Municipales 2020 – La saga craonnaise – par Jules Surdoras

A Craon, deux listes sont en présence. « S’unir et agir pour Craon » conduite par Bertrand de Guébriant et « Osons + ensemble » emmenée par le maire sortant Claude Gilet. Derrière ce duel se cache par candidats interposés toute une histoire sur un petit territoire de la Mayenne, celui du Pays de Craon. Rivalités, destins contrariés, amertumes et procédure en justice… tout y est pour en faire une véritable « saga ». Ce que nous compte Jules Surdoras dans les colonnes du Glob-journal.

Deux listes à Craon… pour un fauteuil

Par Jules Surdoras


Après avoir conduit les destinées de la ville de Craon pendant 25 ans, Paul Chaineau se retirait de la vie politique locale en mars 2014. Pour amorcer une transition en douceur et garder une certaine mainmise, il mettait deux de ses lieutenants en tête de liste. Le poste de maire devait revenir au conseiller général Camille Besnier et celui de la future grande communauté de communes logiquement à Philippe Guiard, président de la communauté de communes du craonnais à l’époque. Si lors des élections précédentes, il n’y avait qu’une liste, tuant ainsi tout suspense, trois se présentaient sur la ligne de départ, il y a six ans en 2014 ! Or, avec un peu plus de 55 % des voix, c’est la liste de Claude Gilet, déjouant le bel ordonnancement de Paul Chaineau, qui l’emporta dès le 1er tour. Un peu à la surprise générale. Quoique.

Si Paul Chaineau est resté maire pendant 25 ans, ce n’est évidemment pas par hasard et il faut saluer ce qu’il a fait. Mais son dernier mandat aura été celui de trop. Déjà, à la fin du 3e, quelques alertes auraient dû lui mettre la puce à l’oreille. Quand notamment eut lieu le clash avec l’ES Craon Football provoquant la démission d’une majorité de son bureau et de ses entraîneurs fatigués par cet impossible dialogue. Finalement, ce sont les Craonnais qui ont payé l’addition puisque la ville pour pallier l’absence d’encadrants aptes à gérer un club de 245 licenciés et à mobiliser 60 bénévoles pour son tournoi a dû embaucher l’équivalent d’un temps plein. Une situation qualifiée d’ « inégalitaire » vis-à-vis des autres associations sportives dont certaines se sont émues.

Le quatrième mandat aura été marqué par de nombreuses controverses, conséquence d’une « absence de concertation » déplorée en coulisse d’ailleurs par certains des colistiers de Paul Chaineau qui se gardaient bien cependant de l’afficher en public. Des sages… qui n’hésiteront pas, en revanche, à s’épancher dans la presse plus tard, une fois dans l’opposition.

Ce sera le cas pour l’épisode de l’Établissement de réinsertion scolaire des jeunes collégiens du 93 (ERS) imposé au collège Volney [Par l’ancien Inspecteur d’académie de la Mayenne Daniel Auverlot, devenu depuis Recteur de l’Académie de Limoges puis de Créteil, NDLR] sans en aviser parents et enseignants. Ce sera le cas pour les deux projets de méthanisation, provoquant une manifestation inédite de 500 personnes dans les rues de Craon. Ce sera le cas, aussi, pour le projet du sens unique en centre-ville qui n’aurait fait qu’accentuer son déclin. Ce sera le cas, enfin, pour le centre équestre prévu sans terrain et à qui il manquait 1,50 m de hauteur.


Le centre équestre de Craon, dont l’appel d’offre a été lancé sur le marché en 2012, rouvrira ses portes en septembre 2020 après plusieurs mois de fermeture – © leglob-journal

On ne reconnaissait plus alors l’élu qui frôlait l’unanimité lors de ses deux premiers mandats. Une Assemblée du citoyen craonnais est d’ailleurs née de ce manque à l’été 2013. « Le débat est le pilier de la démocratie » dit toujours un ancien élu qui en est à l’initiative. « Quand on pose une question, on est très vite catalogué contre ! »

Mais la défaite de l’équipe favorite de l’ancien édile allait provoquer un séisme dans le Craonnais où on retrouve à peu près les mêmes personnes aux manettes depuis des années. Élu le 23 mars 2014, Claude Gilet le nouveau chef de la majorité locale se voyait confier une vice-présidence en charge de l’économie au niveau de la communauté de communes de Craon, la « petite com-com » devenue sursitaire pour neuf mois avant la fusion. Elle était désormais présidée par Daniel Gendry qui, seul candidat au poste, remplaçait Philippe Guiard, victime du suffrage craonnais.

