Municipales 2020 : Laval, centre de toutes les convoitises

On ne sait toujours pas officiellement à Laval quels seront, sur l’ensemble de l’échiquier politique, les hommes et les femmes qui se présenteront aux votes des électeurs le 15 mars prochain. Mais on y voit un peu plus clair concernant le candidat (UDI) sortant François Zocchetto. Il ira au charbon avec une liste renouvelée, par nécessité et stratégie.

Vers une liste sortante en partie renouvelée

Par Thomas H.


A cinq mois de l’échéance électorale, le maire sortant a-t-il intérêt à officialiser sa candidature ? « Maître de l’horloge », (la formule fait florès) dans un contexte politique local flou concernant ses adversaires, François Zocchetto, observe et consulte. Depuis presque le début de l’année, il sait qu’il ira et a fait le tour de l’équipe en place. Pour sonder. Résultat : selon nos informations, une demi douzaine d’élus ne repartirait pas. Ce qui est relativement peu sur un total de 45. Dans la reconstitution d’une liste, il faut compter avec l’usure, l’envie de décrocher, les départs d’ordre personnel parfois pour mieux profiter du temps qui passe, et ceux qui sont générés par la politique en elle-même, car la chose politique, nous le savons bien, produit beaucoup de frustrations et d’humiliations…

Ainsi seraient donnés quittant l’équipe municipale, Jean-Paul Goussin, âgé de 79 ans, c’est le 11 ème adjoint en charge de la médiation avec les citoyens, Proximité et vie quotidienne. Mais aussi Alain Guinoiseau, ex-Debout la France en Mayenne et fondateur du Comité Mayenne République (Tourisme), Bruno Maurin (Gestion Environnement Urbain, Eau, Assainissement et Cuisine centrale), Jean-Jacques Perrin, le 5eme adjoint en charge du Commerce, de l’Administration générale et Qualité et Mickael Buzaré (Compétitions et événements sportifs, Sport de haut niveau). D’autres départs seraient en cours de finalisation beaucoup plus politiques… Parmi les entrées, il est cité de plus en plus souvent le nom de l’actuel Président d’Emmaüs 53, James Charbonnier, retraité et ex-cadre de banque.

Mais globalement la motivation reste forte pour repartir autour de François Zocchetto « capitaine efficace d’un navire de 1300 personnes » commente un élu. Avec une envie de « continuer » surtout dans un contexte où la résistance en face du maire sortant apparaît assez peu forte, tant à gauche que dans le parti de la majorité présidentielle.

LREM en Mayenne, justement, disposant à présent d’un programme électoral en trois points, « Vivre-ensemble, écologie et Smart city » se positionne, en convoquant la presse (Vendredi 11 Ocobre 2019), bien en amont de la déclaration officielle de candidature de François Zocchetto. Peut-être pour marquer le terrain, car s’annoncer c’est exister ; peut-être pour pratiquer la politique de l’herbe coupée sous le pied, comme on dit, et faire croire, pourquoi pas, qu’il serait question de partir à la bataille avec une liste autonome. Or la stratégie pourrait être bien plutôt de participer, comme on pouvait s’en douter, à la liste menée par le maire sortant.

Avantage des deux côtés

Pour François Zocchetto, ce « rapprochement », c’est l’obtention de l’étiquette LREM, véritable vivier de voix sur Laval. Les dernières élections européennes l’ont démontré : La République en Marche a comptabilisé 27,18 % des suffrages, suivi par EELV (16,41%). Mais un scrutin européen est-il vraiment transposable au niveau local ?

Avantage pour LREM53 : les voilà montrant qu’ils ont été capables de développer un programme. Un programme, plateforme électorale, qui met en avant le vivre-ensemble entre les quartiers de la ville de Laval et les générations ; un programme qui s’appuierait aussi sur la Réalité Virtuelle avec une ville connectée et intelligente, ce qu’on appelle le concept de Smart-city avec des bâtiments à énergies positives, des écoquartiers, des véhicules électriques, etc. Le tout dans un espace urbain qui fait la part belle aussi à l’Ecologie avec de la verdure. Laval est-elle par exemple suffisamment en pointe, ne serait-ce que dans le domaine des pistes cyclables ?

LREM entend bien, on s’en doute, mettre son programme en marche. Parce que le but de la manœuvre pour les marcheurs mayennais, c’est de participer. Coûte que coûte et d’avoir une chance d’être présents au conseil municipal. Trouver 45 noms, c’est bien moins facile que de se hisser sur une liste, même renouvelée, et qui a fonctionné pendant six ans. Et de se trouver en position éligible… Et comme François Zocchetto a montré, récemment, des velléités d’écologie en revisitant contre toute attente, le dossier pourtant apparaissant bouclé de la rénovation de la Place du 11 Novembre en centre-ville, voilà bien l’aubaine : obtenir l’étiquette LREM et le programme qui va avec. Une présence d’En Marche ! verdirait sa liste. Double gain.

Mais attention, toute participation nécessite la mise en place de contreparties et de garanties, ce qu’on appelle en politique un « accord ». Accord qui, si il est trouvé, sera appelé à être respecté, bien évidemment. Cela suppose que ceux qui viennent abonder la liste sortante n’aient pas franchement envie de faire de la figuration. Et puis que celui qui les accueille, pour faire l’ouverture, joue le jeu aussi. Comme cela doit se pratiquer, en principe, dans ce qu’on appelle le Nouveau monde…

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