Vaccin contre le Covid-19 : la drôle de course à l’échalote…

Selon un décompte de l’AFP, le « coranovirus » a déjà contaminé plus de 230 000 personnes et fait plus de 10 000 morts dans le monde. Le confinement est le seul rempart actuel contre la pandémie, ainsi que la mise sur le marché d’un vaccin qui pourra à l’avenir nous en prémunir. État des lieux.

Comment en venir à bout ?

Par Thomas H.


Si la course à la fabrication d’un vaccin contre le SARS-CoV-2 (Covid-19) est à présent engagée, il ne sera pas possible de s’en servir avant au moins un an. La recherche pharmaceutique aime le temps long pour produire des systèmes d’immunisation, qu’on appelle communément vaccin ou médicament et qui peuvent dans le meilleur des cas permettre à chacun de se prémunir contre le développement de la maladie. « Cela va prendre de 12 à 18 mois pour avoir un vaccin autorisé sur le marché », selon France Info qui cite David Loew, vice-président exécutif de Sanofi et responsable de Sanofi Pasteur.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), actuellement, quarante-et-une équipes de chercheurs à travers le monde travaillent à cette fin : trouver le meilleur moyen de fabriquer un vaccin contre le Covid-19. Mais seulement trois équipes seraient, selon l’OMS, les plus avancées dans leurs recherches.

L’heure n’est pas, bien sûr, à la polémique, mais comment ne pas parler de course à l’échalote, c’est-à-dire : « une compétition parfois immature, où tout est bon pour être premier« . Pourquoi ne pas imaginer, par exemple, un travail en « pool » comme disent les anglo-saxons, qui permettrait une mutualisation, pour le coup salutaire, et éviter les déperditions. Mais les labos pharmaceutiques ne l’entendent pas de cette oreille, privilégiant l’individualité autour d’un brevet source de rémunérations et de gains faramineux. Une fois le vaccin autorisé et mis sur le marché, il faudra le produire en quantité énorme, plusieurs milliards d’unités. Un immense défi à l’échelle planétaire pour un laboratoire, et un véritable jackpot financier.

Dans le fascicule d’un brevet européen de 320 pages déposé par l’Institut Pasteur, le CNRS, et l’Université Paris VII délivré le 4 août 2010, mais déposé le 2 décembre 2004 – on mesure qu’il a fallu six ans aux autorités de Santé pour donner leur feu vert – intitulé Nouvelle souche de coronavirus associé au SRAS et ses applications, on peut lire sur la grande famille des coronavirus, un certain nombre d’informations comme celles-ci : « Les coronavirus sont responsables de 15 à 30 % des rhumes chez l’Homme et d’infections respiratoires ou digestives chez les animaux, notamment le chat (FIPV : Feline infectious peritonitis virus), la volaille (IBV : Avian Infectious bronchitis virus), la souris (MHV : Mouse Hepatitis virus), le porc (TGEV : Transmissible gastroenterititis virus, PEDV : Porcine Epidemic Diarrhea virus, PRCoV : Porcine Respiratory Coronavirus, HEV : Hemagglutinating encephalomyelitis Virus) et les bovins (BcoV : Bovine coronavirus). » Un virus « valise » en quelque sorte. Avec une multitude de souches potentielles, différentes et sources de complexifications.



« En général, chaque coronavirus n’affecte qu’une seule espèce ; chez les individus immunocompétents, l’infection induit des anticorps éventuellement neutralisants et une immunité cellulaire, capables de détruire les cellules infectées. » Notez que les rédacteurs de ces lignes et ils sont nombreux, [17 chercheurs, NDLR] utilisent le terme «  en général » car il existe des cas où le virus est capable de passer de l’animal à l’Homme. C’est le cas pour la version 2 du SARS-CoV.

