La nouvelle configuration de Laval Agglo avec ses nouveaux vice-présidents autour de Florian Bercault. Julien Brocail est au premier plan sur la photo à droite – © leglob-journal.fr
« Pour réaliser ce choc de mobilité, il faut craquer le système » a lancé dans une envolée Florian Bercault, alors que des élus communautaires de droite pinaillaient sur le montant de l’enveloppe de 150 000 € (Patrick Péniguel – Elu de Changé), estimait qu’il fallait ne « pas prendre de décision trop hâtive » (Yannick Borde – Maire de Saint Berthevin) ou qu’il s’agissait d’une « opération de com' » (Agathe Laigle – Elue Laval Opposition)… Laval Agglo a aussi voté le montant du loyer que l’UCO devra payer pour obtenir le droit de se trouver dans le bâtiment de la collectivité construit sur le campus de Laval.
Par Thomas H.

Le bâtiment de l’UCO Laval sur le campus universitaire, une fois achevé – Image Visuels ArtefactoryLab pour Ronald Sirio Architectes

On connait enfin le montant du loyer dont l’Université catholique de l’Ouest devra s’acquitter pour occuper sur le Campus de Laval le bâtiment appartenant à Laval Agglo.
Un dossier qui a longtemps trainé et qui a clivé au sein de la collectivité générant des tensions importantes. Un « bail emphytéotique administratif est consenti pour une durée de 35 années, à compter du 1er mai 2027 » . Selon la délibération, la redevance annuelle, payable par trimestre, et « arrêtée » se monte à « 150 000€ TTC fixe pendant 10 ans. À partir de la 11ème année, un taux de révision fixe de 3,5% annuel sera appliqué pour les 25 années restantes du bail » et qui « ne fera pas l’objet d’autre révision » … Selon les modalités écrites noir sur blanc, une « période de mise à disposition à titre gracieux est prévue du 1er mai (date d’entrée dans les murs) au 1er septembre afin de prendre en compte le temps d’installation, d’équipement et d’ameublement » de l’UCO. Trois mois d’exonération soit 10 410 € par mois multiplié par trois. Un total de 31 230 € si l’on part sur un loyer annuel de 125 000 € hors TVA.
Le contrat, cette fois, est très précis. L’occupant doit répondre à un certain nombre d’obligations et d’engagements notamment en terme d’entretien et de réparation. Le bail emphytéotique contracté voit sa durée fixée de façon « irrévocable » , sauf résiliation anticipée. D’ailleurs les « parties [Florian Bercault d’un coté et Gérard Marchand pour l’UCO, NDLR] conviennent de soumettre leur différend à la compétence exclusive du Tribunal Administratif de Nantes » .
« C’est un projet qui a fait coulé beaucoup d’encre au sein de Laval Agglo… La délibération est le fruit de la précédente mandature et je remercie ici Loïc Broussey qui a été très actif… » a déclaré en préambule Florian Bercault sans plus de commentaire en passant la parole à sa première vice-présidente Isabelle Fougeray. « Laval agglo va avoir recourt à un emprunt de sept millions d’euros. Le loyer couvre trois quart de l’investissement et cela coutera le moins possible à la collectivité. » a-t-on pu entendre.
Damien Richard, le maire de Bourgon a pris la parole en souhaitant rendre hommage aussi à Camille Petron (Ex-conseillère communautaire PCF) et tous ceux qui ont travaillé en commission. Il a déclaré ce contrat « beaucoup plus clair que ce qui avait été proposé initialement… Est-ce qu’on rendra la TVA récupérée sur le loyer ce qui changera la donne en terme de financement ? » a-t-il questionné. « C’est une bonne remarque.. a déclaré Florian Bercault, enlever 20% au montant du loyer... » . Un temps, la délibération a été suspendue pour vérification et s’est vue potentiellement reportée « En juin pour vérifier cette question » devait annoncer le Président de l’Agglo. Finalement et après vérification, il a été convenu qu’elle pouvait être votée en l’état.
Il est intéressant de constater que des dossiers comme celui-ci peuvent faire consensus à droite à partir du moment où c’est la gauche qui le propose. 64 voix se sont prononcées « Pour », la droite votant en masse. Il y a eu deux abstentions (Damien Richard et Eric Lemoine, Premier adjoint de Parné-sur-Roc) et un vote « contre » celui de Guéwen Douesneau (Élu Laval-PCF) …

