Pour Didier Pillon, comme Chantal Grandière, ce sera « le dernier mandat »

Chantal Grandière, si elle est élue sur la liste Laval Passionnément de Didier Pillon entamera son troisième mandat. Adjointe à la vie des quartiers de François Zocchetto et conseillère départementale, la fille aînée de Roger Grandière, un ancien élu de Laval, a été élevée à l’engagement et au militantisme dès son plus jeune âge. « incontournable pilier de la majorité », Chantal Grandière a bien voulu nous expliquer ce qui la guide, pour ce qui sera son dernier mandat en cas de victoire.

Grand Entretien avec Chantal Grandière


leglob-journal : Vous êtes une des rares rescapées adjointes de François Zocchetto sur la liste de Didier Pillon. Béatrice Mottier n’est pas reprise, ni Sophie le Fort, ou Danielle Jacoviac. A quoi cela tient ?

Chantal Grandière : Je n’en sais rien. Je ne me prononcerais pas sur cette question. Je ne fais pas les choix, c’est Didier Pillon et ça lui appartient. C’est lui le chef de file.

Leglob-journal : Vous avez travaillé avec ces élues…Est-ce que cela veut dire qu’elles ont failli dans leurs missions ?

Je ne dirais pas ça du tout et je n’irais pas sur ce sujet…Je ne veux absolument pas porter de jugement sur des personnes que j’apprécie. Je vous redis que ce n’est pas moi le chef de file, je ne fais pas les arbitrages. Didier Pillon a une vue globale que je n’ai pas à ce jour. Cela lui appartient et c’est totalement normal…

leglob-journal : Parce que Béatrice Mottier ne comptait pas repartir ?

Sans doute, peut-être, je ne sais pas…

leglob-journal : Vous en doutez ?

Je ne suis pas sûre de ça, je ne sais pas….

leglob-journal : Vous êtes ce qu’on appelle un « pilier de la majorité ». Vous avez été avec les deux François, D’Aubert et Zocchetto et maintenant avec Didier Pillon. Vous êtes incontournable…C’est l’expérience et les réseaux de votre père qui ont joué ?

Ce serait sous-estimer les réseaux que j’ai… (Rires) Non, effectivement mon père était extrêmement connu, extrêmement engagé, mais moi aussi… J’ai toujours été une femme d’engagement. Très jeune d’ailleurs j’étais dans le milieu associatif… ma première implication, c’était à l’âge de l’âge de 10 ans comme guide de France et j’encadrais déjà…

leglob-journal : Est-ce que c’est parce vous avez été toujours du côté des quartiers, comme on dit, que finalement vous êtes quelqu’un qu’il ne faut pas négliger quand on construit une liste ?

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai été du coté des quartiers comme vous dites, mais il est certain que les lavallois me connaissent beaucoup, parce que je suis aussi une femme de terrain, que tous les jours je suis ici où là dans les AG… Actuellement, ce sont les cérémonies de vœux, les galettes… Tous les temps forts des quartiers, j’essaye d’être présente et c’est certain, je connais énormément de monde sur Laval… Vous le savez peut-être, 90 000 personnes viennent dans les maisons de quartiers de Laval chaque année…c’est énorme! Il y a une méconnaissance de ce qui se fait sur la vie des quartiers. Le centre ville aussi a besoin d’une vie de quartier. Et de ce point de vue là, le centre social associatif le CLEP s’y emploie. Nous avons crée du lien social dans les quartiers.

leglob-journal : c’est cela qui fait votre force selon vous ?

J’espère qu’il n’y a pas que cela, j’espère qu’on apprécie aussi mes actions… J’interviens tous les jours auprès de personnes afin de les aider dans leur quotidien. A un moment donné que vous soyez reconnu pour l’engagement que vous prenez, cela me semble presque légitime… Vous savez, les encouragements m’ont fait du bien. J’ai hésité : j’y vais, j’y vais pas et puis j’ai décidé que oui… Il me semble que j’ai la niaque et je suis de plus en plus connue sur Laval…

leglob-journal : Vous êtes sur une liste, celle de Didier Pillon qui va faire la part belle à LREM et par la même occasion à Samia Soultani et Les Républicains… comment vous positionnez- vous par rapport à tout cela ?

