Objectif Municipales 2020 – avec Demain Laval! un collectif à plusieurs mains

A Laval, l’ex-parti politique de gouvernement semble se réveiller à neuf mois des prochaines municipales. Une vingtaine d’individualités ont appelé à mobiliser des lavalloises et des lavallois, dans un collectif baptisé Demain Laval ! et soutenu par le député socialiste Guillaume Garot. Demain Laval! a été lancé, avec un intitulé qui sonne comme le slogan d’une liste à Laval qui devra comporter 43 noms.

S’appuyer sur le citoyen et le collectif

Par Thomas H.


Demain Laval! se réunira à nouveau « aux alentours du 10 septembre 2019 » autour de la thématique du « Laval à tout âge », l’éducation et la Petite enfance, les seniors et la dépendance par exemple. Le premier round du collectif Demain Laval! a fait se déplacer une cinquantaine de lavallois qui ont répondu présent autour de l’eau et l’énergie. Des personnes « motivées » et de tout âge, avec des profils bien différents les uns des autres, militant, parent d’élèves, d’adhérent d’associations., chef d’entreprise ou retraité.

« L’objectif, c’est de faire émerger un projet pour Laval, à travers des ateliers de réflexion sur des thématiques précises. Mais ce n’est pas une démarche descendante, même si le PS est derrière officiellement, nous sommes dans l’horizontalité, la remonté pas la verticalité… » explique Antoine Caplan, membre du PS mayennais et ex-co secrétaire fédéral qui a pris la parole en préambule.

« Se sentir utile »

Actuellement, en raison de l’affaiblissement des partis politiques, toute décision qui semble descendre de façon un peu trop artificielle, par le jeu du « Deus ex machina », semble soumis à questionnement, et même à rejet. Un parti politique, s’il veut faire adhérer à sa cause, n’a-t-il pas intérêt à écouter les citoyens, plutôt que de chercher à imposer en faisant descendre les consignes d’en haut. Pour les participants de la première réunion de Demain Laval !, il a semblé « plus facile de franchir la porte du collectif » avec l’idée que leurs opinions seront prises en compte. Depuis les Gilets Jaunes qui ont montré la marche à suivre, « plus question d’écouter simplement la bonne parole ».

Le Collectif Demain Laval! en plein travail – Photo floutée Paul Le Gal-Huaumé

Une heure de discussion en groupe, cinq pôles avec une dizaine de participants par table et une restitution orale à l’issu du remue-méninges. Le pharmacien de la place de la Trémoille à la retraite par exemple a rapporté le fruit de la réflexion collective sur la problématique des déchets ou le rythme des collectes, en évoquant pour les vélos ou la cordonnerie la réparation ou le ré-emploi, quand c’est possible. Une coiffeuse à domicile, un chef d’entreprise d’une start’up dans le domaine de la Finance, un retraité du commerce, une parente d’élèves, tous ont pris la parole en fin de cogitation pour rendre compte du travail de réflexion mené à plusieurs. La parole leur appartient et peut-être que cela fera un projet. A la fin de l’année, un travail de collecte de toutes les idées sera effectué sous la forme d’un document qui sera rendu public, dans l’objectif de « nourrir toute la campagne électorale et tant mieux si ces idées sont reprises par d’autres et créent du consensus» explique Antoine Caplan.

« On a besoin de se rassembler »

Avec ce collectif, on assisterait donc, selon les organisateurs, à l’émergence d’une « gauche des citoyens, avant la gauche des partis », ce qui avait été appelé en son temps « la gauche pluriel ». Fini, cette stratégie. Les citoyens d’abord. Ce qui veux dire qu’il y aura « des discussions à partir de la rentrée avec EELV qui ont fait du bon boulot, les Radicaux de gauche et le PCF , selon le socialiste proche de Guillaume Garot qui ajoute : une tête de liste qui sera désignée puis choisie par le Collectif et nos partenaires. En tous cas, le rassemblement doit se faire dans le projet, c’est ça le mètre étalon. Nous avons un socle commun de valeurs, c’est possible... » . Une liste autonome dans tous les cas de figure, serait « source de division et de négativité » ajoute-t-il. Objectif pour tout ce beau monde donc, l’entente cordiale.

« Ce serait mortifère pour la Gauche d’aller à Laval dans la division. Le PCF qui n’est pas un parti hégémonique et n’a aucune exigence, n’a pas d’ennemi à gauche et appelle au rassemblement. » commente Jacques Poirier un des co-secrétaires du PCF en Mayenne avec Maud Jan-Brusson au cours d’un point presse. « Il y aura une liste d’opposition à Gwenaël Poisson à Bonchamps-Les-Laval avec des communistes » avance aussi pour sa part Yoann Vignier qui ajoute qu’il « faudra compter sur les communistes dans les communes de Laval Agglo « . Pour Jacques Poirier, avec « 107 adhérents » au PCF dans le département « notre parti veut être un acteur et discute avec l’ensemble des forces de gauche dans le département. » Sous entendu, la France Insoumise, aussi.

Mais alors qui pour incarner la tête de cette liste agrégeant des citoyens soutenue par des partis politiques ? Le mystère pourrait-être lever « au début de l’automne », selon Antoine Caplan qui a redit au Glob-journal qu’il ne sera pas candidat à cette fonction pour des raisons professionnelles. Mais il faut trouver un homme ou une femme providentiel-le qui sera en mesure de rassembler et de porter un mouvement de bascule pour réaliser l’alternance. Pas simple. Guillaume Garot, arrivé un peu en retard et parti vite pour « prendre un train » tenait à être là pour témoigner de son soutien au collectif. Le député n’a pas pris la parole. Dans une récente conférence de presse à sa permanence à Laval où il présentait son amendement sur les médecins pour lutter contre la désertification médicale, à la question de savoir s’il irait, ou pas, il avait simplement répondu : « il y aura un calendrier ». Nous y voilà, ce sera « au début de l’automne ».


Extrait du texte envoyé par mèl par le collectif Demain Laval!

« Aujourd’hui, nous faisons le constat que Laval n’est au rendez-vous ni des attentes essentielles de ses habitants, ni des grands enjeux de notre temps. Elle devrait prendre ses responsabilités face à la crise écologique qui menace, inventer de nouvelles solidarités face aux inégalités sociales qui s’accroissent. Mais sans projet collectif, sans perspective mobilisatrice, sans écoute sincère des attentes de ses citoyens, Laval fait du surplace.

Pire, elle décline démographiquement. Elle vient de passer sous la barre symbolique des 50 000 habitants. À l’absence d’une vision claire de l’avenir de notre ville, s’ajoute une gestion souvent défaillante.

Dans les quartiers, partout le manque d’entretien se fait sentir. De nombreuses écoles sont dégradées, les trottoirs usés, les plaintes des riverains ignorées.(…) »


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