Le journalisme du pourquoi

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Les journalistes savent qu’à cette règle là, il ne faut surtout pas déroger. Cette règle, c’est celle des 5 W, communément appelée ainsi en raison de la fascination d’après-guerre pour la culture occidentale véhiculée sur toute l’Europe par les États-Unis.
Le miroir a permis de refléter des pratiques qui ont été analysées, piochées, calquées et appliquées en Europe et en France. Et le monde du Journalisme ne s’en est pas privé. Jusque dans les maquettes de journaux.

 Par Thomas H.

Devoir d’informer – La règle des 5 W prend un relief particulier pour la profession qui a pour devoir d’informer. Elle apparait de plus en plus essentielle car elle permet aux jeunes journalistes, dans les écoles ou qui apprennent sur le tas, de ne pas omettre un des paramètres de construction de l’information et de sa mise en forme lors de l’écriture. Il faut bien-sûr pour qu’une information soit cohérente ne pas oublier un W.

Les 5 W (who, where, what, when et why, qui, où, quoi, quand et pourquoi ?), sont donc dans l’univers de l’information journalistique connus et doivent donc être respectés. A ces piliers de la construction de l’information tangible, il faut sans doute faut-il y ajouter un sixième W, pour how (comment ?) Mais dans cette règle de base enseignée en École de Journalisme, il est un W sur lequel il faudrait particulièrement insister. C’est le “Pourquoi”. Comment en effet, ne pas mettre en perspective une information, en ne la reliant pas à son époque, à son temps immédiat, à son environnement et son histoire.

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Une information n’arrive jamais sur le « grand marché de l’actualité » sans qu’on ne puisse la remettre dans un contexte qui l’éclaire et la rend plus compréhensible pour ceux à qui elle est destinée. C’est même le devoir du journaliste. Une information ne vit que si elle peut être expliquée et contextualisée.

La une du journal Lundi 13 Février 2012
La une du journal Lundi 13 Février 2012
Les journalistes du Figaro nous le rappellent de façon indirecte. La Société des journalistes n’apprécient plus les manchettes en Une, des gros titres unilatérales et qui font sourire dans les rédactions. Tant leur processus de fabrication est grossièrement mis en œuvre.

«Pas le bulletin d’un parti» – Les journalistes qui disent aimer leur métier et leur journal, demandent dans une motion que les « titres et les manchettes rendent compte de manière complète et pluraliste de l’actualité sans occulter tel ou tel sujet au motif qu’il pourrait embarrasser l’actuelle majorité ».

Les journalistes écrivent que « depuis plusieurs mois, les motifs d’interrogation se sont accumulés pour la rédaction, ainsi que les manchettes à sens unique suscitant l’ironie dans les revues de presse ».

Un « journal d’opinion, n’est pas le bulletin d’un parti, d’un gouvernement ou d’un président de la République », écrivent les journalistes qui veulent ainsi « créer une crise » avec la direction du Figaro. « Sans la liberté de blâmer il n’y a pas d’éloge flatteur » peut-on lire sous le bandeau du quotidien, célèbre réplique du personnage de Beaumarchais.

Avec l'aimable autorisation de Plantu
Avec l’aimable autorisation de Plantu


leglob-journal.fr salue la position de ces journalistes
qui ne veulent pas être assimilé à de simples relais d’opinion. Ils recherchent l’équilibre, et ils sont dans leur droit. Pour que le Journalisme puisse se respecter.

Cette position salutaire rappelle que les journalistes partout, dans toutes circonstances et malgré toute pression, doivent prendre de la distance pour mieux s’approcher de la compréhension des pouvoirs. Comprendre le pourquoi du comment, et ce qui se cache derrière tous les pouvoirs, qu’ils soient petits ou grands. Parce qu’en fin de compte, la liberté de la presse, ce n’est pas un privilège de journaliste mais bien un droit des citoyens ! Un droit qu’il faut respecter et ne pas fouler aux pieds à des fins commerciales dénuées de tout intérêt général.


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