Moi, je suis ce qu’on appelle société civile, au même titre que Didier Pillon. Dans sa liste, il souhaite effectivement avoir plusieurs représentativités… C’est son choix. Il n’y a pas de souci… A partir du moment où l’on peut travailler avec les personnes… [Hésitations, NDLR] Quelque soit ce qu’elles défendent… Il n’y aucun problème.

leglob-journal : Société civile cela veut dire quoi, Chantal Grandière ?

Cela veut dire : qui n’est pas encarté. Ce qui est mon cas, je n’ai jamais été encarté politique. Mon papa l’était. Par contre, j’ai toujours dit que tant que j’étais engagée professionnellement à une association caritative, je ne m’encarterai pas. Je l’ai toujours dit de cette manière.

leglob-journal : Est-ce que cela pose souci à la Croix-Rouge que vous soyez encartée à un parti politique ?

Pour moi, quand on travaille pour une association, quelle qu’elle soit mais en tout cas de cette envergure-là, je trouve que ce n’est pas forcément bien d’avoir une carte de parti politique. C’est mon point de vue.

leglob-journal : Didier Pillon nous a confié au Glob-journal qu’il allait faire entrer « sept jeunes sur sa liste »…vous serez là pour les épauler, les guider si vous gagnez?

Oui… faire entrer des jeunes c’est une excellente idée et en plus, nous les anciens, nous serons là pour les encadrer, les épauler, ça je trouve que c’est excellent d’autant plus quand on voit aujourd’hui que l’engament politique, en tous cas pour les municipales n’attire pas plus que ça. On voit que dans un certain nombre de grandes villes, comme Evron, Château-Gontier, Ernée, St-Berthevin, Changé, Cossé-le-vivien, vous n’avez personne en face ! Il n’y aura pas d’autre liste à se présenter. Donc ça interpelle… Et je trouve que c’est une très bonne idée cette volonté d’accompagner des jeunes et de leur montrer la voie, si besoin est…

Chantal Grandière avec François Zocchetto lors de l’inauguration du Quai André Pinçon à Laval – © leglob-journal
leglob-journal : Didier Pillon nous a confié aussi, comme vous qu’il « ne ferait qu’un seul mandat » s’il est élu, alors qu’il participait à l’inauguration du quai André Pinçon qui fut maire de Laval pendant quatre mandats consécutifs… Pourquoi ? vous sentez une certaine usure ?

Non, absolument pas. Je ne ferais qu’un seul mandat parce que c’est un engagement sept jours sur sept, un engagement extrêmement important. Je pense que…. je suis quelqu’un d’entier, quand je m’engage, je le fais complètement… Je ne fais pas semblant, je ne brille pas par mon absence, je prends mes responsabilités et j’y vais et quand vous voyez le temps que vous y passez… Depuis que je suis élue, je ne prends plus de week-end. Ou vraiment très rarement si j’ai une fête de famille qui m’oblige à partir. Et trois semaines l’été parce que mes congés je les égraine pour des formations, des réunions, des choses comme ça… A un moment donné et pour répondre à votre question, il y a un temps pour tout… Cela aura été un déjà un bel engagement, et il faut laisser la place à d’autres. Cela fera le troisième mandat, si nous sommes élus…

Je suis en politique depuis François d’Aubert et avant j’étais souvent militante car j’aidais à tracter et coller des affiches. J’ai fait je ne sais pas combien de campagnes, jeune, et je ne le regrette pas. Sans jamais d’ailleurs imaginer qu’un jour ce serait peut-être moi sur l’affiche. Je le faisais par conviction. Pour les aider. Et toujours en société civile, sans être encartée.

Leglob-journal : Comment voyez-vous l’opposition dans cette élection municipale à Laval?