Le passé n’empêche pas d’aller vers l’avant

Un début de règne plutôt calme. Mais neuf mois plus tard, il fallait rebattre les cartes puisqu’au 1er janvier 2015, les trois communautés de communes et le Pays de Craon devaient fusionner. Or, ce qui va se passer le soir du mardi 9 décembre 2014 à Livré-la-Touche va conditionner en grande partie le climat politique actuel du Craonnais.

Récemment, lors de la réunion publique du vendredi 6 mars 2020, organisée par la liste d’opposition, ce fait a été évoqué – mais Philippe Guiard l’a relégué au rang de péripétie. Interrogé sur sa position actuelle par rapport au méthaniseur ( celui de 2013, côté ville) et au sens unique du centre-ville, projets promus par l’ancienne municipalité dont il était un des membres influents, le n°2 de l’opposition a ouvert le débat malgré lui, indirectement. Ceux qui ont été au cœur de ces combats ne peuvent pas se contenter de réponses minimisant son implication qui ne concerne pas, il est vrai, la majorité de ses colistiers.

Très vite, l’expression « Aller de l’avant », est venue rythmer la réunion. quatre petits mots bien pratiques qui vous interdisent de parler du passé. Ouverts ? Les Craonnais doivent pouvoir s’exprimer car lire la presse locale n’est pas suffisant. Surtout quand le leader de la liste d’opposition Bertrand de Guébriant est très lié au journal local [ Il est à 39 ans, directeur administratif d’un groupe de presse locale publiant Le Courrier de la Mayenne et Le Haut-Anjou, notamment, NDLR].


Photo officielle de la liste conduite par Bertrand De Guébriant, (au premier rang en partant de la droite) – « S’unir et agir pour Craon »

Alors, en même temps qu’on reproche à l’équipe en place une gestion financière alarmante, on lui interdit de parler du passé. Sauf que la situation actuelle est bien impactée par les choix de l’ancienne équipe. Comment passer sous silence l’emprunt Dexia ! Ce n’est pas ce choix, fait par des milliers de municipalités, que je critique. La réalité, c’est que l’équipe actuelle a eu la très lourde tâche de subir des remboursements à 29 % avant de renégocier l’emprunt dit toxique. Si bien qu’aujourd’hui, l’ardoise se monte à 2 millions d’euros !

2 millions d’euros, c’est 2,5 terrains synthétiques sans subvention ! Ne résistons pas au plaisir de faire cette comparaison puisque là-aussi, la promesse d’une subvention n’ayant pas abouti a fait l’objet de critiques. Comble de l’ironie, cette promesse a été tenue par le conseiller départemental, celui qui a hésité à se présenter à Craon, démasquant ainsi son parti pris contre la majorité locale ! Faire poser sur le terrain les panneaux faisant la publicité pour l’institution qu’il représente, n’est-ce pas faire preuve de suffisance ? Cela ne fait pas tout de s’introniser membre du comité de pilotage « représentatif » de la Mayenne qui compte douze hommes et pas une seule femme. Et si on parlait des 70 000 € supplémentaires du centre équestre ? Et de l’absence de Directeur général des services (DGS) pendant trois ans ?

Tout ça s’apparente à de la politique politicienne ! Car si la ville est endettée à hauteur de 1749 € par habitant, le choix malheureux de l’ancienne équipe y est au total pour plus d’un gros tiers dans cette somme ! Pour le moins osée, cette critique ! Surtout qu’il y a six ans, la dette était aussi au-dessus des standards nationaux…

Claude Gilet écarté du Pays !

