Municipales – Quand le RN présente sur sa liste un candidat inéligible à Laval

Le dépôt des listes pour les Elections municipales des 15 et 22 mars 2020 sera clos jeudi 27 février à 18 Heures. Ensuite, il ne sera plus possible de déposer de liste pour participerer au scrutin. Composées de candidats, les dites listes doivent passer par le contrôle de légalité de la Préfecture de la Mayenne. D’où le besoin, dès le départ d’être en conformité avec la loi.

Carton rouge pour le onzième homme

Par leglob-journal


L’ex-Front National a annoncé sa liste pour Laval avec la publication des noms de ceux qui y figurent. Si l’appellation du parti de Marine Le Pen a officiellement changé, les candidats ne font guère preuve de renouvellement, avec une moyenne d’âge de 61 ans et des figures locales bien connues. Parmi elles, à coté d’Odile Menant, numéro deux, on retrouve justement un des rares jeunes : Bryan Benoist, 24 ans. Celui qui se trouve au second rang, à droite sur la photo ci-dessus, occupe, sur la liste emmenée par Jean-Michel Cadenas, la onzième place.

Bryan Benoist est un vieux fan du Front. En avril 2019, il réagissait déjà aux élections présidentielles pour Ouest France en tant que responsable du « Front national de la jeunesse en Mayenne ». En avril 2019, il faisait partie des portraits de la « nouvelle génération de la politique locale » dans le même journal. Celui qui était alors « égoutier en CDD au service d’eau et d’assainissement de la Ville de Laval » était ainsi présenté : « À moins d’un an des municipales, une chose est sûre : il sera candidat. ».

Cela avait pu surprendre, puisque juste au-dessus de ce texte se trouvait le portrait de Maël Rannou (EELV), qui avait justement dû quitter la politique municipale à cause de son poste d’agent à la ville. Il avait largement expliqué les règles existantes en la matière et son choix du retour à la vie de bibliothécaire dans les colonnes du Glob-journal. Et on voyait mal comment Bryan Benoist pouvait vouloir se présenter en travaillant pour la ville.

Renseignement pris, le service assainissement ne dépend pas de la ville de Laval mais de Laval Agglo. Dès lors, être candidat aux municipales est possible, tant que l’on ne candidate pas au conseil communautaire. Par ailleurs, l’article précisait bien qu’il s’agissait d’un CDD, et on pouvait tout à fait imaginer qu’un an après Bryan Benoist travaille totalement ailleurs.

Et de fait, après vérifications, il s’avère que le candidat frontiste, quoique toujours contractuel, ne travaille plus à l’assainissement mais… au service propreté de la ville. Or, celui-ci dépend directement du conseil municipal ! Et cette fois-ci, il y a un problème.

Car le code électoral est clair. Dans son article L231, il stipule : « Les agents salariés communaux ne peuvent être élus au conseil municipal de la commune qui les emploie. ». Et ce n’est pas pour rien que cette interdiction existe : les élus votent en effet des budgets, des promotions, des priorités municipales influant directement sur les services, aussi le conflit d’intérêts est donc patent. Cette inéligibilité est valable pour les titulaires comme pour les contractuels et les vacataires. Pour ces derniers, la seule possibilité se trouve précisée dans diverses notes préfectorales. Le droit indique que dès que l’agent cesse d’exercer ses fonctions, il redevient éligible sans délai, cette cessation devant avoir lieu au plus tard la veille du scrutin.

« Sous contrat jusqu’au 30 juin »

La question est donc celle-ci : Bryan Benoist est-il sous contrat jusqu’au 14 mars au plus tard, veille du premier tour de l’élection, ou est-il candidat en opposition flagrante avec le code électoral ? Selon nos informations, et nos renseignements venant de plusieurs sources, son contrat dépasse largement cette date. En fait, il est bien employé par le service propreté de la ville de Laval, « sous contrat, pour un remplacement de congés maternité et jusqu’au 30 juin » nous a confirmé le chef du service propreté à la ville de Laval.

A minima, on peut conclure deux choses. Les actuels élus de Laval ne rechignent pas à recruter leurs adversaires politiques, ce qui est plutôt sain… Quant à Jean-Michel Cadenas, le tête de liste du RN, il a eu largement le temps de connaître le métier de son colistier. Alors question.

Le lien entre celui-ci et le conseil municipal futur étant évident, le choix de le présenter a-t-il été soit malhonnête, permettant de surmonter des difficultés pour monter une liste en espérant que ça passe, soit la preuve d’une bien faible préparation à exercer des fonctions nécessitant une base minimale de connaissances en droit électoral ? Dans les deux cas, avouez que c’est un bien mauvais signal…


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