres marcheurs* quittent LREM. Celui qui fut co-animateur de La république en Marche sur Laval a décidé de ne plus rester dans le parti créé par le candidat Macron. Une décision mûrement réfléchie pour cet homme de « gauche, anciennement marxiste et socialiste » qui avait rejoint le mouvement en 2016. Aujourd’hui, Rihaoui Chanfi « déçu» par la politique menée par Macron quitte LREM sans hésitation.

Grand entretien avec Rihaoui Chanfi

Par Thomas H.


Leglob-journal : Pourquoi ce départ au bout de quatre ans de militantisme autour de « l’idée populiste » du candidat Macron ?

Rihaoui Chanfi : Je ne quitte pas En marche sur un coup de tête ou par égocentrisme. J’ai soutenu durant quatre ans Emmanuel Macron et durant ces deux ans et demi le gouvernement, idéologiquement et personnellement. J’ai prévenu les gens d’En Marche 53, ce lundi 13 janvier 2020. Si je quitte LREM, c’est pour plein de raisons, déjà par rapport au positionnement national de LREM.

Rihoui Chanfi – © Photos leglob-journal

La droitisation d’abord, de plus en plus assidue du mouvement, et aussi en raison de toutes ces polémiques qui ont eu lieu à l’automne autour de la politique voulue par Emmanuel Macron : le voile et l’immigration remis sur le tapis, le droit d’asile, les modifications des conditions d’accès à l’aide médicale de l’État, les Gilets Jaunes gérés par la répression et la réforme des retraites qui n’est pas du tout ce que nous avait vendu Macron dans son programme électoral. Il avait dit qu’il ne remettrait pas en cause la pénibilité, ce n’est pas le cas. Quant à « l’âge pivot », il a simplement été reculé, mais pas annulé…

Je n’ai pas signé pour soutenir un gouvernement Sarkozy 2.0. Emmanuel Macron m’avait promis un Nouveau monde, c’est de la très vieille politique que j’ai trouvée. Digne de la République des opportunistes du XIX ème siècle. Paris décide encore et toujours de tout et ce malgré le changement de statut et la tentative de restructuration du mouvement. Le parti auquel nous avions adhéré n’est en réalité qu’un «simulacre de démocratie». La start-up LREM est une structure pyramidale.

Leglob-journal : Et au niveau local ?

Dés l’été 2009, au niveau local la volonté unanime de faire alliance avec le centre et François Zocchetto me laissait perplexe mais par amitiés, par affection avec Vincent… je n’ai pas fait de vague car je souhaitais le laisser mener les négociations à son terme. Aujourd’hui, les négociations ont abouti et je félicite Vincent pour cela…

Mais il y a cette alliance incongrue et problématique, à mon sens, avec Samia Soultani. Parce que, c’est s’allier avec les LR, Les Républicains, la droite violette et Horizon 2020 comme le revendique encore Samia Soultani, avec un positionnement très, très à droite avec la Droite forte fondée au sein de Les Républicains par l’ ex-FN Guillaume Pelletier, et Sens commun, qui avait piloté en sous main la Manif pour tous contre le quinquennat de François Hollande. Je ne peux soutenir un collectif composé de membres qui sont ouvertement homophobes et xénophobes. Et qui trouvent leurs inspirations politiques chez Maurras par exemple. La fin, à mon sens, ne peut justifier tous les moyens.

Leglob-journal : Localement il y a donc cette alliance que vous dénoncez, mais encore ?

Dans LREM 53, il y a le fait aussi qu’il ne reste plus que des personnes de la majorité de l’UDI… L’UDIsation continue.

Leglob-journal : L’UDIsation, c’est ce qu’avait dénoncé dans nos colonnes Aurélien Page, le premier référent débarqué par Jean Arthuis l’un des premiers soutien de poids en Mayenne d’Emmanuel Macron… Et qui quitte LREM…

Oui, et c’était ce que je constatais de l’intérieur. Mais à l’époque il y a un an, je ne regardais que ce qui nous rassemblait et pas ce qui nous divisait. Aujourd’hui, la division est trop importante pour que je puisse continuer à m’engager et surtout à approuver le positionnement de la LREM 53. Il y a un virage très à droite qui est assumé publiquement au niveau de l’alliance des prochaines municipales. Aujourd’hui je pars, mais je ne suis pas le seul à partir… Il y a des gens comme moi qui étaient arrivés avec des idéaux humanistes et de progrès, des marcheurs à gauche, comme Aurélien Page vous l’avez cité, mais aussi Sébastien Buron, Edith Lecuyer-Gault, et Dominique Minzière qui ont cru à ce renouvellement de la classe politique qui consistait à faire de la politique autrement… Aujourd’hui, ils ne se reconnaissent plus en Emmanuel Macron. Et s’en vont aussi.

