Lettre ouverte à Denis Walecks, le Dasen en Mayenne – Par des parents d’élèves

Haro sur les fermetures de classes et la carte scolaire qui a été scellée par le Dasen, le directeur académique des services de l’Education nationale en Mayenne le 17 avril dernier. Florian Bercault, le candidat de la gauche à la mairie de Laval a réclamé le premier le maintien de deux classes à l’école primaire d’Hilard ainsi qu’à l’école Jules Verne ; le député socialiste Guillaume Garot estime lui que « Supprimer des classes ou des postes dans ces conditions [Celles du Covid-19] serait hasardeux, avec des conséquences qui pourraient être préjudiciables, surtout dans les territoires les plus en difficulté. Nous aurons besoin d’un système éducatif au maximum de son efficacité à la rentrée 2020 (…) ». A présent, c’est au tour de parents d’élèves de Château-Gontier de monter au créneau…

Lettre ouverte à monsieur le Dasen

Par les parents délégués de l’école maternelle Jean Guéhenno


Monsieur le directeur académique,

Nous sommes les parents des enfants scolarisés à l’école Jean-Guéhenno, maternelle de Château-Gontier. Vous avez pris la décision de fermer une classe de l’établissement dans lequel nos enfants sont scolarisés. Nous, parents d’élèves, sommes totalement opposés à cette décision. En effet, plusieurs éléments nous amènent à penser que nos enfants ne pourront plus bénéficier des conditions actuelles d’accueil et d’enseignement, qualités en partie pour lesquelles nous avons choisi de scolariser nos enfants dans cette école.

« L’effectif confortable » avant cette période de confinement permet notamment :

  • – Un échange facilité entre parents et enseignants
  • – De faire face aux difficultés d’adaptation que peuvent vivre certains enfants (certaines familles)
  • – Un accompagnement global attentif des enfants dans leur début de scolarité
  • – De cultiver le plaisir d’apprendre et le plaisir d’aller à l’école pour les enfants.

En outre, comme probablement dans d’autres écoles, des difficultés d’apprentissage et comportementales sont bien présentes. Nous ne sommes pas toujours avertis par nos enfants de tout ce qui se passe, mais l’attention portée par les enseignantes permet de désamorcer des attitudes qui pourraient devenir plus graves en grandissant.

Cette vigilance est possible lorsque l’effectif des enseignants le permet. Nous, parents, avons constaté des attitudes qui nous font penser que le comportement de harcèlement prend naissance dès la maternelle. La bienveillance et la disponibilité des enseignantes permet de faire face aujourd’hui. Qu’en sera-t-il demain ?

Quelle est votre réponse pour nous rassurer quant au fait que des enfants qui avaient déjà des difficultés d’adaptation, des difficultés comportementales, pour lesquels le confinement aura aggravé leur situation, de quelle façon ces enfants pourront être (ré)accompagnés si les enseignantes sont moins disponibles ?

Nous avons également besoin de savoir quelles vont être les moyens mis à la disposition des enseignantes pour pouvoir continuer leur mission, sachant qu’aujourd’hui, du fait de la situation sanitaire, nous savons que plus de 20% des enfants sont dans une situation de décrochage : pas ou peu de contacts avec les parents, pas de retour sur les activités proposées…

Concrètement, si cette proportion reste constante, vingt-cinq enfants auront besoin de plus d’attention de la part des enseignantes. Sachant que le nombre d’enfants scolarisés sera plus important à la rentrée de septembre. Que va-t-il advenir de ces enfants ? Va-t-on leur faire suivre le même parcours sans accompagnement particulier ?

Demander aux enseignantes d’être plus présentes auprès d’eux, peut-être au détriment des autres enfants ? Nous vous posons la question. La majorité des parents font face du mieux qu’ils peuvent à cette situation de confinement. Mais d’une part nous ne savons pas forcément mettre en œuvre la pédagogie adaptée pour accompagner nos enfants, et d’autre part comment faire pour accompagner deux ou trois enfants d’âges différents, et donc de niveaux différents, à concilier parfois avec le télétravail ?

Tous les enfants ne reprendront pas l’école de la même façon, les inégalités vont continuer à se creuser à plusieurs niveaux. Et pour autant, tous les enfants auront besoin de se réadapter !

Pour finir, nous aimerions également que vous nous précisiez en quoi l’augmentation des effectifs dans les classes est adaptée à la crise sanitaire que nous traversons. Est-il opportun de mettre plus d’enfants dans une même classe ? Nous estimons indécent d’envisager une fermeture de classe dans le contexte actuel. En effet, nous pensons que cette prise de décision, compte-tenu de la situation actuelle, est particulièrement inappropriée. Cette décision, particulièrement en cette période de confinement, est d’autant plus irrespectueuse à notre égard que nos possibilités d’échanger sont restreintes par l’impossibilité de nous réunir.

L’année scolaire a commencé difficilement, elle va se terminer difficilement compte-tenu du contexte sanitaire… et de quelle façon la rentrée de septembre se passera-t-elle ?

Enfin, nous avons une pensée particulière pour l’enseignante, qui sitôt arrivée va devoir repartir, subissant elle aussi cette fermeture, malgré l’augmentation des inscriptions. Doit-on dorénavant parler de « conditions d’utilisation d’un enseignant » ?

Nous, les parents délégués de l’école maternelle Jean Guéhenno, nous vous demandons de revenir sur votre décision et d’annuler la fermeture de classe dans notre école.


Cette lettre ouverte a également été envoyée au maire de Château-Gontier-sur-Mayenne et au Préfet de la Mayenne.


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