Demain… Laval rêve d’une alternance et d’une bascule à gauche

« Laval, c’est vous », « Laval pour vous »… Et voici le collectif de citoyens « Demain Laval » qui pourrait bien déboucher sur une liste de rassemblement, avec un nom qui sonne comme celui de la liste qui a menée à la victoire André Pinçon. Un maire salué par tous comme visionnaire. Le collectif avait écrit au moment de sa mise en œuvre, il y a quelques mois : « sans projet collectif, sans perspective mobilisatrice, sans écoute sincère des attentes de ses citoyens, Laval fait du surplace. (…) » Une attaque à peine voilée en direction de François Zocchetto et de son équipe.

A la reconquête d’une alternance

Par Thomas H.


Laval Demain, c’est le collectif citoyen qui repart à zéro et ils ont du courage… Ils « souhaitent une liste la plus large possible » et « représentative des lavallois de tous âges ». Demain Laval, cela sonne comme un slogan pour faire bouger, alors que « Laval, c’est vous » et « Laval pour vous » sont plus statiques. En tout cas, le collectif qui réfléchit à un nouveau projet pour Laval depuis le printemps, veut aller vers une « liste de citoyens soutenue par des partis politiques et non l’inverse. » Cela parait évident, mais c’est quand même bien différent de la démarche par exemple du candidat tête de liste à Changé, près de Laval, Patrick Péniguel qui dévoile une partie de sa liste et consultera ensuite la population. Ou bien de celle de François Zocchetto qui brigue un second mandat.

Avec Demain Laval, point de leader présenté. Pas encore. Et c’est d’ailleurs leur pierre d’achoppement parce que personne ne semble s’imposer. Un temps pressenti, Claude Gourvil, élu EELV à la Mairie de Laval et ancien adjoint à l’environnement de Guillaume Garot, a décliné l’offre de prendre la tête de liste de rassemblement à gauche. Quant à Guillaume Garot, pourquoi abandonnerait-il son travail de député en redevenant maire, fonction dont il a déjà connu déjà tous les tenants et aboutissants?

L’hôtel de ville de Laval, objet de toutes les convoitises – © leglob-journal

Demain Laval rassemble explique-t-on un « noyau dur d’une quinzaine de personnes ». La « démarche est participative, lance Florian Bercault-Gruau, qui ajoute que 120 lavalloises et lavallois se sont rassemblés depuis juillet autour de six axes de réflexion qui jalonnent la démarche : Demain Laval ville durable, ville à tout âge, ville solidaire, ville attractive, ville citoyenne et ville centre.».

« Citoyen libre mais avec des valeurs »

Florian Bercault-Gruau, 30 ans, s’auto-présente comme un «chef d’entreprise, et un analyste financier ». Il « croit à la finance humaine au service de l’homme et pas l’inverse ». Marié depuis l’été dernier à Flora Gruau, élue d’opposition au conseil municipal de Saint-Berthevin et conseillère communautaire, il se décrit comme « un citoyen libre mais avec des valeurs ». Déjà dans le sérail au moment des Législatives, il a travaillé à la campagne de Marie-Noëlle Tribondeau. Pourquoi insister sur cet homme qui déboule sur Laval ? Parce qu’il est neuf et s’exprime en premier et qu’on le présente comme le porte-parole du collectif, ce qui est déjà un moyen de le mettre en avant pour la suite…

« Femmes et hommes neufs, avec des  idées neuves » sont d’ailleurs dans le collectif Demain Laval et participent à ce point presse de présentation officielle. Il s’articule autour de trois axes de réflexions. Dans l’ordre : « la justice sociale en se préoccupant, des quartiers et des plus démunis » ; puis l’écologie « avec des actions fortes et réelles, parce que pour l’instant rien n’est fait à Laval » et enfin la participation citoyenne, « car les lavallois ont leur mot à dire ». Mais attention, « ce ne sont que des pistes, pas un programme clé en mains », c’est donc évolutif, avance Antoine Caplan qui avait été donné un temps possible supplétif à Guillaume Garot.

Ce qui ressort des trois ateliers mis en musique par Laval Demain explique l’ex-directeur de cabinet à la mairie de Laval quand elle était à gauche, à présent directeur de cabinet-adjoint à la mairie de Rennes, c’est l’absence de médecins. « C’est une préoccupation des lavallois qui s’en plaignent. Nous mettrons donc en place un centre municipal de santé avec des médecins libéraux mais aussi des médecins salariés » pour y remédier. « Comme cela se fait au Mans. »

La parole est distribuée. Chacun prend sa part. C’est au tour de Georges Poirier, 70 ans, ancien directeur départemental de Ouest-France. Il a pour mission de parler des transports en commun. « Ce fut un des premiers thèmes abordés dans le premier atelier. Nous mettrons en place les bus gratuits le week-end, le samedi et le dimanche…» insiste-t-il. Mesure présentée comme « sociale, écologique et de soutien aux commerçants. » Quant aux «abonnements, ils pourraient aussi être revus à la baisse » ajoute Antoine Caplan. Mais cette mesure n’est pas chiffrée financièrement. « Ce n’est pas le moment » selon lui.

