Municipales : Des listes, des femmes, des hommes, des idées et des rancœurs

Entrées, sorties, maintiens… L’heure est aux grandes manœuvres dans le camp des têtes de listes qui devront être déposées au plus tard le 27 février, en vue du scrutin municipales de mars prochain. Surtout sur Laval, car ailleurs, les ajustements de noms ont été plus facile à réaliser. Petit état des lieux, instructif.

Opportunités, opportunismes, et va-et-vient politiques

Par Thomas H.


Le renouvellement prôné par les candidats qui sont à la tête des listes passe par les entrées, notamment. Et pour entrer, il faut faire de la place. A « Laval Passionnément », liste de la majorité départementale, à droite, il y aura « sept jeunes qui vont faire leur entrée » nous a confié Didier Pillon. Ce qu’on appelle « la société civile » a le vent en poupe. En fait, comme il faut bien trouver des candidats, et comme le vivier de ceux qui ont déjà fait de la politique n’est pas extensible, on crée et suscite des vocations. Société civile, comme si la politique était une matière, à contrario, militaire…

Sans doute faut-il qu’attractivité rime avec renouvellement. De ce point de vue, on peut aller chercher des hommes et des femmes comme James Charbonnier, le président d’Emmaüs en Mayenne. Ils peuvent passer sur une liste de droite, en raison de leur fonction occupée dans le monde de la société civile, pour une ouverture à gauche.


Valse hésitation politique


James Charbonnier, leglob-journal l’avait déjà « donné » positionné sur la liste de François Zocchetto qui nous l’avait confirmé dans l’entretien qu’il nous avait accordé, bien avant que ce dernier ne renonce à briguer sa propre succession. Le voilà finalement sur celle conduite par Didier Pillon. Banquier à la retraite, homme de gestion, Président d’Emmaüs en Mayenne encore pour un an, certains le disent « peu connu » dans les milieux humanitaires.

« Avant tout un gestionnaire », James Charbonnier est un « homme de centre-droit » comme il se définit volontiers. Il a hésité un temps, après l’émergence de « l’Affaire romaine » touchant le maire de Laval à rejoindre l’équipe de Zocchetto, expliquant sa « profonde déception » et avoir été contacté par la liste Demain Laval. Devant cette éventualité, il devait déclaré au Golb-Journal « Je peux être de centre droit ou de centre gauche, je vais voir comment les choses vont tourner et qui sera tête de liste en remplacement de François…» Finalement, c’est le centre droit.

Coté entrée, Rihaoui Chanfi sera sur la liste Demain Laval, selon Florian Bercault. C’est une entrée. Il sera en bonne place selon nos informations. « Cela fait depuis l’été que je suis en discussions avec Demain Laval » avance celui qui a finit par claquer la porte de LREM 53 qui, comme il l’a confié dans la longue explication qu’il a donnée au Glob-journal , s’est « droitisée en acceptant d’être sur la liste de Didier Pillon aux côtés de Samia Soultani, droite forte». Les autres marcheurs dissidents devraient être sur la liste également mais en queue de peloton. Excepté Aurélien Page qui, sur Leglob-journal, dans une Tribune, a « critiqué » le collectif Demain Laval. Ce qui a déplu.


Un virage à 380 °


Demain Laval encore avec une histoire de revirement que leglob-journal vous raconte à présent. Entrée fugace et changement du tout au tout : ce pourrait être le résumé de ce qu’a commis l’ancienne journaliste de la radio locale en Mayenne. Elle déjeune le 6 décembre 2019 avec le tête de liste de Demain Laval et le courant passe bien. Isabelle Marchand accepte alors volontiers de rejoindre l’équipe emmenée par Florian Bercault. Pour introniser cet évènement, a savoir son entrée dans la liste de gauche soutenue par Guillaume Garot qui s’est positionné en dernière place sur la liste, elle écrira sur le compte WhatsApp du groupe Demain Laval, ces quelques mots  : « Absolument ravie et fière de vous rejoindre »…

