Municipales – Abstention et légitimité ne font pas bon ménage dans les urnes

Les deux têtes de listes de la gaucjhe à Lava

Après le second tour des élections municipales, les recours en justice en France se multiplient dans de nombreuses communes. La faute notamment à l’abstention. Pas simple d’être légitimement élu avec une faible participation, d’où des résultats qui font parfois apparaître seulement une poignée de voix permettant de « départager » les finalistes. Recours et légitimité sont alors des notions qui apparaissent naturellement.

Par Thomas H.


Les résultats dans certaines communes de France sont si serrés que la nécessité de « passer devant le juge » s’impose légitimement. A cause de la judiciarisation de la société et de la très forte abstention. Les Municipales se sont souvent jouées à quelques voix près. A Saint-Jean-sur-Mayenne où la participation s’est élevée à plus de 68 %, le maire sortant Olivier Barré a été réélu de justesse. 332 voix contre 330 pour l’équipe de Denis Morvan qui a perdu avec seulement deux voix d’écart. C’est anormalement peu. L’équipe qui se retrouve en position de déçus a décidé pourtant de ne pas déposer de recours. Pas de troisième tour en vue donc, dans les trois mois comme le fixe la législation, pour la liste qui a joué les drôles de Poulidor. C’est un choix, car un score étroit, selon la législation, ce n’est pas pour autant une raison suffisante pour aller revoter. 

Car il faut parvenir à prouver que des manœuvres qualifiées a priori de frauduleuses puissent être effectivement jugées comme déloyales, et qu’elles ont pu surtout avoir une incidence sur le vote. Pas simple comme équation. Alors dans le cas où toutes ces conditions sont remplies, le juge administratif peut ordonner un nouveau scrutin. Mais ce n’est pas gagner d’avance. Et puis, il faut aussi compter en cas de victoire et d’annulation du second tour sur le fait de pouvoir par la suite évoluer sereinement dans la commune… Pas simple là non plus.

A Saint-Jean-sur-Mayenne, c’est donc une très grande déception qui prévaut du coté de « Saint-Jean autrement » ; et de la part du maire, de façon républicaine dès le soir du second tour, une prise en compte affichée de la légitimité des perdants avec qui il s’est engagé à « gouverner ».

Un socle étroit dû à l’abstention

Dans les communes qui ont choisi leur maire sans qu’il ne soit nécessaire d’aller devant les tribunaux, la mandature qui s’ouvre devant eux, n’équivaut pas pour autant à une sinécure. Des ombres menaçantes s’amoncellent sur le chemin que les vainqueurs s’apprêtent à emprunter.

L’abstention massive a-t-elle ôté de la légitimité aux vainqueurs dont on a fait remarquer que leur élection était, parfois et de fait, étroite et non assise sur un socle suffisant d’électeurs.

A Laval et Mayenne, au fil des temps, les taux de participation se réduisent à la presque portion congrue. Et le besoin de re-motivation de l’électeur est non seulement une nécessité mais un devoir pour les équipes qui ont été portées au pouvoir. Ces maires des années 2020 ne sont pour la plupart élus qu’avec un maximum de 40 et 43% des inscrits. Une abstention, bien au-delà de 55 %, montre en creux la très grande fracture entre le politique et le citoyen.

Sont-ils assis sur un bien faible socle de légitimité? Oui en apparence. Mais cela n’enlève rien à la motivation dont les nouveaux maires font preuve et à l’énergie qu’ils annoncent vouloir déployer pour changer le quotidien de leurs administrés, même si parmi ces derniers, quatre électeurs sur dix se sont abstenus de voter.

La démocratie élective suppose que tous, sans exception, en soit conscient : adversaires politiques, futurs détracteurs dans l’opposition au conseil municipal, électeurs devenus administrés et abstentionnistes… Avec toutefois une prime pour ces derniers qui seront par la suite les moins légitimes de tous pour se faire entendre. 


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