Le retrait surprise de Claude Gourvil : « Je ne suis pas candidat »

Claude Gouvil était absent au dernier conseil municipal de septembre, mais il ne fallait y voir un message, même si sa non-présence – pour des « raisons personnelles » – a été remarquée. L’élu écologiste qui fut adjoint en charge de l’environnement de Guillaume Garot député-maire de Laval a décidé de ne pas être candidat pour les élections municipales de 2020. Claude Gourvil fut longtemps présenté, après le « retrait de la vie politique locale » de Jean-Christophe Boyer, comme chef de file de l’opposition à François Zocchetto. Il s’agit, selon l’élu écologiste, d’un « arrêt de la politique représentative pour s’impliquer plus et différemment », autrement dit continuer à faire de la politique mais sans avoir de mandat, tout en pesant sur le réel.

Pas candidat pour mieux peser

Par Claude Gourvil


Après avoir été onze ans Conseiller général de la Mayenne, six ans adjoint au maire de Laval et vice-président de Laval Agglomération, puis bientôt six ans Conseiller municipal et communautaire de la minorité lavalloise, j’ai décidé de ne pas me présenter aux prochaines élections municipales de 2020. Non par lassitude, mais avec le sentiment du devoir accompli, conformément aux mandats que m’avaient confiés les électeurs. Dans chaque configuration, j’ai toujours agi dans l’intérêt général, au service de nos concitoyens, à l’échelle du territoire d’élection sans rechercher ni obtenir de bénéfices personnels.

Aujourd’hui, j’estime qu’il est temps de passer le relais. D’autant que mes convictions par rapport au non cumul des mandats, qu’ils soient simultanés ou successifs, m’incite à jouer la carte du renouvellement. Ce n’est pas non plus un problème d’âge, étant entendu que suis dans ma 61 ème année comme François Zocchetto.

Seul rescapé de l’exécutif de la précédente municipalité, après les abandons qui ont émaillé notre équipe, j’avais à la fois la légitimité et l’opportunité de mener une liste rassemblant une large gauche locale, mais au risque d’échouer, sur le plus petit dénominateur commun en terme de contenu programmatique. L’heure n’est plus en effet aux compromis de circonstance pour tenter de figurer en bonne place sur l’échiquier politique local. Je ne souhaite pas porter un catalogue de propositions qui soit mi-chèvre mi-choux pour satisfaire le plus grand nombre. Si l’on m’a sollicité un temps pour conduire une liste, après réflexion cette opportunité n’est plus d’actualité.

Claude Gourvil à vélo, pas très loin du parvis de l’hôtel de ville de Laval

Laval ville et Laval Agglomération, nos collectivités, à l’image de l’État français, ne sont pas à la hauteur des grands enjeux environnementaux et humains, dont nous devons nous emparer, à tous les niveaux de la société. Les enjeux climatiques et de biodiversité ne sont pas pris en compte concrètement, alors que les collectivités locales et territoriales devraient être les fers de lance du changement radical qui nous incombe pour préserver l’équilibre du vivant. Il faut donc changer de direction, de pratiques, fondamentalement et c’est maintenant qu’il faut agir, sans compter sur un hypothétique mandat de transition qui multiplierait les atermoiements. C’est notre responsabilité.

Aussi, je préfère concentrer mon énergie et mon expérience d’élu dans la définition commune d’un projet écologique solide et durable pour Laval, son agglomération et ses habitants, sans préjuger des femmes et des hommes qui l’incarneront et, je l’espère, le mettront en œuvre avec ténacité et courage, la victoire venue. Mais je ne serai pas, quoi qu’il advienne, en position éligible.

Pour autant, je ne suis pas de ceux qui bradent ou masquent leur appartenance politique et leur étiquette, ou qui bafouent leurs engagements. Je suis adhérent d’Europe Écologie Les Verts depuis 1989. Je suis fier d’avoir mené à Laval et Laval-agglomération d’importants projet concernant l’eau et l’assainissement, les espaces verts, la gestion des déchets ménagers, par exemple.

Sur les six dernières années, élu dans la minorité lavalloise, j’ai eu à cœur d’apporter une critique constructive, empreinte d’écologie du quotidien, malgré les incessantes remarques acerbes et mal venues de certains membres de la majorité qui pratiquent la politique au rétroviseur.

Je souhaite que l’équipe choisie par les électrices et les électeurs, en mars prochain, soit guidée par une volonté écologique de vivre mieux pour tous nos concitoyens, qu’il s’agisse d’environnement, de service publics, comme de justice sociale. L’écologie n’est ni une mode ni un luxe. C’est une nécessité vitale à partager d’urgence. La ville et l’Agglo doivent être exemplaires, servir de levier et accompagner toutes les initiatives qui vont dans le bon sens. Mais aussi avoir le courage de refuser celles qui détruisent de près ou de loin, dans l’immédiat ou dans un avenir moins proche, les conditions de vie sur terre. »

Faites un don pour développer votre média en ligne
Par carte bancaire en cliquant sur le bouton « Faire un don » ci-dessus
Ou bien par chèque à l’ordre de : Association leglob-journal
Adressez-le à : leglob-journal, 19 rue des Acacias – 53970 L’Huisserie

Commenter cet article