Le 9 décembre, Isabelle Marchand écrit également, toujours sur WhatsApp, à propos de Didier Pillon cette fois, le concurrent de Florian Bercault, et du nom de sa liste Laval Passionnément : « Passionnément ça fait opéra… pas les deux pieds dans la glaise. Du Didier Pillon pur jus »

Deux jours plus tard le 11 décembre, Demain Laval lui demande un coup de main, comme c’est souvent le cas dans une équipe en cours de constitution et qui se trouve en campagne électorale. Le collectif la contacte pour la réalisation d’un communiqué de presse à propos de la vente de la caserne Corbineau à Laval. Une décision votée en conseil municipal…et que la gauche veut pointer. Selon nos informations, elle s’empresse de le faire en dénonçant la droite qui est à l’origine de la vente.

Il faut écrire, envoie-t-elle sur son smartphone, à la liste Demain Laval , « un truc du genre : Après voir cédé il y a quelques mois le site de St Julien, en catimini, pour une somme dérisoire et un projet bien opaque… la majorité remet ça en cédant Corbineau en plein centre ville.   (…) certes, cette fois-ci [Corbineau est vendue] pour une somme moins dérisoire mais toujours sans consulter les Lavallois (…) quid de l’idée un temps avancée d’y mettre des seniors et des logements sociaux ? Pour la majorité, c’est clair le centre ville doit rester aux riches… être habité par les riches, etc. »

Manifestement toujours »accro » à la liste de gauche emmenée par Florian Bercault, le 19 décembre, elle proposera même d’organiser un apéritif avec le monde culturel lavallois, chez elle, à son domicile pour présenter le candidat de Demain Laval qui bénéficie d’un déficit de notoriété sur la ville.

Le but, comme cela se pratique dans la plupart des partis politiques, c’est de faire connaître le jeune trentenaire à l’assistance, grâce à son réseau culturel, d’amplifier par l’effet public-relais et par la même de soutenir sa candidature.


Le camp d’en face


21 janvier 2020. Le revirement politique est consommé. La voilà qui est prise en photo, tout sourire, devant la permanence de Didier Pillon en présence du candidat, au centre, aux cotés de James Charbonnier (Emmaüs 53) et de Patrick Guesné (Boucles de la Mayenne – Cyclisme). Dans le camps de la liste de gauche, on l’imagine, c’est la consternation, avec des mots comme « manque de loyauté », par exemple. On ne cache pas son « étonnement de la retrouver, après toutes ces critiques sur Didier Pillon, à figurer dans le camps d’en face ».

Une sortie, cette fois, mais une élue sortie. Celle de Béatrice Mottier qui n’a pas souhaité, alors que leglob-journal l’a contactée, faire de commentaire. Ni répondre, tout court, à notre demande. Ce silence est révélateur, bien que l’élue, adjointe sortante de l’équipe Zocchetto en charge de l’attractivité et des nouvelles technologies nous avait déclaré il y a plusieurs semaines sur un autre sujet « n’[avoir] rien à cacher. » Ajoutant : «Je parle lorsque j’ai à dire, et quand c’est utile au débat. »

Béatrice Mottier paie, on peut le penser, la présence de Samia Soultani (LR) sur la liste de Didier Pillon. Elles avaient, toutes deux, été candidates dans la même circonscription aux dernières législatives. Ce qui avait fait désordre, dans une majorité qui démontrait ainsi sa capacité à se désolidariser sur le terrain de l’élection. Prémisse sans doute, d’une droite malade en devenir.