Plus loin, on peut lire encore : « La présente invention est relative à une nouvelle souche de coronavirus associé au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), issue d’un prélèvement répertorié sous le n° 031589 et prélevé à Hanoï (Vietnam), à des molécules d’acide nucléique (…) ainsi qu’à leurs applications, notamment en tant que réactifs de diagnostic et/ou comme vaccin. »

Déjà en 2003, le SRAS…

L’épidémie de pneumonie atypique, dénommée syndrome respiratoire aigu sévère (SARS ou Severe acute respiratory syndrome, SRAS en français) « s’est propagée dans différents pays (Vietnam, Hong-Kong, Singapour, Thaïlande et Canada) au cours du premier trimestre 2003, à partir d’un foyer initial apparu en Chine dans le dernier trimestre de 2002. »

« La sévérité de cette maladie est telle que son taux de mortalité est d’environ 3 à 6 %. La détermination de l’agent causatif de cette maladie a été entreprise par de nombreux laboratoires, à travers le monde. En mars 2003, un nouveau coronavirus (SARS-CoV, SARS virus ou virus SRAS, en français) a été isolé, en association avec des cas de syndrome respiratoire aigu sévère » rapportent The New England Journal of Medicine, et The Lancet. Ce qu’on appelle communément « coronavirus » dans les média serait en fait un SARS-CoV-2 aussi appelé par la communauté scientifique Covid-19.

« En Chine une vingtaine d’essais cliniques, relate Le Monde, a été lancée autour de la chloroquine (Nivaquine) un anti paludisme commercialisée depuis soixante-dix ans ou une molécule analogue l’hydroxychloroquine (Plaquenil) chez des patients infectés par le SRAS-CoV-2 » . En France une étude similaire mais sur vingt-quatre malades est en cours. Pilotée par le professeur Raoult directeur de l’IHU Méditerranée Infection (Marseille), l’étude est en apparence encourageante, avec des « résultats spectaculaires », en « six jours de traitement par Plaquenil, 25% seulement des patients seraient encore porteurs du virus » contre « 90 % chez ceux ne recevant pas le traitement (…) » explique Le Monde.

Un trop petit nombre…

Cette étude hélas ne porte que sur un trop petit nombre de personnes testées, et la communauté scientifique n’a pas tardé à réagir. Elle aime vérifier pour voir si cela fonctionne sur le long terme, et quels sont les effets secondaires du traitement envisagé. Le gouvernement britannique fort des résultats engrangés en Chine a d’ailleurs « inscrit sur la liste des médicaments interdits l’exportation parallèle la chloroquine et l’hydroxychloroquine » pour les réserver le cas échéant aux patients britanniques et « anticiper des ruptures de stocks ».

Faute de médication spécifique contre ce virus à l’infection galopante, le traitement repose actuellement sur celui des symptômes. Il existe par exemple « un antiviral injectable américain, le remdesivir du laboratoire américain Gilead, non encore commercialisé déjà testé contre Ebola (…) et chez certains Américains évacués d’un bateau de croisière au japon » raconte l’agence AP.

En France, un vaste essai clinique va démarrer. Il concerne 800 patients Français hospitalisés. Ils seront au total 3200 testés dans plusieurs pays sous la houlette de l’OMS par « le consortium de recherche REACTing piloté par l’Inserm ». Enfin autre possibilité explorée, notamment en Chine et aux Etats-Unis, pour le traitement de ce Covid-19, des « sérums de convalescents provenant de personnes qui ont été malades et ont développé des anticorps. » Cette technique a été testée avec plus ou moins de succès (grippe, rougeole, Ebola…)


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Ils ont commenté cet article :

  1. Quand l’homme commence à dire « on n’a pas LE choix », « LA solution est… », … déjà il se trompe, ou fait preuve d’une certitude probablement bien dangereuse, voire criminelle, pour tous !

    Croire au vaccin c’est comme croire en Dieu. On ne l’a jamais vu mais on reste persuadés qu’il va apparaître et nous sauver. C’est un point de vue !

    Pour un autre angle de vue je vous suggère la lecture de l’article suivant : https://www.sante-corps-esprit.com/epidemie-covid-19-le-vaccin-est-il-la-solution-miracle/?fbclid=IwAR0JsxUr_qULcq2IWRtplMw36Dh5v40RvnJTN_JP4Is6L-4gkLisI5H-yyI#.XnSbT38NoRc.facebook

    Prenez soin de vous

    Jean-Paul

  2. Le confinement seul remède ?
    Voyez Singapour, Hong Kong, Taiwan, Corée du Sud ! Ils ont traité le pb avec des masques et des tests utilisés massivement…
    Vous avez raison, lorsque on n’a ni masques ni tests après des années d’impérities (SRAS en 2003 ?)

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