Revenons donc sur ce qui s’est passé ce 9 décembre 2014 à Livré-la-Touche. Le maire de la ville la plus importante, s’il ne réclamait pas la présidence de cette nouvelle entité, postulait légitimement pour l’une des dix vice-présidences donnant accès au bureau de la collectivité territoriale. Mais le duel qui l’opposait au maire de Niafles a tourné à l’avantage de ce dernier ! C’était LA surprise ! Une élection « curieuse » : les postulants étaient dispensés de programme. Il suffisait de lever la main pour indiquer qu’on se portait candidat et on passait de suite au vote.


Photo officielle de la liste conduite par Claude Gilet, le maire sortant (au premier rang au centre) – « Osons+ensemble »

Cependant, le règlement avait prévu qu’en cas de l’absence d’un maire d’une des trois villes principales (Craon, Cossé-le-Vivien et Renazé), une sorte de « repêchage » s’appliquerait et permettrait ainsi d’intégrer quand même la gouvernance. Le maire de Craon étant dans ce cas-là, qu’avait-il alors à se plaindre ?

En fait, selon Claude Gilet, il s’agit d’un siège officieux puisque sa voix comptera pour du beurre : seuls le président et les vice-présidents sont autorisés à voter ! Un détail mais qui a son importance ! Ce que conteste fermement Daniel Gendry que nous avons contacté. Claude Gilet, abasourdi, accepte du bout des lèvres la proposition. Résultat : tout au long de ce mandat, le vainqueur surprise des élections de Craon, la ville phare, ne participera que très épisodiquement aux réunions de bureau. Ce que lui reprocheront ses détracteurs.

Mais question : comment trouver une place sereine dans une organisation qui n’a pas voulu de vous ? Comment oser un débat contradictoire sans prendre le risque de subir les affres d’une farouche opposition collective et sans pouvoir le valider par le vote ? Claude Gilet devra aussi affronter l’incompréhension des autres élus qui déploraient qu’il ne saisisse pas cette « chance » d’intégrer le bureau, synonyme d’accès aux dossiers. Au final, « prendre des coups ou faire le mouton« , voilà le rôle qu’on lui réservait. Le lancement de cette grande com-com, fusion des trois autres (Craon, Renazé et Cossé-le-Vivien), ne pouvait plus mal commencer. Daniel Gendry, président d’une des trois communautés de communes avait légitimement sa place, tout comme Claude Gilet, maire de la ville centre.

Comment a-t-on pu en arriver là ? Auparavant, il y a bien eu une tentative d’arrangement « entre amis » : l’élu craonnais se voyait proposer la gestion de la piscine en échange d’une vice-présidence. L’avantage pour lui : ça lui assurait une présence dans le bureau de la gouvernance. Mais il ne fut pas dupe : se débarrasser du dossier épineux de la piscine et surtout écarter un concurrent à l’économie, tel pouvait être, selon lui, l’objectif inavoué. Si bien que le nouvel élu refusera !

Mais pourquoi Claude Gilet tenait-il tant à l’économie ? D’abord, 1364 électeurs l’ont porté à la tête de la ville principale dès le 1er tour, malgré trois listes.

Ensuite, il faut savoir que la ville de Craon génère plus de 45 % des recettes du nouveau Pays : l’essentiel de l’économie est donc ici ! D’autre part, en tant qu’ancien cadre notarial, il a des compétences dans le domaine et une grande connaissance des communes du territoire ! Alors, qui est le mieux placé pour gérer cette place forte de l’économie du territoire ?

C’est pourtant le maire de Niafles que les élus communautaires choisissaient ! Rappelons que Daniel Gendry a été élu en 2014 avec 157 voix. De ce point vue là, c’est même moins bien que Matthieu Mautin, le seul élu de la 3e liste sur Craon (191 voix). Peut-on appeler cela de la démocratie ?! Certes, c’est la loi mais comme disait le regretté Stéphane Hessel, « La loi n’est pas toujours légitime et le droit ne s’arrête pas à la loi. »

Comment croire qu’une majorité des membres du conseil communautaire aient privilégié l’intérêt général en éjectant Claude Gilet, celui qui a rassemblé et de très loin le plus de suffrages sur le territoire ? Comment croire que l’intérêt général, c’était de construire une grande communauté de communes sans le représentant de la ville principale qui « pèse » autant que huit vice-présidents réunis sur dix, si on regarde le nombre de voix récoltées ?