Elle n’est pas extrêmement présente. Cela m’arrive de les croiser sur des manifestations. Mais… très faiblement, j’ai envie de dire. Ils ne sont pas très présents sur le terrain.

Leglob-journal : imaginiez-vous que cette campagne allait se dérouler de la sorte, avec ce coup de théâtre du retrait de François Zocchetto ? Comment l’avez vous vécu ?

Ça a été une très grande surprise. Pour tout le monde. Et après une compréhension par rapport au choix qu’il a été obligé de faire…Et donc on a pu comprendre…Et aussi, ce qu’il faisait pour protéger la suite de l’élection. C’était plutôt très courageux de sa part, même si je trouve ça difficile parce qu’en fin de compte François Zocchetto est accusé de quelque chose dont il ne peut même pas se défendre parce qu’il n’y a jamais eu de plainte. C’est quand même un petit peu surprenant comme démarche!

Leglob-journal : Et s’il avait devancé en faisant un point presse plutôt qu’un simple communiqué ?

Vous savez les lavallois ne sont pas dupes, ils ont bien compris que c’était une machination politique donc ils sont écœurés. Je peux vous dire qu’il n’y a pas un jour qui se passe sans qu’on me dise que c’est vraiment lamentable ce qui s’est passé par rapport à François Zocchetto. Il y a un jugement du public aussi et ce jugement fait son œuvre. Je pense.

Leglob-journal : pensez-vous qu’il a craint d’autres révélations ?

Pas du tout. Absolument pas. Il a pris cette décision aussi pour protéger sa famille. Moi je trouve ça odieux, il n’y a pas d’autre mot quand je vois ce qui est dit en permanence sur lui, des accusations, etc. etc. Et je pense toujours à sa femme et ses enfants. Je trouve cela infernal, d’autant plus que c’était un bon maire, que les gens appréciaient énormément et qui savait être à l’écoute… Vous savez cela fait mal au cœur ce genre de chose…

leglob-journal : là vous changez de chef de file, avec Didier Pillon n’est-ce pas tout à fait différent ? Est-ce moins facile de vous adapter avec un candidat qui est volubile, bavard, dynamique et moins réservé que François Zocchetto ?

Non, pas du tout, c’est quelqu’un qui est vrai aussi. Effectivement ce sont deux personnalités qui peuvent être différentes mais que j’apprécie beaucoup. L’une comme l’autre.

Leglob-journal : François Zocchetto portera-t-il un soutien très appuyé à Didier Pillon dans sa campagne ?

Je ne suis pas dans les confidences… mais je ne vois pas pourquoi il ne le ferait pas. Vous savez on a été une équipe… On peut tous travailler tous ensemble et il n’y a pas eu de couac, ni rien d’ailleurs, par rapport à ce qui s’est passé pour François Zocchetto. Après l’annonce du maire, il a fallu se réunir, rectifier… se dire bon maintenant, on fait quoi. Et tout le monde s’est mis d’accord sur un chef de file, ça été rapide et sans difficulté.

Les chiffres prouvent que Laval remonte au niveau population, avec 247 ménages au dernier recensement… Vous savez, l’augmentation des impôts [Sous le mandat précédent, NDLR] a fait fuir beaucoup de monde. Et cela a profité beaucoup aux communes avoisinantes. Je souhaite maintenant qu’on puisse vraiment faire avancer Laval avec un belle équipe… Il faut qu’on continue dans ce sens là, parce que c’est vraiment ce qui compte le plus pour moi.

Cet entretien a été réalisé le dimanche 19 janvier 2020

Adhérez et faites un don

Vous avez commenté cet article :

  1. « , il souhaite effectivement avoir plusieurs représentativités… C’est son choix. Il n’y a pas de souci… A partir du moment où l’on peut travailler avec les personnes… [Hésitations, NDLR] Quelque soit ce qu’elles défendent… Il n’y aucun problème »
    « je n’ai jamais été encarté politique. »
    « avant j’étais souvent militante car j’aidais à tracter et coller des affiches. »

    Il y a des juxtapositions de propos paradoxales, pour le moins.

Commenter cet article