Des bus qui sont déjà gratuits les week-end, stationnés devant l’hôtel de ville de Laval – © leglob-journal.fr

C’est une baisse tarifaire qui représente un effort financier estimé à 150 000 € HT mais que « nous pouvons supporter facilement » pour la période de mai à août 2026, « pleinement assumé par Laval Agglomération au service du pouvoir d’achat des habitants » selon le rapporteur de cette délibération le maire de Montflours Julien Brocail, dixième vice président en charge des Mobilités. Pourtant l’opposition s’est abstenue au moment du vote oubliant le caractere social et l’usager : « J’ai régulièrement pris le bus pour aller à la fac de Droit et tant que les dessertes ne seront pas améliorées, ce « choc de mobilité » comme vous l’appelez ne permettra pas d’améliorer la fréquentation. » a argumenté Agathe Laigle (Laval Opposition). « Et d’ailleurs cette délibération aurait dû être étudiée en commission parce que c’est un sujet très important » , a-t-elle ajouté. « Dans un contexte marqué par la hausse durable du prix de l’essence, Laval Agglomération a décidé de prendre des mesures concrètes pour préserver le pouvoir d’achat de ses habitants et faciliter leurs déplacements du quotidien » stipule la délibération finalement votée. En fait aussi, encourager l’utilisation des transports en commun et délaisser la voiture… Le ticket unitaire va « passer de 1€30 à 50 centimes pendant une période de test de plusieurs mois » pour apporter « de l’aide aux plus démunis » . « En allégeant le budget consacré aux déplacements, la collectivité joue pleinement son rôle d’amortisseur social, tout en accompagnant l’évolution vers des mobilités plus durables » a expliqué Julien Brocail le maire de Montflours, vice-président de Laval Agglo en charge des mobilités. Le ticket journalier passe à 1,50 € (au lieu de 3,25 €) et le carnet de dix voyages à 4,00 € (au lieu de 10,00 €).

L’une des lignes de bus des Transports urbain lavallois (TUL) – © leglob-journal.fr
Yannick Borde questionne : « Est-une opération de communication ? En tout cas, je voterais contre les choses qui sont temporaires et de cette nature là, c’est assez difficile de revenir en arrière, il faut faire attention à ce type de mesure un peu prises dans la précipitation… » Pour Julien Brocail « une baisse de 80 centimes sur le titre unitaire ce n’est pas rien pour les familles… » a-t-il insisté. C’est le prix d’un pain au chocolat ou d’une baguette en grande surface… S’il est question de s’engager maintenant sur cette délibération précise, c’est aussi un premier pas pour l’avenir. Florian Bercault a en effet évoqué notamment « la voiture en partage avec ou sans permis dans la première couronne autour de Laval » et d’autres aménagements. Il faut qu’on « craque le système dans cette collectivité et vous verrez on deviendra un exemple au national… il est possible de passer le tarif du ticket unitaire à 50 centimes et je compte sur vous. Ce « choc de mobilité », c’est une délibération pour les travailleurs qui nous on fait confiance durant la campagne. Il faut dépolitiser cette question du transports. La baisse tarifaire est attendue mais il y aura d’autres propositions… » a martelé Florian Bercault. Pour Yannick Borde il faut avoir « une autre approche que tarifaire« … Pour le président de Laval Agglo, « c’est un petit pas et nous devrons faire des propositions sur les transports en commun » … Thomas Brisseau (RN) s’est exprimé « (…) Il faut aussi s’intéresser dans ce dossier aux conditions de transport difficiles dans ces bus parfois très bruyants et parfois odorants avec des incivilités importantes (…) » qui selon lui dissuaderaient les Lavallois… « Le bruit et les odeurs, là aussi c’est très vingtième siècle, cette remarque, pour redonner la paternité à Jacques Chirac… » a fait remarqué Florian Bercault, évoquant les mots de Chirac en 1991 qui avaient été compris comme racistes à l »époque dans un discours prononcé à Orléans visant les maghrébins … Délibération adoptée. Mais le vote a laissé apparaitre neuf abstentions et onze voix contre. Laval Agglo a décidé aussi pour les amateurs de piscine d’instaurer un tarif unique attractif pour les jeunes : l’entrée sera fixée à 1 € pour les moins de 25 ans, alignant ainsi les tarifs de l’Aquabulle sur ceux déjà pratiqués à la piscine Saint-Nicolas. ⬛