Aurait-on voulu lui faire payer le fait d’avoir refusé la proposition ? Si c’est le cas, c’est bien la preuve que cette proposition n’en était pas une ! Est-ce cela la démocratie? Surtout à l’heure où l’argument dominant et préféré de Philippe Guiard, bien en phase avec ce choix, c’est justement de tenir compte au maximum de l’avis du citoyen. Le vote des Craonnais, et ils sont nombreux à le penser, n’a manifestement pas été respecté !


« Faire cavalier seul »… – Photo illustration

Illustrons par un exemple les conséquences de tout cela : le projet de rocade pour le contournement de l’hippodrome a été dévoilé fin 2015. Le président du Conseil Départemental a assisté à la présentation en présence de Claude Gilet… qui, selon lui, la découvrait ! C’est donc le maire de Niafles et sa commission qui dictent en toute légalité leur loi sur le sol craonnais et placent le maire de la ville au rang de spectateur, comme un citoyen lambda ! Idem avec la vente des bâtiments de l’ancienne gendarmerie à Craon. Résultat : c’est le maire de Niafles qui est venu imposer ses choix à l’élu local quant à la gestion de ses immeubles. Le maire de Craon a dû s’incliner, malgré une alternative ! Imaginons si le premier magistrat de Craon appliquait la même méthode chez les Cosséens à propos du musée Robert Tatin [Le musée Tatin, de communal est passé depuis peu sous l’égide du Département, NDLR] ou encore chez les Renazéens avec les ardoisières… Mais Daniel Gendry conteste vigoureusement ces faits : « Claude Gilet, selon lui, avait connaissance de l’existence de cette rocade !« 

Autre remarque : l’élu en question n’a aucun compte à rendre aux citoyens craonnais et peut se passer de l’avis du maire de la ville principale. En effet, étant élu de Niafles, il ne craint pas le verdict des urnes craonnaises, mais peut-il craindre celui de la communauté de commune du Pays de Craon? Qui ira-t-on interpeller en cas de nuisance ? Certainement pas le maire de Niafles. Le problème dans tout cela, c’est le système, pas les acteurs. Un système qui ne peut fonctionner que s’il y a entente. Ce fonctionnement, certes légal, éloigne un peu plus le citoyen de toute transparence et de toute implication, exactement l’inverse de ce qu’il réclame !

Mais pourquoi Daniel Gendry tenait-il tant à l’économie ? D’abord, cette vice-présidence était faite sur mesure pour lui avec ce titre :  » … en charge de l’économie, de l’emploi et du très haut débit« … Ensuite, plusieurs raisons peuvent justifier cet appétit pour l’économie. On a vu dans la presse l’élu niaflais tantôt président de la Fédération des travaux publics de la Mayenne, représentant de la même fédération au niveau des Pays de la Loire, tantôt membre actif du MEDEF…


Extrait de la déclaration du nouveau président de la Fédération des travaux publics Daniel Gendry (Ouest-France du 24-03-2014)

Que ce soit le représentant des Travaux Publics qui tienne ce discours n’est pas illogique. En revanche, quand le même personnage est aussi en charge de l’économie au sein d’une collectivité comme la communauté du commune du pays de Craon et ses 29 000 habitants, peut poser question. N’est-il pas censé représenter l’intérêt général des citoyens dont l’objectif n’est pas de maintenir l’activité de son secteur ?


Alors, ce n’est pas l’histoire de cette fameuse rocade à 3,7 millions d’euros qui dissipera les doutes. Mais j’y reviendrai plus tard. Disons simplement que la fibre optique et les canalisations, évoquées ci-dessus dans l’extrait de l’article reproduit, relèvent aussi des spécialités de son entreprise.

Le Pays emmène sa ville principale au tribunal !

