Par Marrie de Laval – Ce si cher Laval Virtual

Laval Virtual a encore fait, à la salle polyvalente de Laval, le spectacle cette année. Et sur des sites disséminés en ville pour un parcours artistique. De très aimables hôtesses de chez Actesse, du groupe Actual présidé par Samuel Tual, ont accueilli et orienté le public après le franchissement d’un service de sécurité bon enfant, sous la protection des patrouilles de l’opération sentinelle. Leglob-journal a parcouru, pour vous, les allées de la 21ème édition à la recherche de quelques «pépites virtuelles ». Alors que le rideau est retombé, après tout, cela vaut toujours le coup d’y revenir!

Laval Virtual Show

Par Marrie de Laval


Cette année nous n’avons pas échappé à une forte présence chinoise, avec trop souvent, hélas, de la documentation intégralement rédigées en mandarin ! Ce qui ne facilite pas l’accès à la culture numérique. Curieusement, les grandes écoles japonaises ou l’institut moscovite Skoltech étaient peu ou pas représentés. Il y a eu aussi des stands aux animations «exubérantes» avec des files d’attente impressionnantes qui ont monopolisé l’attention du public. Exit enfin le grand stand habituel de EON Reality, rayé du paysage RV/RA local pour cause de déconfiture économique qui, elle, n’a rien de virtuelle.

Leglob-journal s’est intéressé cette année aux exposants plus discrets et peut-être plus révélateurs d’une certaine pause dans l’annonce de nouveautés techniques. L’impression générale est d’ailleurs à l’appropriation de technologies appliquées pénétrant une multitude de secteurs jusque-là peu concernés par la révolution numérique.

Sur le stand OrbitalViews – © leglob-journal

Quoiqu’il en soit en arrivant à 10H30, l’attente n’a pas durée à la billetterie. La petite foule commence véritablement devant les caisses et le passage est relativement fluide. Hélas, petite déception !

Alors que depuis l’origine, sur présentation d’un billet de transport des TUL Laval Virtual offre une entrée gratuite, cette année, l’usager des transports en commun doit débourser 4€. Pour ceux qui achète auprès du conducteur un ticket de bus, présenté comme justificatif, on s’aperçoit que depuis la dématérialisation des titres de transport, cela désavantage l’usager qui dispose d’une carte-carnet unitaire. Ainsi, le tarif « réduit » s’élève donc à 4€ auxquels s’ajoute 1,15€ de bus. Le tarif famille, lui, s’applique aux groupes de huit personnes pour 40€. On y perd un peu l’esprit de vulgarisation de la Réalité Virtuelle et celui de l’ouverture au « grand public » qui animait les précédentes éditions ! C’est dommage.

Blockchains et crypto-monnaie

Autre source d’incompréhension : la présence de formateurs sur les blockchains [Technologie de stockage et de transmission d’informations sans organe de contrôle, NDLR] clairement orientés vers la crypto-monnaie alors que ce type d’activité frise les limites de la légalité et se retrouve au cœur de bien des déboires. Il est au contraire nécessaire d’appeler à la plus grande vigilance les particuliers tentés par la crypto-monnaie ! La garantie d’Etat sur ces avoirs n’existe pas et le risque de participer à des investissements pas toujours irréprochables est quant à lui bien réel. Enfin, la spéculation est trop souvent le seul moteur de cette activité, pouvant déséquilibrer l’économie réelle, faute de régulation, par la législation et autorité de tutelle compétentes et efficaces. Et je vous épargne les considérations sur le coût énergétique exorbitant généré par les ordinateurs dits de « minage » qui permettent le cryptage en Bit-coins.

Bref, passons donc à ces « pépites numériques » dénichées par Leglob-journal. Soulignons pour commencer l’intéressante initiative de l’organisme Laval économie et de son site. Il s’agit de promouvoir le département dans le cadre de l’action concertée des collectivités territoriales pour favoriser l’installation de familles et de talents pour stimuler ou renforcer notre économie locale. Pas inutile.

Le fameux casque qui s’adapte à la tête du client – © leglob-journal

Sur le podium également, Christophe Rey, diplômé entre autre d’un master en création numérique à l’université de Toulouse. Il a proposé deux animations centrées sur l’immersion via un casque de sa fabrication, dans un décor réel ou dans un monde onirique. Issu d’une formation en arts plastiques, il était intéressant de relever comment un concepteur n’appartenant pas au monde informatique a su trouver des solutions empiriques pour élaborer un casque ajustable à toutes les têtes des visiteurs. Grâce aux imprimantes 3 D, à un téléphone doté d’un GPS et avec beaucoup de créativité il a su apporter des solutions efficaces pour proposer des expériences immersives issues de son imagination fertile !