Parmi la vingtaine de militants d’En Marche, le soir de la victoire au Pont Neuf, Rihaoui Chanfi – © leglob-journal

Si aujourd’hui on salue la baisse du chômage, c’est parce que c’est une des conséquences de ce qu’a mis en place François Hollande. Les fameux 40 milliards du CICE accordés aux patrons. Bien évidement avoir un gouvernement libéral permet aux chefs d’entreprises d’être un peu plus dans la confiance pour recruter. Mais la pauvreté augmente de plus en plus, et pourtant elle était l’un des points sur lequel le candidat Macron avait promis d’agir. Comme il avait promis d’améliorer les conditions de vie des habitants des quartiers : est-ce que cela a changé ? Non! Rien n’a été fait. On le voit avec les Gilets Jaunes.

Et en plus, beaucoup de lois très à droite sont apparues comme la loi anti-casseurs qui est pour moi une loi liberticide, il y a eu l’abandon de l’ISF aussi. Aujourd’hui il est devenu difficile de soutenir un gouvernement qui penchent de plus en plus à droite. Je ne peux plus l’assumer.

Leglob-journal : Et la violence policière, j’imagine que cela va aussi a l’encontre de vos valeurs d’homme de gauche ?

Oui, beaucoup d’ONG défendant les Droits de l’Homme en font le reproche au Président. Elles ne font que progresser… Il y a cette violence policière impunie, qui ne fait que croître lors des manifestations. Tout cela fait que je ne peux plus accepter d’être LREM et soutenir ce gouvernement localement.

J’ai cru pendant très longtemps à ce deuxième temps qu’Édouard Philippe devait mettre en place avec des questions plus sociétales et sociales. Mais la seule vision sociétale qu’Emmanuel Macron a, c’est de courir après le FN pour remettre sur la table les questions d’immigration et les questions du voile qui ne sont pas les préoccupations principales des Français. Actuellement, ce qui préoccupe nos concitoyens, c’est toujours le chômage et les conditions de vie difficiles que chaque Français connait au quotidien. On a vu ce qui s’est passé au niveau des Gilets Jaunes, ce mouvement de fond, il n’y a eu aucune réponse concrète …

Leglob-journal : Vous aviez déclaré au Glob-journal le soir de l’élection de Macron : « Sûr, je serai dans la rue, s’ il ne respecte pas ses engagements, comme je l’avais été pour Hollande ! » Vous êtes allé manifester ?

Oui, je suis allé dans la rue pour protester contre la réforme des retraites… Mais je ne l’ai pas affiché publiquement en raison de mes responsabilités politiques comme animateur En Marche sur Laval. Je ne voulais pas qu’il y ait de récupération. En revanche, je n’ai pas manifesté avec les Gilets Jaunes parce que je n’étais pas d’accord avec la forme que prenait le mouvement. Mais sur le fond j’étais absolument en phase avec eux parce que c’est ce que je vois au quotidien dans la banque où je travaille. La moitié de ses comptes sont détenus par des gens pauvres, des clients qui ont tous des difficultés pour finir les fins de mois. Je n’étais pas d’accord avec certaines revendications des Gilets Jaunes. Et en plus de cela certains étaient misogynes, xénophobes et homophobes, alors…

A proximité de Jean Arthuis, l’un des premiers soutiens en Mayenne du candidat Macron
Leglob-journal : vous avez manifesté à Rennes contre la réforme des retraites d’Emmanuel Macron, c’est plus pratique Rennes, non ?

Oui, mais c’est parce que je travaille à Rennes… Et avec la grève à la SNCF, il m’est arrivé de ne pas pouvoir rentrer sur Laval où je vis. Et si j’ai manifesté, c’est pour des raisons personnelles… Si on m’avait vu à Laval certainement qu’on aurait utilisé mon image. Et ce n’était pas le but, par respect pour mes camarades de LREM 53.

Leglob-journal : A vous comprendre, c’est donc un long cheminement qui vous a conduit au départ de LREM dont vous claquez la porte fermement. Pour aller où et faire quoi ?

Je ne suis pas quelqu’un qui fait les choses pour qu’on le voit. J’ai toujours suivi mes convictions personnelles, et mes valeurs d’engagement. Je ne suis pas quelqu’un qui se lève un matin et qui par opportunité pense au pouvoir en se rasant. Si vous voyez ce que je veux dire… Je suis loyal, et je ne suis pas un homme politique qui fracasse les murs simplement pour entendre le bruit.

Aujourd’hui où est-ce que je vais ? C’est une très bonne question… parce que je ne cours pas après une place, une place sur une liste municipale. Je cours après des valeurs et des convictions qui me ressemblent.