Autre fait notable traduisant un management intercommunal ne supportant pas les entraves, c’est l’épisode du champ de courses. La municipalité locale a préempté deux terrains voisins de ce lieu dans le but de répondre au problème du centre équestre. Mais l’endroit fait polémique puisqu’il bloquerait la future rocade dont rêvent a priori tous les amoureux des courses. On accuse donc le maire de Craon de vouloir mettre des bâtons dans les roues du projet.

C’est alors que le Pays de Craon décide ce qui peut apparaître comme inimaginable : porter plainte contre sa ville principale ! On mesure l’ambiance qui règne dans la gouvernance intercommunale. L’exclusion du maire de Craon est avérée. On est allé si loin que le dialogue est devenu impossible. Comble de l’ironie, par ordonnance du 22 juillet 2016, le tribunal déboutait le Pays de Craon. Pas très flatteur pour la gouvernance communautaire… Et environ 3 000 € à la charge des contribuables… y compris craonnais ! Comment est-il encore possible après de tels agissements de travailler « ensemble » ? Pourtant, les élus craonnais votent plus de 95 % des propositions communautaires : et en dehors de toutes ces polémiques, il faut aussi reconnaître l’immense travail de ces élus.

Une association dynamique s’est opposée au méthaniseur Oudon-Biogaz piloté par 166 agriculteurs, mais rencontrer les décideurs locaux relève parfois de l’exploit quand on incarne les vents contraires… Après nombre de coups de fils, l’association locale contre le méthaniseur obtient enfin un rendez-vous avec le bureau de la petite com-com, celle de l’ancien communauté de commune du Pays présidée par Philippe Guiard et représentée par dix maires. « Ce fut un véritable boycott et face à nous, rarement je n’ai vu une personne aussi fermée, un véritable mur » devait relater un participant. Cette conclusion raisonne encore dans sa tête : « Mais c’est comme autrefois, au début, les gens refusaient de goudronner leurs chemins !».

Alors, quand Philippe Guiard prononce les mots clés de son programme comme « ouverture, écoute, respect, débat public, concertation et participation citoyenne », n’est-il pas permis de douter… Cette attitude était totalement en contradiction avec l’image qu’il dégageait lorsqu’il avait des responsabilités intercommunales. Il a, en effet, réussi à fédérer le Craonnais autour de la ville centre qu’est Craon. Mais, le fait qu’il travaille dans une entreprise accompagnant Oudon-Biogaz le mettait peut-être peu à l’aise. D’autant plus que l’emplacement pressenti ne pouvait que justifier un peu plus le fameux projet de rocade.

L’association devait prendre la décision d’organiser une réunion publique à Craon qui mobilisera 400 personnes sur le méthanisteur… Puis une autre manifestation forte de 45 tracteurs cette fois et rassemblant 500 personnes dans les rues de Craon, en janvier 2014. Du jamais vu ici. Pas un seul incident à déplorer. Mais ni Paul Chaineau, encore maire, ni Philippe Guiard, président de la com-com du Craonnais n’ont daigné venir à la rencontre des dirigeants de l’association. Seul deux élus d’une commune voisine sont venus les encourager au départ.

Un heureux concours de circonstance a permis aux dirigeants associatifs de rencontrer la commission Environnement du Pays. Là, ce fut une grande épreuve en raison du comportement de deux ou trois élus et non des moindres selon les témoignages recueillis. À tel point qu’un élu (non Craonnais) serait intervenu pour dénoncer l’image catastrophique d’élus qu’ils étaient en train de renvoyer à des citoyens venus exposer tout simplement leurs problèmes.

Ils auraient aimé en parler au président du Pays de Craon puisque par trois fois, ils avaient demandé à le rencontrer. Nous n’avons jamais eu la moindre réponse ! Dommage pour quelqu’un qui parle de solidarité. Enfin, ce ne sont que des mots… La fameuse loi NOTRé a obligé le Pays à prendre la compétence eau du territoire. Conséquence, les syndicats et régies locales ont dû transférer leurs économies. Sauf la ville de Renazé qui garderait ses quelque 60 000 €. Elle aurait aurait cependant accepté de les transférer moyennant un délai. La presse n’en dit rien.

