Municipales 2020 – Des listes, et des candidats : un boulevard pour un élu ?

Par Thomas H.


Voilà, c’est fait. Nous sommes entrés dans la phase de la campagne officielle. Les dés sont jetés. Il n’y aurait plus rien à faire qu’à attendre le premier tour pour aller voter puisque les listes en Mayenne comme ailleurs sont à présent officiellement déposées en Préfecture. 4 615 candidatures ont été enregistrées dans le département de la Mayenne pour 3 578 postes de conseillers municipaux. A titre de comparaison, 4 992 candidatures avaient été enregistrées en 2014 et 4180 en 2008. Avec dans ce melting pot* d’ambitions, seulement 1 % des candidats qui sont âgés de 18 à 30 ans. Le gros de la troupe, 70 %, ont entre 31 à 60 ans. 29 % ont plus de 61 ans.

Les programmes sont devenus des consommables. Ils arrivent dans nos boîtes aux lettres comme les publicités de la grande distribution. Elles doivent être attentivement regardés sans modération, car il faut bien en avoir conscience, leurs contenus vont « impacter » les six années à venir dans la ville ou le village où vous vivez.

Alea jacta est ! Pour reprendre la petite phrase que Jules César aurait prononcée le 10 janvier 49 av. J.-C., haranguant son armée après le passage du Rubicon. Un César réfléchissant longuement devant l’importance de son entreprise, qui allait bouleverser la République.

« Changer », « verdir », « réveiller », « gérer », etc. les verbes d’actions utilisés par les têtes de listes qui concourent à l’élection, disent beaucoup de ce que sera l’après 22 mars, ce second tour où la fusion de listes aura été réalisée. A condition que les candidats tiennent leurs promesses !

Aujourd’hui, ils doivent avoir conscience que leur implication, dans le combat électoral, doit être pleine et entière. Il ne s’agit pas seulement, là, de renouveler l’alternance, ou bien, ici, d’assurer la pérennité d’une équipe sortante en assurant la stabilité d’une majorité départementale ou encore de prendre une revanche… A l’image du chef combattant, celui ou celle qui sait qu’il doit emmener ses troupes à la victoire, doit aussi mener son affaire avec science, bien sûr, mais aussi avec conscience pour paraphraser le sceptique Rabelais. Sinon, cela accentuera le sentiment de ruine déjà bien vivace dans les esprits.

Chaque candidat sait qu’il est difficile de ne pas compter avec les événements sur lesquels il n’aura aucune emprise. Le premier de ces événements, c’est l’abstention dont on nous dit qu’elle sera forte. Le second, c’est la conséquence de cette défiance, déjà évoquée dans ces colonnes, dont les politiques dites classiques sont malheureusement entachées. Vouloir se rapprocher de ceux qui en sont les destinataires, en les consultant, en faisant de la concertation, certes, c’est louable, mais n’est-ce pas trop tard ?…Vouloir faire, pour certaines listes, une quasi-[r]évolution en axant d’un seul coup le discours majoritaire sur le verdissement de la ville pour surfer sur une opinion qui s’inquiète, est-ce vraiment crédible quand pas grand chose n’a été fait pendant les six années qui se sont écoulées?

L’incertitude n’est-elle pas la mère de l’élection, avant, pendant et après? Ceux qui s’en remettent aux urnes le savent bien et devront en tenir compte… Une élection n’est jamais gagnée d’avance. C’est d’ailleurs la première idée qu’on inculque à un prétendant à un siège, quel qu’il soit. Candidat, sur le boulevard de l’élection, vous devrez vous en remettre à votre pouvoir de persuasion, à la chance et au loto des urnes. Par les temps qui courent, il n’est plus vraiment possible de décevoir…

*creuset


Photo de Une leglob-journal : les affiches des candidats des cinq listes en compétition à Laval


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