Coté écologie, « La rénovation énergétique des bâtiments publics, comme la salle polyvalente par exemple pourraient être mis en place » développe l’ex-journaliste qui est le seul des présents à siéger au conseil municipal. Il pourraient s’agir de travaux de rénovation, de grands chantiers favorisant l’économie et la croissance locales.

La première femme, à prendre la parole, se présente comme une « professeure agrégée de Sciences naturelles». C’est l’actuelle co-secrétaire fédérale du PS, mais ici elle est « société civile » comme Antoine Caplan, adhérent du PS lui aussi et qui a rempli la même fonction avant elle. « Il faut redynamiser les maisons de quartiers, avance Caroline Garnier, cela fait partie des mesures participatives. » Aussi developpe-t-elle, « un budget participatif sera alloué à chaque maison de quartier ». A ces dernières de l’utiliser de façon autonome « pour mettre en œuvre leur projet. Il faudra aussi agir, ajoute-t-elle sur le lien intergénérationnel, en mettant sur pied une bourse des bonnes volontés et des savoir-faire, par quartier. »

Le portail participatif – Capture d’écran Demain Laval

DemainLaval.fr

La vingtaine d’années, Lucie Chauvelier fait partie des plus jeunes de celles et ceux qui se présentent devant les journalistes, avec Paul Le Gal-Huaumé, qui est chef d’entreprise à 21 ans. On devrait dire stat’uper… Son bébé, c’est la société Crytobjectif , une start’up basée à Bonchamps-les-Laval en Mayenne et qui donne dans les Blockchains…

Étudiante en fac de droit, c’est à Lucie Chauvelier que revient le rôle d’expliquer ce à quoi servira la plateforme participative en ligne DemainLaval.fr. « Elle permettra de prolonger le débat. Chacun pourra soumettre librement ses idées pour la ville. Par exemple, les lavallois peuvent dès à présent voter sur la plateforme : Pour ou contre le verdissement de la ville, ou bien la gratuité des transports en commun le week-end » Une restitution publique aura lieu le 13 décembre 2019 à l’issue des trois prochains ateliers participatifs.

Ensuite ? Et bien « il faudra sans doute trouver un homme ou une femme providentiel-le qui sera en mesure de rassembler et de porter un mouvement de bascule pour réaliser l’alternance qu’ils appellent de leurs vœux. Pas simple. », écrivait déjà leglob-journal en Juillet 2019 lorsqu’il avait évoqué un collectif à plusieurs mains. Sur ce point, c’est la discrétion. Peu de choses ne filtrent malgré les questions. « Des discussions avec les partenaires politiques sont menées parallèlement, explique Antoine Caplan, mais ça nous le savions déjà… « On doit garder l’idée, ajoute-t-il, d’une liste citoyenne soutenue par les partis politiques, et pas l’inverse. Nos partenaires sont EELV, le Manifeste du 14 juillet qui regroupe le PCF et Génération-s, et L’Autre Concertation.»

Comment cela se passe? On ne sait pas, cela ne doit pas être « le moment« … « Mais il n’y a pas d’accord de partis, lance Antoine Caplan, et concernant LREM 53, si des personnes se reconnaissent dans nos idées, nous sommes ouverts », répond-il à la question d’un journaliste qui voulait savoir si le parti présidentiel en Mayenne peut éventuellement « être une force d’appoint » pour la constitution de la liste de rassemblement. « Une chose est certaine, recadre avec un sourire Florian Bercault-Gruau qui aura le dernier mot, nous ne sommes pas dans le marketing politique… »


Sur la photo de Une : Antoine Caplan, Lucie Chauvelier, Florian Bercault-Gruau, Caroline Garnier, Georges Poirier et Paul Le Gal-Huaumé – © leglob-journal


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  1. LES DROITES AU COMPLET ?
    Les droites, la bleue et la brune, ont déjà pris date. Voici donc le retour de la droite rose et consensuelle, s’afficha « techno-entrepreunariale » et Macron -compatible. On nous dit qu’un certain G. Garrot tire les ficelles ! Les électrices et électeurs de Carton Rouge, dont j’étais un candidat au titre de la vraie gauche en 2014,
    voient s’allonger la liste de ceux pour qui ils ne pourront jamais voter… en aucun cas de figure, qu’on se le dise !
    Reste une question : des partis véritablement de gauche, (donc pas
    de goche) oseront -ils ne pas dénoncer ce piège politicien, fut-il teinté d’un opportuniste verdissement ?

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