Retraites : L’appel au Président Macron de 140 personnalités pour un référendum

Parlera-t-on dans l’histoire de France de l’appel du 10 février 2020 ? Ce jour-là, ce sont 140 personnalités françaises (responsables associatifs et politiques, sociologues, avocats ou comédiens) qui exhortent le Chef de l’Etat : « Monsieur le Président, soumettez au référendum votre réforme des retraites ». Un titre qui barre toute la Une du journal l’Humanité. Une initiative, sous la forme d’une pétition en ligne, pour sortir de cette impasse dans laquelle notre démocratie semble s’être enfermée.

« Essayer la démocratie »

Par Thomas H.


Qui dans une démocratie devrait avoir « le dernier mot »? Et est-il raisonnable de considérer que le gouvernement d’une nation, telle que la France, puisse se retrouver comparé sur les réseaux sociaux à Game of Thrones ? Un mot, un seul, surnage au dessus de tous, c’est celui de « défiance ». Il est apparu de plus en plus ces derniers temps et une motion de censure n’est-elle pas envisagée? L’exécutif qui s’était décrété « maître des horloges » voit celles-ci au contraire s’accélérer. Maîtriser le mécanisme pour retarder le temps, et maintenant l’accélérer quand c’est utile…

La réforme des retraites qui se trouvait dans le programme du candidat est rejetée par beaucoup trop de monde. A beaucoup trop de nos concitoyens, tout parait « malhonnête ». Aux manifestants dans les rues qui le crient depuis depuis des mois, à l’opinion publique qui toutefois gênée par les grèves n’a pas rouspété plus que cela, à l’opposition politique qui joue son rôle, aux sondages qui peinent à cacher leur désapprobation, au Conseil d’Etat qui rappelle la loi et l’usage de la sagesse. Tous concordent à décrier le principe, le concept et la méthode. Une telle unanimité ne peut être ignorée.

La consultation populaire s’imposerait donc. Un référendum serait nécessaire sur une réforme « inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social » comme le souligne le Conseil d’Etat.

Pour accélérer le passage de cette réforme que beaucoup estime être encore beaucoup trop floue, il est question de 29 ordonnances qui sont prêtes à être dégainées par l’exécutif. On entrevoit le 49.3. On crie au « contournement du débat démocratique ». On annonce « le vote à l’aveugle des députés », peut-on lire à la Une de L’humanité, dans la pétition adressée au Gouvernement , au Président et à son Premier ministre.

Tenir compte de tous et de chacun

Passer, en ne tenant pas compte de l’avis de ceux qui s’opposent enlève de la légitimité à ceux qui imposent. La prise en compte des avis qui divergent doit être source de mesure et d’équilibre. Gouverner, c’est tenir compte de tous et de chacun. En même temps. Mais c’est la manœuvre politique de fermeté contre vents et marées qui semble avoir été adoptée pour le navire amiral. Tenez le cap! Le conseil est venu tout droit d’un ancien président de la République qui constatait avec bonheur du haut de sa fenêtre de vision que les manifestations de rues n’avaient plus d’effet sur le cours de la politique menée. L’inflexibilité n’est pas bonne conseillère. Pas plus que l’entêtement. Ces postures agissent même de façon contre-productive et peuvent déboucher, sur le long temps, vers un retour de balancier préjudiciable à la longévité au pouvoir. Le conseilleur en a d’ailleurs fait les frais.

Ce durcissement de ton, cette raideur dans la façon de gouverner, cet usage de la force débouchant sur des « violences policières inacceptables » déversées sur les réseaux sociaux, cette exhortation de l’ONU adressée à la France « d’enquêter sur d’éventuels recours excessifs à la force lors de manifestations des Gilets Jaunes« , cette incapacité enfin à entendre, tout ceci nuit considérablement à la perception de la notion que nous avons de la démocratie. Au point que beaucoup de nos concitoyens estiment que nous pourrions en sortir.

Le moyen de sortir, justement, de cette impasse politique dans laquelle chaque partie, exécutif et opposants, se trouve enfermée, est sans nul doute le recours à la consultation citoyenne, au référendum comme le permet l’article 11 de la Constitution du 4 octobre 1958. Pour « essayer la démocratie » ajoute le journal L’Humanité.

La pétition est en ligne ici : http://chng.it/BYhjbLJ5


▶ Photo de Une – Manifestation le 5 décembre 2019 à Laval avec entre 3000 et 4000 personnes – Archives Leglob-journal


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  1. « Gouverner, c’est tenir compte de tous et de chacun. » Et n’oublions pas que la Démocratie existe quand les préoccupations des minorités sont prises en compte.

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