L’hippodrome, enjeu des élections

3,7 millions d’euros pour une rocade ? On sait par expérience que dans ce genre de projet, la note finale sera bien plus salée. Regardons chez nos voisins castrogontériens : la Fédération Nationale des Associations d’usagers des transports (FNAUT) cite l’exemple de la Rocade sud de Château-Gontier qui a coûté 12,5 millions… alors que le montant initial était de 3,5 millions d’€. Ne font-ils pas sourire tous ces gens qui déplorent l’endettement partout… tout en y contribuant activement?


Le champs de courses de l’hippodrome de Craon – © leglob-journal

3,7 millions d’euros, sans l’achat des terrains, sans le déplacement des entreprises, sans la piste ? La charge fiscale que devront supporter les 11 000 foyers de la communauté de communes du Pays de Craon sera conséquente. Cette rocade est-elle indispensable? L’allongement de la piste présenté par les services techniques du département pour un coût moins élevé est–il vraiment inenvisageable? On retrouve les mêmes discours que pour le projet de méthanisation, aucune autre alternative n’était possible, études à l’appui, pourtant le projet a bien été délocalisé à Livré-la-Touche.

Extrait article Haut-Anjou du 3 janvier 2020

C’est le président de la société des courses de Craon qui tient ces propos dans le Haut-Anjou du 3 janvier 2020. Cette information a été reprise d’ailleurs lors de la réunion publique. Des réactions hostiles de la salle ont été enregistrées. Au delà de ça, faut-il en déduire que la presse parisienne commande et faut-il chercher les explications ailleurs?

Pourtant on pouvait lire dans la presse, localement, il y a cinq ans que la société des courses ne faisait pas de l’agrandissement sa priorité, faute de moyens financiers.

Mais la traversée de la route de Segré, recouverte de terre pour faire passer les chevaux, lors des courses hippiques, c’est ce qui fait l’originalité de l’hippodrome. Sa spécificité. Et n’est-ce pas du « patrimoine« ? À quand les courses de Nuillé, sans la traversée de la rivière du Vicoin ?

Le projet de rocade qui va accaparer tant d’argent public n’est pas acceptable pour beaucoup de craonnais. Le Pays de Craon avait ainsi provisionné 1 107 345 pour le très haut débit. Il a été décidé de l’affecter aux courses : pardon, à la rocade ! Cet argent n’aurait-il pas pu être fléché sur la gestion des haies qui se trouvent sur le passage de la fibre, comme l’ont fait d’autres communautés de pays ? En effet, l’entretien étant à la charge des propriétaires, certains en profitent pour les faire disparaître ! À une époque où on redécouvre combien la présence de celles-ci est indispensable ! Pourquoi seuls les élus de la majorité craonnaise y ont trouvé à redire ?

Pour ne rien arranger à tout ceci, il faut ajouter la présence de l’ancien maire, Paul Chaineau comme vice-président de la société des courses. Ce dernier avait pourtant déclaré dans la presse qu’il quittait tout et refuserait tout poste à responsabilité (Haut-Anjou du 27-12-2013)… Mais il n’a jamais admis l’échec de 2014. La preuve puisqu’il a même tenté le tout pour le tout quand, en janvier 2017, il envoyait un mail le 24 janvier 2017 à huit des conseillers municipaux de la liste de Claude Gilet leur demandant de démissionner. Le but : provoquer de nouvelles élections. « Si vous voulez sauver Craon, une démission groupée s’impose… » écrivait, entre autre, Paul Chaineau.

Finalement, toutes ces histoires peuvent se résumer à des querelles de pouvoirs. Basées sur de l’égo démesuré, de la rancœur rentrée et des règlements de compte. C’est une grande saga qui s’est dessinée depuis des années dans un climat délétère. Peut-on espérer qu’à l’issue de ces élections municipales toutes les cartes puissent être rebattues, pour redémarrer sur de bonnes bases et pour tous les citoyens du Pays de Craon…


Adhérez et faites un don

Commenter cet article