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La corde. Avec 38,12 %, Géraldine Bannier (MoDem) la tient dans la deuxième circonscription, celle de Château-Gontier et de Jean Arthuis, son fief historique. La candidate de « l’extrême centre » dispose en effet de 8,43 % d’avance sur le député sortant. D’ici qu’il se fasse sortir ? Mais au fait que savez-vous de cette femme MoDem depuis 10 ans et qui s’investit à Courbeveille où elle est maire ? Que pense-t-elle ? Que dit-elle ? C’est pour mieux la connaître que leglob-journal dresse le portrait d’une de ces femmes qui au second tour pourrait devenir la première députée en Mayenne depuis la mise en place de la Ve République.

- Par Thomas H.

Elle avance « 10 ans de pratique politique. » Pour Géraldine Bannier « du terrain...je travaille pas avec les étiquettes !  » Conseillère national au MoDem, elle a côtoyé Bayrou « j’ai eu quelques échanges avec lui. » Mais elle n’en dira pas plus.

« On vient souvent me chercher, les départementales en 2011, et sur la liste aux Régionales de Bruno Retailleau, mais en position non éligible, il voulait des gens de terrain...  » Ce qui à l’époque lui a plus dans le MoDem, c’est qu’ « il s’agissait d’un mouvement, pas d’un parti et en plus il voulait se passer des étiquettes  ». Ce que n’a pas réussi Bayrou, Macron le fait.

Géraldine Bannier derrière un arbre dont le tronc dessine, (prémonitoire ?) un joli V... Terrain et étiquettes reviennent souvent dans sa bouche. La candidate parle mais on sent bien un peu de retenu tout de même. « Timide et réservée au départ, j’ai changé en devenant prof...  » dit-elle. Elle a réussi, il n’y a pas si longtemps l’Agrégation interne de Lettres classiques. Elle avait raté le concours externe et cela n’a pas été simple avoue-t-elle : « Maire de Courbeveille, Agrégation à passer et cours à donner, mais je suis capable d’avoir une capacité de travail  ». Elle se définit comme « une fonctionnaire, fille d’un chef d’entreprise-exploitant agricole ». Son expérience du monde du travail : deux étés chez Doux à Laval et dans une grande surface.

Des clivages importants

Que pense-t-elle du député sortant ? Rien officiellement «  je suis en pacte de non-agression avec lui. Je l’ai vu en début de campagne on s’est mis d’accord...Je déteste les querelles... » Prudente, peut-être son coté MoDem. Et puis elle rajoute quand même : « mais j’ai des clivages importants avec lui : au niveau sociétal, comme la Manif pour tous. » Guillaume Chevrollier avait, en effet, mis sa permanence en Mayenne au service des opposants au Mariage pour tous en organisant le remplissage des cars qui devaient monter sur Paris.

« je suis d’une autre génération, et on en a marre des combats de coq en politique. On demande un peu plus de respect  ». Le clivage à la télé dans les débats lui fait fuir à chaque fois le petit écran. « Je suis clairement centriste ».

Célibataire et sans enfants, elle porte en souriant ce constat «  j’ai tout fait très vite et je n’ai pas trouvé le bon... » Géraldine Bannier revient à la chose politique : « J’ai clairement le sentiment d’être un vrai renouveau et d’être différente des élus en place. » Elle veut « changer la société pour plus de justice, d’égalité et de fraternité  ». Elle constate, ce qui la motive à agir « la souffrance sur le terrain.  »

Le « régalien, ça me va »

Se définir en trois mots ? Bon, pour les deux premiers ça va sans trop de problème, c’est pour le troisième qu’elle réfléchit assez longuement avant de donner une réponse : elle propose finalement « humaniste, démocrate et ouverte d’esprit ». Dans la ferme de ses parents, elle a été « élevée avec des valeurs de droite, le travail, la sécurité, l’autorité, et ce ne sont pas des valeurs qui me dérangent  ». Elle ajoute « régalien ça me va bien... »

Dans sa circonscription, celle de Château-Gontier, Géraldine Bannier a constaté au cours de la campagne que les électeurs et les autres lui ont fait comprendre qu’ « il fallait faire bouger les choses  ». Sans doute le "dégagisme" qui s’est mis en place lors de la Présidentielle et au premier tour des Législatives doit-il encore trouver une résonance en Mayenne dans ce second tour qui approche ?

Pour plus de démocratie, il faut changer laisse entendre celle qui a failli être journaliste et qui s’est ravisée finalement. « Ma personnalité, c’est un premier changement, et le terrain me dit qu’il faut que ça change ; vous savez, je suis incorruptible, et je ne dévirais pas ! »


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Géraldine Bannier devant Guillaume Chevrollier : « un premier changement, ma personnalité »

Publié le: 13 juin 2017
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