Des imprimantes 3 D en progrès

Et puisque nous nous extasions sur les évolutions des imprimantes 3D, un passage sur le stand de l’entreprise eMOTION-TECH basée aussi à Toulouse a permis d’apprécier les progrès réalisés et la baisse des coûts pour qui en a un usage autre que ludique. Désormais, il est possible d’avoir une machine utilisant différentes qualités de fils « plastiques » (PLA, ABS et autres), utilisables l’un après l’autre pour une même pièce. Pour garantir une bonne accroche entre les différents matériaux, le socle de la machine est chauffé. Cela maintient une certaine dilatation des matériaux. Au moment du refroidissement de la pièce achevée, les filaments se rétracteront et se solidariseront les uns aux autres. Il devient même possible de disposer d’imprimantes utilisant des fils souples qui se comportent un peu comme certains moules en silicone.

L’entreprise SEGULA Technologies en partenariat à travers le monde avec tous les secteurs de l’industrie propose des solutions technologiques de service à ses clients. Sur son stand, elle présentait deux prestations. Chacun des démonstrateurs a su vulgariser et faire partager son enthousiasme à l’égard de la solution présentée.

Production et transmission sur le stand Segula Technologies – © leglob-journal

La première solution permet l’assistance auprès d’opérateurs d’une chaine de production au geste à réaliser : installation de pièces ou pose de point de colle par exemple. Cette assistance permet aux ouvriers d’une ligne de production de changer de produit sans pour autant apprendre chaque nouvelle opération. Si la main de l’Homme reste nécessaire, l’ouvrier spécialisé peut ainsi passer, dans l’industrie automobile par exemple, d’un type de véhicule à un autre, selon les besoins de la chaine de production sans faire appel à sa mémoire des différents modèles de marques différentes également. L’automatisation et le temps gagné sur la production sont améliorés. Ce sont les nouveaux temps modernes obtenus par la révolution numérique.

Transmission de savoirs

Le second produit permet la transmission des savoirs d’un « Homme clef » à d’autres personnels. Pour l’entreprise, la transmission des savoir-faire est primordiale pour pérenniser son activité. Le temps consacré à la formation devient malheureusement parfois un handicap pour répondre à l’urgence des chaines de production ou de maintenance. Dans un premier temps, la personne se trouve formée en mode «immersion» pour apprendre les routines puis, sur le site, on lui confirme les gestes à faire. Si le cycle des actes à réaliser ou si le parcours dans l’usine change, l’application est modifiée en conséquence. Cela permet d’offrir à l’homme-clef la possibilité de transmettre son savoir avant d’évoluer vers d’autres fonctions dans la même entreprise, sans perte de temps pour cette dernière.

Pour autant, il ne faudrait pas que cela devienne un moyen de formation accélérée dans le cadre d’une délocalisation brutale. Pour qu’une technologie soit acceptée, elle ne doit pas s’imposer au détriment des opérateurs pas toujours ré-employables sur d’autres postes. Nous avons déjà l’exemple de la révolution industrielle engendrée par le charbon et l’électricité. Ne refaisons pas la même erreur, celle de jeter à la rue des personnels détenteurs d’une compétence considérée soudainement obsolète au risque de voir des mouvements de révolte ponctuels et violents émerger. Il en va de la responsabilité des employeurs et des personnels politiques de préparer le changement avec soin.

Le stand de l’application Serge – © leglob-journal

Pour conclure ce tour d’horizon, voici l’application Serge, comme le prénom. Des étudiants, en attente d’examens diplômants d’écoles aux différentes spécialités, se sont rencontrés lors du salon design et sciences 2019.  Après avoir sympathisé, ils ont conçu une plateforme regroupant tous les moyens de transports urbains afin de coordonner leurs usages mais aussi dans le souci de centraliser le paiement de la course pour l’usager.
Application présente sur votre téléphone mobile. Il est prévu de faire évoluer le service sur une carte indépendante de votre smartphone avec un écran de la taille d’une carte bancaire basse consommation avec une encre électronique de type « liseuse ».

Imaginez-vous une plateforme qui répertorie, à votre demande tous les moyens de locomotion pour se rendre d’un point A à un point B. Marche à pied, trottinette, vélo, voiture en libre-service, le GPS vous indique le chemin le plus pratique, avec indication de lieux remarquables selon vos critères : tourisme, boutiques, restaurants. En fonction des moyens utilisés, et une fois votre trajet effectué, vous êtes débité et les fonds sont répartis selon les opérateurs sollicités. Sorte de pass Navigo pour les prestataires de moyens de transports, pour tous les territoires qui en feraient la demande. L’animation du stand est bien léchée, les intervenants maîtrisent bien leur sujet et en parlent avec bonheur. Ils sont jeunes, dynamiques et font plaisir à entendre.

Voilà, ce que furent les coups de cœurs de la rédaction pour le 21 ème salon de Laval Virtual qui aurait comptabilisé selon les organisateurs 18 000 visiteurs mais toujours cantonné dans les trop étroits locaux de la salle polyvalente… Vivement l’an prochain pour de nouvelles découvertes !


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