Aujourd’hui, je ne vais pas me trahir. Je suis encore dans le questionnement. Vous avez compris de quelle façon je pense et surtout ce que je ne peux pas accepter. Faire alliance avec des personnes de la Droite Forte et de la droite violette, non vraiment pas!

Leglob-journal : vous dites cela parce que vous n’avez pas été pressenti pour être sur la liste de François Zocchetto dans le cadre de l’accord LREM qu’il avait scellé puis sur celle de Didier Pillon ? Finalement vous êtes déçu, non ?…

Certainement pas ! Dés le début, avant que les négociations ne commencent, j’ai toujours revendiqué et assumé que je ne partirai pas sur la liste Zocchetto. Il y a un an, j’ai dit au Glob-journal que je n’étais pas en concordance avec les valeurs de François Zocchetto et ce qu’il incarnait. Et avec Didier Pillon succédant à Zocchetto, je me suis toujours mis en retrait par rapport à ces négociations. Dès le début, j’ai dit que je ne partirai pas avec une majorité de droite et avec le retour de Samia Soultani au coté de Didier Pillon, c’était impossible. En Marche 53 m’a proposé de les accompagner sur la liste, et ma décision, il y a quelques mois, a été prise. J’ai à nouveau refusé, par respect et amitiés, notamment pour Vincent d’Agostino, le porte-paroles d’En Marche 53 (A la droite de Rihaoui Chanfi sur la photo de Une, NDLR)

qui négociait avec l’UDI. Je ne voulais pas faire de vague…

Avec le groupe LREM53, Rihoui Chanfi (au centre de la photo) est l’un des seuls à montrer qu’il travaillait

J’ai refusé aussi parce que je n’ai jamais été avide de pouvoir contrairement à certains pour qui être sur une liste municipale passe avant les convictions. Ce qui m’intéresse, ce sont les idées et ce que les personnes défendent.

A LREM 53, rien ne fut facile. Malgré la mobilisation de marcheurs sincères, la mise en place d’actions fut toujours très ardue. Durant deux ans et l’absence d’élections nous nous sommes souvent trouvés à quelques-uns à essayer de faire vivre ce mouvement en Mayenne.

Leglob-journal : Pourquoi alors est-ce possible, pour d’autres de LREM 53?

On a aujourd’hui une très bonne députée européenne Valérie Hayer, la structuration au niveau départemental se poursuit et la perspective des municipales a fait revenir des marcheurs. Le pouvoir attire toujours en politique. Les ambitions personnelles de chacun font sortir les loups des bois. Le bon score de LREM en Mayenne aux Européennes a permis de redorer notre mouvement et aujourd’hui certains l’assument et le revendiquent… Mieux vaut tard que jamais!

Pour ce qui me concerne, mes convictions politiques sont trop fortes pour que je puisse les mettre de coté comme l’on fait d’autres à LREM 53 qui ont choisi de s’acoquiner finalement, même si c’est Didier Pillon qui tient en apparence la liste, avec une droite dure. Certains ont été très pragmatiques, oubliant leurs valeurs, parce qu’il s’agit d’une alliance assez étonnante, tout de même ! Une droite franchement décomplexée avec un mouvement En Marche qui est à la base « ni gauche, ni droite » mais qui se voulait ouvert avec un positionnement humaniste. Aujourd’hui, cette alliance est, à mon sens, contre nature. Après, je ne suis pas dans la tête de certains marcheurs en Mayenne. Chacun est libre, mais si aujourd’hui le pouvoir est plus important que les valeurs, c’est terrible ! Moi, ma conscience me dit que je ne peux pas…

Leglob-journal : Et maintenant comme vous êtes un homme de gauche assumé, que vous avez été anciennement marxiste et socialiste, est-ce que vous irez sur une liste ou vous pourriez retrouver quelques unes de vos valeurs… ?

Oui c’est possible… Mais encore une fois je ne veux pas être une personne de plus dans une liste. Je ne veux pas être utilisé… Je ne veux pas être le nègre de service dans une liste. Je veux être dans une liste en accord avec tout ce qui me guide, valeurs, convictions, engagements et combats politiques. Parfois, ces derniers ont été les plus forts pour casser la carrière politique, ou l’ambition politique de progression, au détriment même de postes politiques qui m’étaient proposés… mais, pour moi, les convictions et les valeurs sont plus importantes que le simple accès au pouvoir…

Pendant une séance de distribution de tracts au marché à Laval avec le co-animateur Olivier Lohéac
Pendant une séance de distribution de tracts au marché à Laval avec son homologue le co-animateur de Laval Olivier Lohéac, devenu depuis référent LREM 53