Photos – Captures écran WhatsApp Demain Laval

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Ils ont commenté cet article :

  1. Cher Thomas H., votre article commence très mal , car vous affirmez « Laval Passionnément « = liste de Droite !, ce qui est faux !!
    En fait, la liste dirigée par D.Pillon ( après un choix démocratique ) s’inscrit dans la continuité de la liste F.Zocchetto actuelle, à savoir une liste du CENTRE ET DE LA DROITE, dans cet ordre !
    Nier l’existence même du Centre ( UDI, MoDem ) est une prise de position politique « de gôche » personnelle, pas un fait rapporté par un journaliste ( qui tend à l’objectivité comme à un idéal …)
    Pour faire simple, une liste constituée à peu près des MÊMES ELEMENTS, avec D.PILLON comme Maire et S.Soultani comme 1ère Adjointe à une tout autre signification que si S.SOULTANI était Maire et D.PILLON 1er Adjoint ( ce serait alors une liste de la Droite et du Centre )
    Ce que certains n’arrivent pas à comprendre, ou ne veulent pas admettre, c’est qu’une liste municipale est une liste de rassemblement, de coalition de plusieurs tendances, et non pas une liste monochrome, mono-partisane …
    Virage à 380° ( vous voulez dire virage à 180° ? Aarff …) En effet, le cas de Mme Isabelle Marchand est assez amusant … mais pas exceptionnel !
    Mon cher Thomas H., résidez vous depuis longtemps à Laval ?
    Si c’est le cas, vous auriez dû rappeler le précédent de Mme Gisèle Chauveau, qui avait fait lors de l’élection de 2008 la même opération en sens inverse ! Élue sortante, adjointe de F.d’AUBERT, anticipant l’échec de celui-ci, elle traversa la rivière pour rejoindre l’équipe de G. GAROT ( avec un poste d’adjoint à la clé …)
    Nothing new under the sun …

    1. Cher M. Fouquet, merci de sortir de votre silence et d’utiliser la possibilité que vous offre leglob-journal pour vous exprimer…
      Désolé (Aarff, comme vous dites, cher Président du MoDem 53…) de vous avoir donné le sentiment que votre formation politique, dont on n’entend plus trop parler, ait pu être oubliée. Voilà qui est réparé…

      Vous avez pu remarqué que le slogan du Glob-journal est « informations, investigations, analyses et opinions ». Un journal d’opinions et d’analyses. Aussi vous oubliez, quand vous invoquez l’objectivité du journaliste, « l’analyse et l’opinion », deux versants importants de cette publication. Et bien évidemment la liberté d’expression, sans quoi vous ne pourriez pas répondre à cet article…
      Et je note que vous même n’êtes pas très enclin à cette objectivité que vous réclamez, quand vous écrivez « la gôche », avec un ton condescendant presque méprisant pour tout ceux (électeurs et élus) qui ne sont pas de votre bord politique…
      Quant au « Virage à 380° » : il s’agissait, là-aussi, d’amplifier l’attitude politicienne de la candidate (Opinion et analyse) qui n’hésite pas sur une liste proche de ses convictions, à critiquer le candidat adverse pour ensuite le rejoindre. Pas un simple « pas de coté », comme on a pu le lire sur les réseaux sociaux. Quand au changement de camps de madame Chauveau, il a été, en son temps, en effet, un exemple. Mais convenez-en, cher M. Fouquet, il n’avait pas lieu d’être relaté dans cet article sur Laval et la campagne électorale présente.
      Thomas H.

  2. Très bon article.
    Pour compléter : Madame Marchand-Maignan, dont l’époux Didier Maignan avait été recruté par Guillaume Garot alors Maire de Laval, comme chargé de com. (ou je ne sais quoi d’ailleurs…) ce qui est un poste politique, est resté sous la municipalité Zocchetto (il faut bien manger!)Il ne cessait de qualifier Didier Pillon de loser et de répéter qu’il « portait la poisse » lorsqu’il était sur une liste.

    1. C’est bien vrai Père Ubu!
      Maintenant être sur deux listes à la fois c’est une technique à laquelle même MÔnsieur Pillon n’avait pas pensé, lui qui pourtant tuerait père et mère pour être élu quelque part, à Château-Gontier, Laval ou n’importe où…

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