Aujourd’hui, si un collectif est prêt à accepter tout ce que je viens de dire et qu’il est en accord avec ce que, moi, je défends, bien évidemment j’irai. Mais attention, ce n’est pas un appel, je ne suis pas quelqu’un qui mendie un poste ou une place… il y a des gens qui m’ont téléphoné pour me proposer d’entrer dans un collectif mais j’ai toujours été un homme libre et je le revendique encore aujourd’hui. Je ne suis pas comme certains qui passent leur vie à faire des courbettes et des appels du pied… C’est pour ça que je démissionne de ce fait de mon poste d’animateur lavallois de LREM. Je ne peux être un pied dedans un pied dehors. Je préfère être en dehors pour me regarder le matin dans la glace…

Leglob-journal : Si je vous dis que vous êtes un homme libre pour faire de la politique pour le bien commun de ses concitoyens, vous êtes d’accord avec cette idée ?

Exactement ! un homme libre faisant de la politique pour les autres, voilà ce qui me caractérise. Pour moi, un homme politique n’est pas fait pour servir ses propres intérêts mais ceux des autres. Écoutez, si ce que je défends peut servir le bien-être de la population lavalloise alors je dis banco…

Leglob-journal : Est-ce que ce n’est pas , Rihaoui Chanfi, une conception un peu naïve de la politique ?

Ah mais oui, je revendique tout à fait ce coté naïf de la politique… Je suis un idéaliste… Figurez-vous que je fais de la politique pour changer les choses. C’est peut-être naïf… C’est ce qui m’a plu au début chez Emmanuel Macron. Le fait qu’il proposait à certaines personnes qui n’étaient pas issues du milieu politique de s’engager. A eux de vouloir changer les choses par rapport à leur point de vue et par rapport à ce que le système faisait jusque-là. Alors si c’est ça faire de la politique naïvement, je revendique cette naïveté, je l’assume, même!

Leglob-journal : Donc là, vous terminez un cycle et vous souhaitez entrer dans un autre ?

Je termine le cycle de LREM, ça c’est sûr et certain… Avec émotions, car j’ai quand même rencontré de très belles personnes, et d’autres nettement moins belles… Je retiens les personnes sincères dans leur engagement qui m’ont fait espérer que la politique puisse se faire différemment… Et aujourd’hui est-ce que je rentre dans un nouveau cycle, c’est la question que vous me posez ? Non, je ne crois pas … Je continue mon cycle politique mais d’une manière différente. Aujourd’hui je pars de LREM avec la tête haute et le sentiment du devoir accompli.

* Aurélien Page (ancien réfèrent départementale), Dominique Minzière, Edith Lecuyer-Gault, Sébastien Buron ( militants actifs depuis 2016)

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Ils ont commenté cet article :

  1. Communiqué Equipe départementale LREM 53:

    Intégrer ou quitter LREM a toujours été pour chacune et chacun un choix libre et individuel. Nous rappelons que nous partageons et défendons les valeurs d’humanisme, de liberté et de solidarité. Nous sommes avant tout un mouvement citoyen et qu’en tant que tel, nous sommes ouverts à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans nos idéaux. Les départs, lorsqu’ils ne sont pas provoqués exclusivement par des ambitions personnelles sont assez souvent explicables par des divergences de méthodes et cela ne nous empêche pas de rester en accord sur les objectifs à atteindre. Depuis sa création, nous pensons qu’En Marche est le mouvement le plus à même de répondre aux besoins de la participation citoyenne. Ainsi un soutien clair et sans faille a été accordé par le collectif LREM lavallois à Didier Pillon pour conduire la liste Laval Passionnément. Notre vision de progrès consiste à bâtir une société audacieuse qui s’engage dans les transitions verte et numérique et encourage les réussites individuelles, tout en préservant les valeurs essentielles de fraternité et de solidarité. Didier Pillon partage notre socle de valeurs. Chacun des membres s’y est engagé. Ensemble, nous construisons un projet ambitieux, écologique et humaniste au service de tous les Lavallois.

    1. Précisons que ce commentaire signé simplement « Sockalingum » est en fait à l’origine un « communiqué de presse » intitulé comme tel par ses expéditeurs et envoyé par LREM 53 à la presse et donc au Glob-journal. Il était signé par Khris Sockalingum, un marcheur et par le référent départemental de LREM en Mayenne, à savoir Olivier Lohéac… leglob-journal a demandé aux deux expéditeurs de le porter au bas de l’interview de Rihaoui Chanfi, pour une publication intégrale, ce qu’ils ont bien voulu faire.
      Thomas H.

  2. Au-delà du pathétique, la petite histoire politicienne de ce monsieur un rien opportuniste, à deux pas des municipales, nous éclaire sur les embrassades annoncées entre les socialistes plus ou moins masqués et les girouettes de la macronie quittant le navire qui prend l’eau. Il est beau le « nouveau monde » annoncé !

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